Partagez | 
No one calls you honey when you're sitting on a throne.

()
๑ Parchemin envoyé Mar 30 Oct - 0:54 ๑


PIMPRENELLE DEVERAUX
๑ Moi dès que je suis loin de Paname J'ai les poumons tout essoufflés ๑
  • ๑ Nom : Le nom des Deveraux est souvent associé à la noirceur. Leur devise officieuse n’est autre que « Gloire à Satan, Seigneur des Enfers », cette famille baigne dans les  magies les moins recommandables et les plus dangereuses du monde depuis tant de siècle que c’est imprégné dans leur gêne, la noirceur comme héritage.  Si l’histoire officielle et les documents disent que Monsieur et Madame Deveraux sont ses parents, la réalité est toute autre. Sa mère porte le nom de Viola Deveraux et a enfanté d’elle à l’âge de seize ans, couverte d’une honte pour un amour de jeunesse, une erreur impardonnable. La mère condamnée à regarder sa propre fille élevé par ses propres parents, et à n’être que la « sœur » de sa propre fille, muselée par un secret qui leur serait toutes deux préjudiciable.

    ๑ Prénom :  Elle répond au doux prénom de Pimprenelle, mais ne vous y trompez pas, ce prénom est bien plus doux qu’elle ne le sera jamais. Pimprenelle Sophie Arthémise, les trois prénoms hérités de ses ancêtres pour la dernière de la fratrie. Elle n’aime pas que l’on raccourcisse son nom, pourtant au sein de sa famille, elle se fait bien souvent nommé Elle, mais qu’un inconnu ne s’y risque pas, ce nom n'est pas anodin quand on connait la fascination de sa famille pour obscurité - Hell, l'enfer dan la langue de Shakespeare.

    ๑ Âge : Elle a un âge où les femmes sont encore fragiles, pourtant de sa courte vie, les épreuves se sont déjà succédé. L’innocence de ses dix-neuf étés teintés d’un mensonge plus vieux qu’elle quant à sa naissance et ses parents.

    ๑ Date et Lieu de naissance : Née pendant un lourd mois de juin au cœur du Bayou, 21 juin 1908 elle a passé les premiers mois de sa vie dans le Vieux Carré de la Nouvelle Orléans. Sa mère ayant été accouché là-bas, pour cacher l’affront de sa grossesse, et éviter un scandale à sa famille qui ne jouissait déjà pas d’une bonne réputation en France, dans l’espoir de ne pas entacher dès sa jeune vie une enfant qui n’avait rien demandé.

    ๑ Statut Marital : Elle est l’essence même la liberté, une jeunesse encore fraîche, mais fragile et pourtant un cœur bien éprouvé. Elle refuse de se soumettre à la volonté d’un homme, et refuse de lâcher cette jeunesse qu’elle ne sait éternelle.

    ๑ Orientation Sexuelle : Bien que femme bien dans sa peau, elle n’a aucune attirance pour les personnes de son sexe, mais elle se méfie des hommes et leur volonté conquérante. Elle n’est plus la fleur innocente qu’elle eu été, ayant perdu sa pudeur dans une erreur qui lui a coûté beaucoup.

    ๑ Occupation : Elle aspire à plus, mais même si sa passion pour la magie du sang si bien connue de sa famille est dévorante, elle sait que c’est peine perdue. Les femmes ne sont pas dans ce monde destinée à plus, elles ne sont que des épouses, des mères, et parfois elles peuvent travailler. Bien qu’elle aime cette magie interdite, elle ne veut pas se limiter à ce monde, et veut en découvrir de nouveau. Dans sa découverte du monde, elle est allée de déconvenue en déconvenue, tombant de haut plus d’une fois. Mais la voilà qui depuis quelques mois, malgré un jeune âge mais grâce à une érudition encore nouvelle pour les femmes, qu’elle se retrouver Gouvernante pour les plus jeunes enfants de la maison Montrose. Une réussite pour une fille de son rang.

    ๑ Traits de caractère : Arrogante -  parfois trop sûre d’elle – naturellement douée pour l’exercice de la Magie Noire malgré quelques erreurs – ne supporte pas être mise en défaut – refuse l’échec comme une option -  indépendante – forte – cultivée -  réfléchie – rusée – attachée à sa famille – un penchant accru pour le sang – addict à la magie – sarcastique – calculatrice – créative.
  • ๑ Baguette Magique : Cette baguette vient de chez les Lupin, les célèbres fabricants de baguette français, Une baguette de vingt-quatre centimètres en bois d’Acacia, un bois particulièrement difficile à maitriser, ce choix a surpris plus d’une personne, laissant présager qu’il s’agirait là d’une sorcière particulièrement douée. En son cœur, une épine du Monstre du Fleuve blanc, finissant de donner à la baguette au moins autant de caractère que la sorcière qui désormais la possède. D’un bois clair, la jeune femme a fait rajouter une sorte de manche recouvert de cuir couleur Camel pour lui donner une meilleure prise en main.

    ๑ Patronus : Pour la ruse dont il fait preuve, pour l’âme tourmenté qu’elle lui associe, le patronus de Pimprenelle est un renard polaire , elle a déjà formulé un patronus corporelle plus d’une fois, usant de toutes ses capacités de concentration, car cela exige des souvenirs heureux mais surtout une âme lumineuse, chose qui diminue de plus en plus avec le temps.

    ๑ Épouvantard : La vision est insoutenable pour elle, la voilà debout dans un pentagramme de sang, au centre d’un sort de protection qui n’a qu’à moitié fonctionné, puisqu’autour d’elle, les cadavres des membres de sa famille ensanglanté se chevauchent et jonche le sol. Elle a peur d’être responsable de la perte des siens par son incompétence ; vision qui pourrait un jour prochain se réaliser à cause d’une erreur de jeunesse et d’une fougue un peu trop prononcée.

    ๑ Amortentia : Aussi sombre soit son aime, elle aime l’odeur du sang, signe d’une addiction toute particulière à la magie qui l’utilise. Elle aime aussi l’odeur de la sauge brûlée, permettant de lui offrir la concentration dont elle a besoin pendant les rituels de magie obscure. Et même si elle reste une citadine, elle ne peut s’expliquer pour elle aime l’odeur de la forêt au matin couverte de rosée - certaines choses ne s’explique pas.

    ๑ Camp et Groupe : Un goût très prononcé pour la noirceur, le pouvoir et la quête de ce dernier par des moyens souvent peu recommandable ou conventionnel. Il n’a pas fallu longtemps à la jeune femme pour voir en Gellert Grindelwald quelqu’un qui pourrait ouvrir une voie sur cette magie qu’elle aime et qu’il ne jugera pas dangereuse, elle croit savoir qu’il possède un goût sûr en cette matière, cherchant comme elle une seule chose : le savoir, parce que le savoir c’est le pouvoir.

Quel est ton bel être connu ? Quel est ton nom mon Bichon?

Qui est cette gueule d'ange ? C'est qui cet avatar canonissime !




" Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, Je ne crains aucun mal. "



(1915) On ne peut décemment croire qu’un enfant puisse baigner aussi jeune dans un univers aussi… glauque. Aussi obscur. Et pourtant. L’enfant à sept ans, prête à conquérir Beauxbâtons dès qu’elle le pourrait. La soif de connaissance était inée chez elle, des livres en guise de table de nuit, elle voulait être la meilleure. Elle ne pourrait avoir une avance par de sa condition et sa famille, alors elle mettait toutes les chances de son côté. ‘Une femme Deveraux se doit de ne jamais implorer l’aide d’un homme’, jamais c’était les mots de sa mère, Jacqueline Deveraux – enfin ‘mère’ qui cachait l’honteux secret d’être sa grand-mère. L’enfant était né d’une erreur de jeunesse de celle qu’elle croyait être sa sœur Viola Deveraux avec un homme plus vieux qu’elle alors qu’elle n’était seulement âgée de quinze printemps, une bavure qui n’était pas permise à cette époque, et qui ne le serait jamais véritablement à travers les époques. Une honte dont les Deveraux fragile famille de l’obscur n’aurai supporter un tel scandale, c’est pourquoi la famille fit un retour sur les terres du Bayou pour cacher au monde ce secret et faire passer la douce Pimprenelle pour la fille des parents de Viola, un ultime enfant. La dernière fut choyée. L’enfant « miracle » d’une mère déjà à la fin de quarantaine, elle fut traitée comme un miracle, un don qui leur avait été fait pour ne pas ébruiter le chagrin. Mais ce n’était pas une fille qu’ils choyaient c’était leur petite fille, dans le fond ça expliquait tout. Les comportements et le fait qu’elle ne soit pas élevée à la façon de ses aînés.  L’enfant prodige dont les cheveux changeaient de couleur au gré de ses humeurs qu’elle peinait à dompter, tant elle était impulsive.  Les moyens étaient limités au sein de la famille mais elle avait quand même tous les livres dont elle avait besoin avide de savoir et de connaissance. Elle passait ses après-midi assise à son bureau à potasser des cours qu’elle aurait l’année prochaine. ‘Descend du bureau Méphistophélès !‘ Maugréa la petite fille quand le chaton au poil gris saute sur ce dernier, la faisant sursauter. Quand elle croise le regard du chaton, le gris de son poil vire au noir. La créature était comme elle, pourvu d’une sorte de don de métamorphomagie animale. Il était ce qu’on appelait Un Chaméléon, dont le poil changeait au gré de ses humeurs ou du camouflage. ‘Allez !’ Dit-elle en le poussant légèrement. Le chat était aussi têtu que la maitresse, aussi fier. Dans une autre vie, fier comme il était, le félin avait dû être lion. S’il avait le nom d’un des sept princes de l’enfer, ce n’était pas pour rien. Comme le reste des membres de sa famille, Pimprenelle était fascinée par la magie obscure, les enfers, les démons, la magie du sang, et les anges déchus. Alors, nommer son chat tel le Prince de l'enfer, c'était un hommage.




(1917)Recule Pimprenelle, c’est trop dangereux !’ C’était tellement beau, fascinant. La petite fille de neuf ans venait d’assister à un premier rituel complexe où sa mère et son père venait de faire couler plus de sang qu’une enfant n’aurait jamais dû en voir. L’agneau au centre d’un pentagramme ensanglanté venait d’y perdre la vie. La magie sacrificielle, et celle du sang pouvaient être liées pour de terrible malédiction. Ici en l’occurrence une commande lugubre d’un berger dans la Corrèze contre un voisin qui exploitait ses terres avec ses pégases et détruisait tout ce qu’il avait construit. Un peu de sang de pégase, un agneau en sacrifice et demain, un mal inconnu s’emparerait de chaque Pégase, les expédiant au paradis (ou peut être en enfer) sans que personne ne soit incriminer. Elle n’entend pas les sommations de s’arrêter de son père, du haut de ses neuf ans, elle touche le pentagramme de sang. Un froid saisissant s’empare d’elle, et le sang entre ses doigts est visqueux, glacé. ‘Pimprenelle !’ S’écrit alors son père attrapant sa main plutôt brutalement.  ‘Quand je dis que c’est fini…’ C’était fini ? Il n’a pas le temps de finir sa phrase que la voix de Madame Deveraux brise le silence de mort.  On ne brutalise pas une femme sous ce toit, pas de la part d’un homme, jamais. ‘Laissez donc la, et laissez-moi seule avec elle.’ Ils étaient vieux jeux d’une politesse excessive entre eux. Monsieur et Madame Deveraux s’étaient rencontré à la Nouvelle Orléans, lui avait choisi la femme choisie par sa mère, celle qui donnerait une nouvelle génération de sorcière et de sorcier Deveraux. Les doigts de son père relâchent son poignet laissant à l’enfant une bien désagréable sensation. Elle défit un père du regard quand celui-ci quitte le cercle, et finalement la pièce. Les femmes avaient le pouvoir dans cette maison, lui avait transmis un nom, une tradition, mais c’était l’épouse choisie par sa mère qui décidait. Pimprenelle masse son poignet nerveusement, ne sachant pas ce qui allait se passer. Elle la regarde, toute vêtue de noir, le colle boutonnée jusqu’en haut avec pour seule touche de blanc ce colle de dentelle. La baguette de Madame Deveraux s’agite pour nettoyer la pièce en un clin d’œil, le sang se récure comme par magie, et quand elle claque des doigts, l’elfe apparait : ‘Débarrasser moi de ça immédiatement.’ L’elfe s’incline et dans un ‘pouf’ sonore il disparaît avec l’agneau mort. L’élégante sorcière d’un certain âge sort de sa poche un mouchoir blanc pour essuyer ses mains couverte d’un sang écarlate. Cette couleur ne révulse pas la jeune Pimprenelle fascinée par cette femme qu’elle prenait comme modèle. ‘Approche mon enfant.’ La voix est maternelle, douce quand il s’agissait de Pimprenelle, la douceur d’une mère envers la plus jeune de ses enfants. La petite brune dont les cheveux se teintent sans qu’elle s’en rende compte d’un noir profond, signifiant une peur certaine s’en vient à côté de la mère. Celle-ci attrape une mèche de cheveux ‘Tu ne dois jamais laisser transparaitre ta peur, ressaisis-toi.’ La douceur s’éclipse pour la première fois de son existence.  D’un geste peu  maternelle, elle relâche la mèche qui vient dans les yeux de l’enfant qui avale sa salive essayant de faire retrouver sa couleur presque rousse à ses cheveux. Ce n’est que quand elle y parvient sous le regard froid d’une femme que celle-ci reprend la parole. ‘Le sang appelle le sang, et le prix du sang est le sang.’ Elle sort de sa poche la même dague qu’ils avaient utilisée plus tôt, elle la tend à Pimprenelle dont les yeux sont animé par une étrange lueur. ‘Tu vas diriger le sort.’ La voix est sèche, et la main peu assurée de la jeune enfant saisi la dague, et elle se force à ne pas trembler, pas devant elle. Sans jeter un regard à cette mère. D’un coup de baguette celle-ci fais apparaitre dans une cage sur le comptoir de l’atelier un chat dans une cage. Méphistophélès crachait à l’idée d’être enfermé, il aimait être aussi libre que sa maitresse. ‘Nous allons pratiquer un rituel sur ce Chamélon que nous t’avons offert pour tes six ans. Le même que celui que nous venons de réaliser.’ Les yeux de l’enfant fixe sa mère, elle n’allait pas tuer son propre chat, pas Méphistophélès ‘Mère je…Je ne veux pas tuer un chat.C’est un accessoire éphémère dans ce monde, il n’y a que trois choses constantes dans ce monde, la magie, le pouvoir et le diable, le reste n’est qu’illusion.’ Elle s’efforce de ne pas laisser de larmes couler sur ses joues. ‘Tu as vu comment nous avons procéder montre-moi ce dont tu es capable mon enfant.’ Le ‘ne me déçois pas est implicite’ mais le regard qui l’accompagne indiquait le reste. La mère recule de plusieurs pas.

Un rituel, à l’âge de neuf ans, c’était aussi dangereux que suicidaire. Etait-ce sa façon à elle de prouver à son époux que leur fille était digne ou une leçon pour Pimprenelle, un message l’incitant à rester à sa place. Elle n’en sait rien, elle sait qu’elle doit procéder méthodiquement. La dague en main, elle s’entaille le cœur de la main non sans grimacer de douleur. ‘Rogo autem sanguis.’ Dit-elle. Le sang coule dans sa paume. ‘Continue.’ Ajoute la mère d’une voix froide. La douleur est réelle, elle n’avait pas vu cette même douleur sur le visage de sa mère quelques minutes plus tôt. ‘Diabolus largitas enutries me.’ Sa mère lui tend alors la fiole remplie d’un sang qui importe finalement peu dans un rituel de cette envergure. L’enfant place la dague dans à sa ceinture attrapant la fiole. Et, elle trempe ses doigts dans le liquide glacé pour finalement dessiner sur le sol un pentagramme d’une précision chirurgical, elle savait que cela avait son importante. Elle s’avance d’un pas un peu tremblant vers le chat qui la voyant laisse échapper un miaulement de détresse. ‘Je suis désolée.’ Murmure-t-elle d’une voix si faible que sa mère ne pourrait l’entendre et dépose son sang sur la tête du chat, retenant des larmes. Une fois la chose presque, elle se positionne au milieu du pentagramme, achevant le motif avec son propre sang. Elle inspire profondément, ne sachant pas si elle pourrait en venir à bout. ‘Tiens, prend ça.’ Lui dit alors sa mère, lui tendant un autre animal, une pauvre et innocente souris. Déglutissant doucement, elle l’attrape par la queue tandis que celle-ci se débat et cri.  Récupérant la dague à sa ceinture, elle sait ce qu’elle doit faire, ôter la vie à la créature pour pouvoir ôter la vie du chat sans même le toucher. Un rituel de mort, parfois il suffisait d’avoir touché la personne, lui avoir donné un objet, avoir une mèche de ses cheveux, son sang. Dans ce cas c’était un chat, un vulgaire chat c’était facile. Avec des humains c’était d’une complexité affligeante. ‘Id est animam pro anima.’ Une vie pour une vie. L’incantation lancée, elle devait agir au plus vite, ces mots créèrent un lien immédiat entre elle et le chat. Elle devait le  briser, et briser la boucle. Elle tremble de plus en plus, le sort trop fort pour son jeune âge. Ses cheveux finissent par virer par plusieurs couleurs avant de passer à un blanc froid, glacé. Et d’un geste sec, elle tranche la gorge de la souris. Le chat miaule de douleur, et elle lève les yeux pour le voir vaciller, tout comme elle qui tombe à genoux. Essoufflée, elle se sent comme vidée de toute énergie. Sa main s’ouvre pour lâcher la créature sacrifiée dont le sang a tâché sa petite robe blanche de dentelle du dimanche. Les deux mains par terre, elle peine à respirer, toute aussi livide que ses cheveux. Elle peine à respirer, sonnée par ce qu’elle venait de faire. Elle avait tué une souris, mais surtout, elle avait tué Méphistophélès, son chat, son ami.  ‘Ton incertitude peut te tuer, si tu hésites le lien peut te briser et briser ton esprit, tu n’es pas capable de tenir debout, lève-toi idiote !‘ Elle est tiré du plancher des vaches par une femme peu délicate, ‘Il existe des règles jeunes filles, et rester à sa place quand on le demande est l’une des plus importantes.’ C’était donc là une leçon, une dur leçon, ‘Maîtrises-toi donc, tu laisses transparaitre ta faiblesse à travers ton don, le monde se jettera sur toi comme des loups sur un agneau s’ils s’aperçoivent que tu vacilles, l’Homme n’est qu’une créature qui n’a aucune pitié pour les faibles, et pour les femmes. Nous ne pouvons-nous permettre d’être faible Pimprenelle, jamais.’  Pimprenelle sur ses deux pieds vacille un peu quand elle la lâche. Elle n’a pas encore retrouvé les forces, c’était sa première leçon de magie noire, et elle était brutale. Un sortilège où elle avait causé la mort elle a envie de hurler mais, muselé dans son être, celle qui a peur s’efface quand nait en elle un sentiment nouveau celui du plaisir. Il y avait quelque chose d’excitant dans ce qu’elle venait de faire, un premier pacte avec le diable. Elle avait pris une vie, innocente  - celle d’un animal, c’était là le pas vers la déchéance de son âme. ‘Vas te changer, nous passons à table dans dix minutes.’ La mère quitte la place, tandis que les cheveux de l’enfant finissent par reprendre leur couleur, et qu’un minuscule sourire se dessine sur ses frêles lèvres.




(1926) L’enfant impatiente d’en découdre avec la magie avait grandi. Mais elle n’était pas encore véritablement une femme, c’était une adolescente fraichement sortie de l’Académie de Magie Française, naïve. Tellement naïve, persuadée qu’en dehors le monde finirait par mettre hommes et femmes sur un même pied d’égalité. Ce soir quand elle avait traversé cette ruelle, les mots de sa mère résonnaient en boucle dans sa tête ’Le monde se jettera sur toi comme des loups sur un agneau s’ils s’aperçoivent que tu vacilles, l’Homme n’est qu’une créature qui n’a aucune pitié pour les faibles, et pour les femmes’. Elle ne tremble pas quand elle marche, pourtant à l’intérieur elle sait qu’elle a été cet agneau que l’on sacrifie aisément.  Son manteau couvre ses jambes jusqu’au genou, elle marche, elle marche dans la nuit froide d’un Paris hivernal. Elle ne tremble pas, elle marche déterminée. Comme si rien ne s’était passé. Ne rien laisser transparaître, jamais, pas dans ses cheveux, pas sur son visage, rien aucune peur, aucune stupeur. Alors qu’à l’intérieur, l’agneau est terrifié  et brisé. Elle regagne sa chambre dans le grenier de la famille Deveraux, c’était la seule place restante pour la dernière de la famille, un endroit un peu lugubre qui ne manquait pas de lumière le matin. A la hâte elle ferme la porte derrière elle. Elle sort sa main gauche de sa poche, couverte de sang, celui d’un autre. Le poing avait frappé son nez, et l’avait brisé. C’était la seule chose qu’elle avait brisé chez lui, pour l’instant. Si elle avait dû raconter ce qu’il s’était passé, elle l’aurait narré de cette façon… Il était une fois un monde où les hommes étaient supérieurs aux femmes, persuadé que s’il en voyait une se promener au coucher du soleil il pourrait avoir tous les droits sur elle, sans qu’elle n’ait son mot à dire. Alors il emporta la jeune ingénue qui croisa son chemin pour aller assouvir ses pulsions primaires et animal dans la ruelle voisine. Immobile, la femme devenue proie n’a pouvoir de se défaire d’un homme plus fort qu’elle, et qui décide de palper et d’explorer la marchandise. Mais dans un acte ultime, dans une volonté incommensurable de ne jamais se soumettre, la voilà qui le frappe au nez, et prend la fuite, à moitié dévêtue dans les rues pavées de la capitale. Ce soir, elle n’est plus la ville lumière à ses yeux – la lumière s’était éteinte un instant.  Mais désormais elle était à l’abri dans le cocon de sa chambre d’enfant, elle retire son manteau, tremblante, et voit ses vêtements en partie déchiré, elle retient ses larmes, avant un sanglot qui aurait pu l’étouffer. Elle réajuste au mieux ses vêtements, et prend un mouchoir de tissus blanc pour essuyer le sang sur sa main, c’était le sang de l’agresseur, tellement précieux. Tellement précieux, l’outil d’une vengeance qui ne saurait tarder. Elle avait grandi, et ce n’était pas une malédiction qui l’empêcherait de faire quoi que ce soit. Elle ne pleure pas, jamais, elle ne veut pas être faible, jamais. Les femmes ne peuvent pas se permettre d’être faible, ce n’était pas un luxe qu’elles pouvaient s’offrir. Elle était empreint d’une détermination sans faille, comme si être forte d’apparence réparerait ce qui avait été brisé. Le mal aurait pu être pire. Le mâle est le mal, c’était cette conclusion qui anima son geste. Elle attrape le poignard sur la petite table, s’entaille la main sans une once de grimace ou de tremblement, ‘Rogo autem sanguis.’ Elle en faisait maintenant appelle au sang.  Le sang d’un homme qui paierait de sa fourberie, d’avoir tenté d’abuser d’une jeune femme, un homme qui jamais plus n’aurait l’audace de satisfaire une femme.




(1926) Elle s’était forcée de ne pas faillir, devant qui que soit, n’évoquant jamais ce qui s’était passé lors de cette nuit d’hiver. Les gens n’étaient pas indulgents, ils l’auraient jugé et incriminer. Les femmes ne doivent pas se montrer aguicheuses car les hommes prennent cela comme une invitation. Elle n’avait rien fait, elle n’avait rien demandé. Même pas aux femmes de son sang elle n’avait voulu en parler, non. Sa mère était froide avec elle depuis longtemps maintenant, comme déçu par sa conduite, comme si l’enfant qu’elle avait chérit jusqu’à ce qu’elle découvre la magie noire n’était plus. Ou alors, considérait-elle que l’affection était néfaste à ce que les Deveraux considéraient comme de l’art. Elle resta seule, muette, muselée par la colère. Le sort avait pris, elle avait réussi à atteindre cette homme, à mettre en doute sa virilité, elle l’avait su quand elle l’avait recroiser dans la foule, elle put lire que l’assurance masculine et supérieur dans son regard s’était éteinte, l’impuissance pouvait briser le plus macho des hommes. Elle avait réussis. Du moins elle croyait, elle croyait avoir tout fait parfaitement. Erreur. Stupide erreur. La colère, la haine, tout avait altéré son jugement et ses capacités. Un soir, en rentrant de son nouveau travail au sein de la famille Montrose où elle éduquait les plus jeunes enfants elle trébuche sur la première marche des escaliers, faisant un vacarme sans nom. Chutant à genoux dans les escaliers, elle halète. Elle serre ses poings jusqu’à ce que ses ongles entaillent sa peau, sans s’en rendre compte ses cheveux bruns virent au blanc livide.  ‘Pimprenelle qu’as-tu…’ ‘Rien mère.’ Répond-t-elle, essayant de se relever comme si de rien n’était. Elle fait deux pas, et titube de nouveau, chutant dans les escaliers. Elle aurait pu se briser sa nuque si Madame Deveraux ne l’avait pas retenue.  ‘Assez de mensonge mon enfant, assis-toi.’ Les mots sont secs. La mère tire la chaise sans précaution pour les oreilles de qui que ce soit pour qu’elle s’y installe. Mal assurée, elle s’y assoit donc. Elle a peur de croiser le regard de sa mère, ‘Qu’as-tu fais, je t’écoute.’ Elle ne pourrait aisément lui mentir, elle le savait, ‘Quel sort as-tu lancé ?’ Elle ne pouvait mentir, elle aurait voulu dire qu’elle n’avait rien fait, mais c’était tellement flagrant. Elle n’avait jamais échoué durant le moindre exercice après la mort de Méphistophélès, jamais souhaitant atteindre cette perfection qui semblait celle de Madame Deveraux. ‘J’ai lancé une malédiction sur un homme il y a trois lunes de cela.’  C’était la stricte vérité, la pure vérité, elle l’avait maudit de tous son savoir-faire, ‘Un homme, pourquoi, parce qu’il n’a pas voulu t’épouser après que tu lui aie offert ton innocence ?’ Le sarcasme dans la voix de sa mère était aussi tranchant qu’une lame. Les yeux de Pimprenelle se remplissent de larmes qu’elle refuse de voir couler, ‘Non, je ne suis pas comme ça… il…‘Vous l'êtes toutes, Je ne veux pas savoir.’ C’était exactement pour cela qu’elle n’avait rien dit. ‘Si, il a essayé d’abuser de moi, et a tenté d’arracher mes vêtements !’ Les mots sortent pour la première fois à voix haute, plus douloureux que jamais, comme si on enfonçait une lame incandescente dans sa poitrine. ‘Il a mérité sa malédiction, j’ai fait tout ce que j’avais à faire, je n’ai pas échoué, je l’ai privé de ce qui faisait de lui un homme.’ La colère pointe dans ses mots, son regard noir où coulent de silencieuses larmes. Madame Deveraux se lève pour faire quelques pas, réfléchir.  Le silence de mort dure plusieurs minutes avant que le rire presque glaçant de sa mère ne le brise. ‘Pauvre idiote, Pimprenelle, tu étais la plus prometteuse, et te voilà esclave de tes émotions.’ Elle n’aurait jamais cru entendre cela de sa bouche. Celle-ci se rapproche d’elle pour saisir son menton pour forcer l’enfant à regarder sa mère, ‘Tu t’es laissé submergé par ta colère, n’as-tu donc pas compris que cette colère est un puissant lien entre toi et la victime, une colère qui va te consumer à mesure que la malédiction va avancer, et te tuer.’ Pimprenelle a déjà le teint blême.  ‘Tu étais ma plus belle réussite Pimprenelle, tu étais… tu étais si doué, comment as-tu pu faire une sombre erreur de débutante !’ Elle veut pleurer – laisser ce foutu sanglot s’exprimer, mais elle n’y arrive pas. Elle ne devait rien laisser transparaitre. Rien. Madame Deveraux lâche son menton pour se retourner vers la fenêtre et fixer l’extérieur, songeuse. Elle n’a rien à dire Pimprenelle, si elle  doit mourir par la faute de cet homme et pour ce qu’elle a fait, qu’il en soit ainsi. Le sang appelle le sang, si sa mort était le prix de la vengeance alors qu’il en soit ainsi. Alors que le silence dure de très longues minutes, Madame Deveraux le brise encore une fois, ‘Tu vas me dire ce que tu as fait exactement.’ La jeune adolescente devenue femme lève les yeux, et demande ‘Il n’existe aucun moyen de défaire une telle malédiction mère, j’ai…’ Echoué. Le mot ne sort pas, elle refuse l’échec. ‘Nous allons effectuer un transfert. Sur moi, nous savons toutes les deux que ma santé décline à vue d’œil. Tu as la vie devant toi, sois en digne, ne laisse plus jamais un homme te faire prendre tes moyens. Ta magie est ta force, le pouvoir est la liberté et le diable notre guide.’ Elle avait vu sa mère dépérir dernièrement, ne sachant pas quel mal la frappait. Une part d’elle refusait de la laisser prendre sa place. Elle était un démon et un ange à la fois, une mère protectrice qui formait ses enfants à la dure réalité de la vie sans délicatesse ni douceur mais qui savait faire preuve de courage pour les protéger d’eux même. ‘Mère je vous en sup…’ Une gifle s’abat sur la joue de Pimprenelle, ‘N’implore personne, jamais.’ Jamais, non jamais. ‘Personne ne saura jamais rien de cela, pas même ton père, c’est notre secret Pimprenelle. Parce que je suis ta mère, j'ai tant sacrifié pour t'avoir à nos côtés, tu le sais.’ Des mots qui sur l’instant lui parurent si vrai, réels, mais qui un jour prendrait un autre tournant pour elle. ‘Donc je sais ce qui est bon pour toi.’ Les mères savent mieux que tout le monde non ?


" Si je ne peux bouger le paradis, je ferais venir l'enfer sur terre. "


๑ Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit ๑



_________________
Cause I am a little wicked
HANDS RED, HANDS RED  JUST LIKE HE SAID



Il n'est pas d'ombres dans le noir. Les ombres sont les servantes de la lumière, les filles du feu. Plus vive est la flamme, plus sombres sont les ombres qu'elle projette.

avatar
Missives royales : 9
Date d'arrivée : 30/09/2018

Voir le profil de l'utilisateur https://zupimages.net/up/18/43/rwr9.png

 
No one calls you honey when you're sitting on a throne.
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» i follow you dark room honey -- mardi dix juillet, 16h42.
» Honey - Le miel attire les abeilles
» i miss you, honey. » ft. dylan.
» Calls on U.S., IMF to forgive debt
» Republicans flood Minnesota with anti-Obama phone calls

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Magicalement.  ::  :: Passeport Magique-
Sauter vers: