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Les demoiselles parisiennes. (#MIMS)

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๑ Parchemin envoyé Lun 19 Nov - 22:54 ๑





Les demoiselles parisiennes

MARIANNE & PIMPRENELLE


Un petit air d’hiver s’abattait sur Paris. Le ciel gris de la capitale français trouvait pourtant encore grâce aux yeux de Pimprenelle qui ne changerait de ville pour rien au monde, sauf peut-être pour la Nouvelle Orléans. Mais Paris resterait toujours Paris, et dès qu’elle devait quitter les pavés de sa ville préférée ne serait-ce que pour aller travailler au Domaine de la Famille Montrose, elle se sentait perdue. Elle n’était pas à l’aise en pleine nature, vous aviez à faire à une véritable parisienne.  Il était rare qu’elle ait beaucoup de temps libres. La vérité était que lorsqu’elle ne travaillait pas comme gouvernante, elle passait beaucoup de temps au « Clair-Obscur » pour aider Lucifer et Viola dans les commandes, ou bien elle étudiait simplement les livres que lui donnait son frère. Mais une fois n’était pas coutume, elle prenait un peu de temps pour elle.  Elle n’avait pas une foule d’amie, parce qu’elle avait toujours été la fille un peu étrange de Beauxbâtons, celle qui n’était pas particulièrement riche, ni même celle qui fréquentait les garçons, ni même la belle fille qui était populaire. Non, elle avait été la fille qui passait son temps dans les livres et qui portait les robes reprisées de ses sœurs. Mais dans tout cela, il restait quelques amies. Gwendoline, à laquelle elle s’était d’abord intéressée à cause de son statut de Loup-Garou, le sang extrêmement intriguant d’après Lucifer et possédant des applications plus que concrète en magie noire.

Et puis il y avait Marianne, c’était une fille un peu plus vieille qu’elle. Mais, elle l’avait aidé en potion une matière dans laquelle elle n’excellait pas le moins du monde parce que Lucifer ne la laissait jamais faire. Et puis, de fil en aiguille les deux jeunes sorcières avaient fini par devenir bonnes amies. Cependant, Pimprenelle laisse toujours ce voile entre elle et les gens, refusant à trop se confier, ou à trop en dire, comme si être dévoilée sous son véritable jour ferait fuir d’avantage les gens. Elle savait qu’elle avait cette noirceur qui ne cessait de grandir, mais elle savait aussi que les gens n’étaient pas encore prêts.Ce jour-là, elle devait voir Marianne, et être le temps d’un après-midi une jeune fille complètement normale. Parfois, elle aimerait simplement être une jeune fille qui se préoccupe des robes qu’elles portent, de la façon dont elles coiffent leur  cheveux. Mais, elle n’est pas cette fille. Elle ne le sera jamais. Elle était différente, elle avait un regard plus froid sur le monde. Elle ne s’extasiait pas des regards des garçons. Peut-être parce que trop bridée dans sa vie, elle n’en savait rien. Elle ne saurait jamais.  Jamais. Elle refusait la normalité, les conventions. Elle préférait être bizarre que normale. Mais elle n’avait jamais évoqué sa passion pour la magie noire avec ses amies, de peur d’être jugée sans doute. C’est avec le temps que l’on apprend à vivre avec le jugement des autres, seulement avec le temps. Un jour ça nous blesse, un jour on s’en fou. Elle n’était pas prête à s’en foutre, elle n’était encore qu’une enfant qui cherchait sa place, bien qu’elle ne veuille plus être considérée comme telle.  

Elle ne portait quasiment que du noir, une sorte de tradition héritée des sorcières de la Nouvelle Orléans, sa mère – hormis l’uniforme de Beauxbâtons – ne lui avait jamais beaucoup laissé le choix dans sa garde-robe. Une robe noire qui descendait jusqu’aux genoux, une coupe parfaitement à la mode des années 20. Pimprenelle durant l’été avait vu l’extravagance américaine des années folles à la Nouvelle Orléans, mais les parisiennes restaient somme toute classiques. Sur sa robe, un manteau pour affronter les derniers jours  de l’automne plutôt froid de 1927. Lorsqu’elle rentre dans le café Célestin, elle cherche des yeux Marianne. Quand elle la voit attablée sur une banquette, elle esquisse un sourire, et s’approche de la table.  La Deveraux se glisse sur la banquette face à elle. Elle était contente d’avoir un visage amicale. ‘Bon sang, il fait un froid à ne pas mettre un hippogriffe dehors.’ Dit-elle en retirant son manteau.  C’était un endroit qu’elle aimait beaucoup, réservé aux sorciers, puisqu’ici, tout était magique, le service lui-même était assuré par des elfes de maison. Souvent, elle venait ici l’été puisque la vue en terrasse sur le sacré cœur était à couper le souffle. Quand l’elfe passe près de la table, elle l’arrête de dit alors ‘Un café s’il vous plait.’, la créature prend aussi la commande de la Duchannes. Et s’en va préparer leur dû. ‘J’ai l’impression que je n’étais pas venue ici depuis des lustres, la dernière c’était avec toi cet été.’ Elle devrait venir plus souvent, prendre plus de temps pour elle.  



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Il n'est pas d'ombres dans le noir. Les ombres sont les servantes de la lumière, les filles du feu. Plus vive est la flamme, plus sombres sont les ombres qu'elle projette.


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๑ Parchemin envoyé Mar 20 Nov - 0:52 ๑


LES DEMOISELLES PARISIENNES
๑ pimprenelle deveraux et marianne duchannes ๑
Marianne était quelqu'un de ponctuel, elle l'avait toujours été. C'était une sorcière qui préférait largement être en avance, qu'en retard, quitte à nourrir l'anxiété sous-jacente qui la définissait. Parce que le retard des autres elle l'avait toujours vécu comme un manque de respect, un pied de nez plein d'arrogance et fatalement, un défaut qu'elle détesterait qu'on lui donne. Alors une fois n'était pas coutume : elle avait quitté l'hôtel particulier des Duchannes dans lequel elle vivait encore plus tôt qu'on ne l'aurait conseillé et s'était lentement mais surement dirigée vers le café Célestin. L'automne faisait doucement place à l'hiver, et les derniers jours plus particulièrement avaient eu le goût de fin comme celui du commencement : les saisons changeaient. Le froid s'installait. L'hiver serait bientôt là. Dans son manteau tout droit sorti du rayon féminin du Paradise, Marianne fendait les rues avec le bruit de ses talons qui venait claquer sur les pavés parisiens. Parfaite petite française, elle avait l'élégance des parisiennes et le chic des clientes du Paradise dont elle portait les articles sans se soucier du prix. Payer dans le magasin de sa famille n'avait pas de sens. Les Duchannes étaient scrutés par les journaux sorciers afin de dénicher les tendances et Marianne (tout comme sa soeur ainsi que sa mère) participait à la notoriété du magasin en portant leurs biens dans les rues. Adolescente, la jeune sorcière s'en était insurgée : elle n'était pas une publicité vivante. Mais avec le temps, comme pour tout, elle s'y était accommodée et ne rechignait plus d'avance lorsque Juliette lui présentait les nouvelles collections et les pièces qui deviendraient siennes. Marianne se prêtait au jeu, sans pour autant y trouver une quelconque passion. Les siennes étaient ailleurs, au sénat ou autour d'un chaudron mystérieux. Au détour d'une rue, la voyante pris le temps de s'arrêter devant quelques vitrines de magasins moldus dont les propriétaires avaient entamés de les décorer pour les fêtes de fin d'année. Toute la ville, d'ailleurs, semblait frémir d'impatience de se parer des couleurs et lumières de noël, du nouvel an. Mais rien ne serait vraiment ancré tant que la neige ne serait tombée sur Paris : un spectacle aussi magnifique qu'inconfortable. D'avantage pour les moldus, car Marianne aurait toujours le luxe de pouvoir transplanner là où les moldus devraient combattre les éléments. Pourtant, la sorcière aimait marcher. Flâner. Prendre le temps de découvrir et redécouvrir Paris qui ne cessait de changer. Elle avait toujours vécu ici et pourtant, ce serait mentir que de dire qu'elle en connaissait tous les recoins. Le café Célestin, par contre, elle en avait fait son fief dès que ses parents lui avaient donné la liberté de vaquer à ses occupations seule et sans chaperon.

Elle y entrait d'ailleurs dans un frisson, les joues mordues par le froid. Une sensation qui se dissipa dès qu'elle y mit le pied, le café baignant dans la chaleur des cheminées et celle des fours. Les odeurs entremêlées de pâtisseries et de café lui ouvrirent presque immédiatement l'appétit d'une faim pourtant déjà bien rassasiée au midi. Bonjour Mademoiselle Duchannes. la gratifia un elfe de maison en tendant les bras pour attraper son manteau. Bonjour Godry. Merci. dit-elle en se délestant de son vêtement. Elle le suivit jusqu'à la table qu'elle avait réservé quelques jours plus tôt quand son amie l'avait prévenue d'une rare liberté. Pimprenelle était une jeune sorcière très occupée, trop aux yeux de Marianne qui aurait aimé la voir plus spontanément. Pas comme ça, coincée entre deux obligations après des jours d'attente pour être certaine que l'endroit et la date ne gêneraient pas son emploi du temps. Occupée, Marianne l'était aussi : mais travailler au Sénat Magique lui offrait une vie stable et routinière qui laissait beaucoup de place pour s'épanouir au contact des autres. Pimprenelle qui avait toujours été plus froide que le papillon social que pouvait être Marianne n'avait pas cette chance et son travail de gouvernante déjà très prenant était accompagné d'après-midi au Clair Obscur. Parfois, Marianne s'inquiétait pour elle portée par une amitié sincère qui creusait ses racines jusqu'à ses treize ans. Dix ans déjà, et certainement d'autres années encore. Quand la porte s'ouvrit, Marianne jeta un coup d'oeil au dessus du journal qu'elle avait emprunté pour s'occuper (étant arrivée en avance) avant de le plier en reconnaissance le visage de son amie. Bon sang, il fait un froid à ne pas mettre un hippogriffe dehors. La remarque de Pimprenelle arracha un sourire à Marianne qui ne pouvait pas être plus d'accord avec elle, la laissant silencieusement s'assoir tandis qu'un elfe de maison prenait leur commande. Un café pour Pimprenelle et une tisane d’ortie pour Marianne non sans jeter un regard gourmand aux vitrines pleines de pâtisseries. J’ai l’impression que je n’étais pas venue ici depuis des lustres, la dernière c’était avec toi cet été. Et elle s'en souvenait très bien, à l'époque le café Célestin servait des boissons glacées explosives que Marianne avait testé... et jeté presque en suivant. Ça me paraît tellement loin cet été... soupira-t-elle en regardant dehors, le froid l'ennuyait et les manteaux lourds et peu gracieux l'agaçaient. Puis elle retourna son attention sur Pimprenelle. Je suis contente de te voir ! qu'elle accompagna d'un sourire chaleureux. C'était toujours le cas. J'ai bien cru que les Montrose te détenaient prisonnière de leurs enfants... plaisanta-t-elle, le nom Montrose ayant toujours un goût amer dans sa bouche .  Elle ne parvenait pas à le dire sans penser à Basile, l'un allant toujours avec l'autre et son travail l'empêchant de l'oublier. Alors, comment vas-tu ? finit-elle par demander en déposant le journal qu'elle lisait sur une table voisine vide de clients. Elle était toute ouïe pour Pimprenelle, réellement intéressée par ce qu'il s'était passé dans sa vie ces dernières semaines.

22 novembre 1927
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๑ Parchemin envoyé Mar 20 Nov - 22:58 ๑





Les demoiselles parisiennes

MARIANNE & PIMPRENELLE


Il n’y avait rien de plus chaleureux que le confort d’une Brasserie parisienne quand venait les mauvais jours. C’était comme une sorte de cocon où le temps s’écoulait lentement, et où l’on pouvait observer la nature et la vie. Quand elle avait du temps pour elle, elle appréciait s’asseoir à une table un bon livre – de magie noire – sur les genoux, et observer. Mais, la meilleure façon d’être dans une brasserie, c’était en de bonne compagnie. Elle venait souvent ici avec Marianne, mais aussi avec Lucifer ou encore Ambrosia. Ses frères et sœurs quand ils n’étaient pas occupé dans l’échoppe familiale.  Elle aurait parfois voulu partager plus avec sa famille, notamment avec sa sœur aînée Viola, mais parfois les voies du seigneur sont impénétrables comme on le dit. Elle était loin d’imaginer la raison de la distance de Viola, comment aurait-elle pu ?

Elle avait un peu froid, et avait hâte d’avoir son café pour poser les mains contre les parois brulantes de la tasse pour que ses mains soient un peu moins gelées. Elle avait tendance à avoir les mains toujours gelée. L’hiver, ses cheveux prenaient une teinte un peu plus terme, un peu moins doré. C’était son don de métamorphomagie qui se manifestait au quotidien, elle avait peu d’influence sur ce dernier qui était plus un baromètre sur sa propre personne qu’un véritable talent dont elle usait. 'Ça me paraît tellement loin cet été... ' Dit alors Marianne, faisant écho à ses dernières paroles. Oui, ça faisait longtemps. Pimprenelle aimait tellement l’été, souvent elle partait une partie du mois de Juin à la Nouvelle Orléans, et venait profiter du mois d’Août à Paname, et aimait flâner dans les rues pavées bercés d’un soleil de plomb. 'Je suis contente de te voir ! ' Elle lui rendit son enthousiaste- dans un sourire chaleureux. Elle ne pouvait pas dire cela a beaucoup de monde, qu’elle était contente de les revoir, parce que la majeur partie du temps, ce n’était pas exacte. Marianne faisait partie de ces rares personnes avec Gwendoline dont la présence lui était agréable. 'J'ai bien cru que les Montrose te détenaient prisonnière de leurs enfants... ' Elle laisse échapper un petit rire, non, elle savait se battre contre des enfants au besoin. 'Alors, comment vas-tu ? ' Elle n’avait pas grand-chose à raconter sur sa vie, Pimprenelle, elle allait bien, mais elle s’ennuyait atrocement. Elle s’ennuyait.

Les Montrose, Pimprenelle savait que l’un d’entre eux intéressait plus Marianne que les autres. A vrai dire elle n’avait pas souvent affaire à Basile, c’était Marianne elle-même qui le côtoyait plus qu’elle, mais en bonne amie qui se respecte, Pimprenelle ne pouvait s’empêcher de garder un œil sur lui, de laisser les oreilles trainer. ‘Me parles-tu réellement des enfants Montrose de façon générale ou préférerais-tu aborder l’un d’entre eux de façon plus… précise.’ Elle pouvait être une commère, mais si elle voulait savoir quelque chose, elle le lui dirait, elle avait laissé trainé ses oreilles plus d’une fois, et les enfants peuvent être plutôt bavard quand ils le veulent. Elle lui lance un petit sourire taquin, elle ne l'embêterait plus avec cela si elle le lui demandait. D'un coup, par la plus pure des magies, les commandes apparaissent sur la table. Pimprenelle laisse échapper un petit soupire rassurée, elle avait si froid. Elle dépose ses mains sur la tasse et reporte son attention sur son amie, ‘Mais ça va.’ Commence-t-elle alors, avant d’avouer sans trop savoir pourquoi, ‘Mais je… je m’ennuis, de … tout.’ Une confession qui sort de nulle part, mais elle ne savait pas à qui d’autre elle aurait pu confier ses états d’âmes. Elle s’ennuyait de son travail de gouvernante, ‘Les Montrose sont vraiment gentils, mais je m’ennuis tellement.’ Ce n’était pas assez, elle avait toujours voulu plus Pimprenelle. ‘J’aimerais avoir un travail plus intéressant que donner des cours à un gamin. ’ Aussi gentil soit le gamin. ‘Enfin, et toi, ça va ?’ Elle n’aimait pas trop parler d’elle, elle venait d’en plus qu’elle n’en avait dit pendant longtemps en une fraction de seconde. Elle se cherchait Pimprenelle, elle cherchait à se rassurer, sachant très bien qu’au final une seule voie ne l’avait jamais intéressée : celle de l’obscur.  



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๑ Parchemin envoyé Mer 21 Nov - 23:30 ๑


LES DEMOISELLES PARISIENNES
๑ pimprenelle deveraux et marianne duchannes ๑
Le journal disparait aussitôt qu'il est posé sur la table en marbre voisine. Marianne ne s'en formalise pas, les elfes de maison étaient ici aux petits soins des sorciers et habituée de l'endroit leur efficacité ne la troublait plus. Ce qui la trouble, cependant, c'est la remarque de son amie qui ne prend pas de gants et qui saute pour ainsi dire les deux pieds dans le plat. Me parles-tu réellement des enfants Montrose de façon générale ou préférerais-tu aborder l’un d’entre eux de façon plus… précise. et cela fait bien longtemps qu'elle ne rougie plus face à Pimprenelle. Si cela avait été une autre personne, sans doute aurait-elle cherché des yeux les toilettes pour se "repoudrer le nez" et éviter de cette façon le sujet délicat qu'était encore (et toujours) Basile. À la place, elle lui lança un long regard en arquant les sourcils incapable cependant de ne pas sourire par la même occasion. À la fois amusée par la proposition et surprise. Elle n'y répond pas tout de suite, notamment parce qu'entre temps leur commande est arrivée et qu'elle a terriblement hâte de goûter à sa tisane d'orties. Marianne imite Pimprenelle et entoure délicatement sa tasse de ses mains, y cherchant la chaleur qui lui faisait défaut. Mais ça va. Mais je… je m’ennuis, de … tout. Tiens, elle ne s'y attendait pas. Marianne fronce légèrement des sourcils et se concentre plus sérieusement sur son amie qui se confie avec une facilité qui ne lui est d'ordinaire pas habituelle. Elle aimerait bien lui proposer de l'accompagner au sénat, mais elle n'en avait probablement pas le droit. Les Montrose sont vraiment gentils, mais je m’ennuis tellement. J’aimerais avoir un travail plus intéressant que donner des cours à un gamin. Un soupire compréhensif lui échappe alors qu'elle secoue la tête de bas en haut comme pour s'accorder à ses propos. Il était vrai que s'occuper d'enfants n'était pas aussi palpitant que travailler au ministère ou tenir une boutique. Surtout si loin de la ville qu'elle savait que Pimprenelle portait très chère en son coeur. Marianne se pince les lèvres, ne sachant pas trop quoi dire sur le moment et cherchant déjà une solution à lui proposer. Si Pimprenelle s'ennuyait au point de ne trouver d'intérêt dans rien alors il devenait urgent qu'elle change de métier. Enfin, et toi, ça va ? Elle en ignore même sa question, préférant se concentrer sur Pimprenelle en priorité : elle aurait le temps de lui raconter ses propres soucis plus tard. Laissant refroidir sa tisane, elle se penche un peu plus proche de son amie.

Tu pourrais peut-être changer de voie ? propose-t-elle, le ton qui se voulait rassurant. Changer de métier, c'était un peu comme changer de vie : c'était tout un quotidien qu'on venait chambouler et logiquement, cela pouvait faire peur. Je veux dire, si tu t'ennuis à ce point tu ne peux vraiment pas continuer. Tu es une sorcière brillante Pimprenelle, ce serait dommage de gâcher ton potentiel. dit-elle dans un sourire, la fierté qu'elle éprouvait pour son amie se lisait facilement dans ses grands yeux verts et son sourire s'étira à mesure qu'elle continuait. Tu pourrais travailler pour le ministère, ou demander plus de responsabilités au Clair Obscur. Faire quelque chose de plus... stimulant. Et ça, Pimprenelle en avait déjà tous les pré-requis. Si elle le demandait, nul doute qu'on la prendrait sur le champs. Marianne avait beaucoup de respect pour elle, notamment parce qu'elle l'avait toujours impressionnée que ce soit à Beauxbâtons ou ailleurs. Pimprenelle apprenait vite et surtout maîtrisait la magie mieux que quiconque. Marianne avait pu le voir de ses propres yeux en la tutorant pendant leurs années communes à l'académie mais très vite leur relation de mentor-élève s'était transformée en simple amitié et échange de connaissances tant Pimprenelle s'était rapidement remise sur pieds en potions. Marianne soupira avant de prendre enfin une gorgée de sa boisson chaude qu'elle reposa dans sa sous-tasse. Quant à moi... Disons que c'est compliqué. tenta-t-elle de minimiser ce qui s'était passé quelques jours plus tôt. J'ai parlé à Basile. C'est dit comme une fatalité, parce qu'elle avait fait ça sur un coup de tête et que ça ne s'était pas totalement passé comme elle l'aurait espéré. Pour changer de sujet de manière plus ou moins maladroite, Marianne tend sa main vers celle de son amie. Ses doigts viennent souligner un bracelet qui semblait nouveau. Du moins, elle ne l'avait pas vu la dernière fois qu'elles s'étaient parlées face à face. Oh, il est mignon. commença-t-elle l'air de rien, consciente qu'elle était loin d'être discrète. Il est nou- veau ? s'était-elle apprêtée à lui demander, avant que par le fait de toucher la peau de la sorcière Marianne ne soit sujette à une vision. De celles violentes et intrusives qu'elle ne parvenait pas encore à contrôler, qui se forçaient à son esprit sans délicatesse et avec force. De l'extérieur, son regard s'était perdu loin devant elle, au-delà du poignet de Pimprenelle qu'elle tenait malgré elle s'y étant agrippée quand la vision lui était tombée dessus avec fracas. À l'intérieur, c'était le chaos.

Il faisait terriblement froid et sombre. C'était la nuit, d'ailleurs, et les ombres autour d'elle qui s'enchaînaient étaient les silhouettes menaçantes d'arbres aux branches dénudées de feuilles. Tout allait vite. Est-ce qu'elle... courrait ? Marianne vivait cette vision non pas de l'extérieur mais vraisemblablement de l'intérieur, et pour la première fois elle n'était pas simple spectatrice. La sorcière vivait la chose comme l'un des protagonistes : chose qui ne lui était encore jamais arrivé. Devant elle, elle n'a d'autre choix que de voir ce que son hôte fixe. C'est une jeune femme recouverte de sang qui courre elle-aussi. Était-elle en train de la poursuivre ? Et puis la silhouette se retourne. C'est Pimprenelle. C'est Pimprenelle. C'est Pimprenelle.

Ça se répète entre ses tempes alors qu'elle reprend ses esprits dans un sursaut douloureux. Il y a son coeur qui s'est emballé comme si elle venait de courir un marathon, ses mâchoires qui ont lâchées la laissant bouche-bée. Puis ses yeux s'embrument brusquement alors que sa respiration, elle, devient soudainement erratique. Marianne panique et manque d'air, un étau autour du crâne. Venait-elle vraiment de voir la mort de son amie ? 

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๑ Parchemin envoyé Ven 23 Nov - 23:38 ๑





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MARIANNE & PIMPRENELLE


Les meilleurs moments sont parfois ceux où l’on n’a pas à se cacher derrière un masque, derrière un nom, derrière un rôle ou une idée. Parfois, le bonheur c’est simplement d’être soi-même, dans sa meilleure forme, sous son meilleur jour, et parfois même en plein doute. Pimprenelle doutait de son avenir, de son présent et de ses choix passés.  Les femmes en ce monde n’était bien souvent que des pions, des personnages secondaires de la Grande Histoire, comme de la petite. Des êtres que l’on oublie de citer parfois, des êtres fabuleux qui souvent abandonne le rêve pour se plier aux désirs et à la volonté des hommes. Elle ne voulait jamais être l’une de ces femmes, elle ne voulait pas faible Pimprenelle. Elle valait mieux que cela. Elle valait mieux que ces femmes, elle savait que les femmes indépendantes étaient sans cesse jugé, alors elle ne voulait pas paraitre faible, ou pleine de doute. Elle ne voulait pas faillir, jamais. Cette pression qu’elle se mettait à elle-même était plutôt lourde. Mais nécessaire.

Mais paraitre faible devant une amie, ce n’est pas pareil. Pimprenelle avait confiance en Marianne, vraiment confiance. Elle était de ces amies qui avec le temps deviennent indispensables, plus que l’on ne veut bien le croire. ' Tu pourrais peut-être changer de voie ? ' Elle pourrait. Elle voudrait. Mais qu’est-ce qu’elle pourrait bien faire de sa vie ? Finir comme Viola, vieille fille dans un magasin de Magie Noire sans vie, et se délectant du pêcher de luxure ? Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle désirait réellement, Pimprenelle. Encore trop jeune. Elle savait que si elle changeait de voie, elle partirait. Son désir de retourner à la Nouvelle Orléans était de pair avec ce désir de changer de voie. ' Je veux dire, si tu t'ennuis à ce point tu ne peux vraiment pas continuer. Tu es une sorcière brillante Pimprenelle, ce serait dommage de gâcher ton potentiel. ' Elle rend son sourire à Marianne. Sincère. Ca faisait du bien de voir des gens croire en soi. ' Tu pourrais travailler pour le ministère, ou demander plus de responsabilités au Clair Obscur. Faire quelque chose de plus... stimulant. ' Elle n’était pas prête à travailler avec Viola qui parfois agissait comme si elle n’existait pas. Le comportement de sa sœur avait toujours profondément perdu la jeune sorcière qui ne savait jamais s c’était du lard ou du cochon. Mais elle ne voulait pas travailler pour le Ministère elle n’aimait pas rentrer dans une case.

Elle ne savait pas quoi lui répondre, c’est pourquoi elle laissa simplement du silence s’installer, le temps pour Marianne et elle de boire une gorgée de leur boisson chaude. Pimprenelle se réchauffait avec les mains sur la tasse. Ca faisait un bien fou. Elle restait à l’écoute de son amie, un juste retour des choses après tout. Elle avait bien écouter ses états d’âmes.  ' Quant à moi... Disons que c'est compliqué. ' Dire que c’est compliqué les histoires de cœur… C’est souvent un euphémisme. Mais Pimprenelle était étrangère aux histoires de cœur, elle en avait vécu une brève, mais rien qui ne soit notable à ses yeux. Pas quelque chose d’aussi fort de ce qui avait lié Marianne et Basile, la blessure était toujours à vif des années après ce n’était pas rien. Pimprenelle le voyait bien, mais elle n’était pas sûr que Marianne elle-même s’en rende compte, de l’importance de ce qu’elle avait vécu. ' J'ai parlé à Basile. ' Elle dit ça comme quelqu’un qui dirait qu’un jour on va tous mourir, fataliste. Pour Pimprenelle c’était une bonne chose, de parler à l’homme qu’elle avait aimé (qu’elle veuille l’admettre ou non, c’était l’avis de Pimprenelle). Avant que Pimprenelle puisse ajouter quoi que ce soit, son amie tend la main vers elle pour s’intéresser à son bracelet, ' Oh, il est mignon. '  ‘ Qui ça Basile ? ’ Demande-t-elle en riant, mais elle la voit s’intéressé à ce bracelet, ajoutant, 'Il est nou-' Et elle n’eut jamais la suite de ses mots.

La main de son amie s’agrippe à son poignet sans qu’elle ne puisse rien y faire. Elle l’avait déjà vu avoir ce genre de ‘crise’ plusieurs fois, mais c’était peut être la première fois que cela lui arrivait d’aussi près. Elle connaissait les talents de son amie pour la divination et son don de double vue. Selon Pimprenelle, cela devait être atroce de voir des brides du temps sans pouvoir avoir de contrôle dessus. Elle sait qu’elle ne doit pas paniquer Pimprenelle, mais c’est plutôt difficile.  Doit-elle la secouer, ou bien attendre que cela passe ?  Les cheveux de Pimprenelle se foncent malgré elle, ce qui se passe la plupart du temps quand elle est incertaine voir terrifiée.  C’est lorsque le souffle de son amie devient irrégulier, qu’elle pose délicatement sa main sur celle qui tient son poignet un peu fermement. ‘ Marianne… ’ Elle essaye d’avoir la voix la plus calme possible. D’être la plus douce. Elle ne veut pas la brusquer. Quoi qu’elle ait pu voir, la réalité était là, comme le présent. ‘ Marianne ? ’ Appelle-t-elle avec une douceur qui l’étonne aussi parfois.  ‘ Je… ‘ Elle cherche quoi faire. Et elle déteste être dans le flou. Mille et une questions sans réponse se bousculaient dans son esprit analytique. Comment fonctionnait son don ? Qu’avait-elle vu ? Etait-ce quelque chose par rapport à elle ? Ou peut être quelque chose par rapport à ce bracelet que Lucifer lui avait offert cet été à la Nouvelle Orléans ? Ou encore une vision aléatoire ?  Avait-elle vu le passé ou bien l’avenir ? S’il s’agissait de l’avenir, était-ce figé ? Toutes ces questions qu’elle n’avait jamais eu le courage de poser. Par pudeur, par respect ou simplement par peur de savoir. ‘ Ca va aller… ’ Dit-elle avec douceur, attrapant sa main autours de son poignet pour la desserer doucement, mais la serrer dans la sienne rassurante. Elle sourit, sincèrement. Elle n’était pas du genre à être sympathique avec les gens en générale plutôt refermée sur elle-même, mais avec les gens qu’elle appréciait c’était différent. ‘ Un verre d’eau par ici ! ’ Scande-t-elle sans l’ombre d’une délicatesse ou d’une politesse à l’elfe de maison serveur. Et en un claquement de doigts, le verre apparait sur la table. ‘ Tiens, tu devrais boire un peu d’eau fraiche, ça va aller.



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๑ Parchemin envoyé Dim 25 Nov - 20:59 ๑


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Elle inspire, puis expire. Inspire. Expire. Inspire. Expire. Inspirer ou expirer ? La sorcière ne le sait plus trop et son regard se perd un peu partout autour d'elle. Il se pose ça et là, sur la chaise à sa droite, le vase fleuri à gauche, sa tasse encore chaude, la main de Pimprenelle sur la sienne. Et ses mâchoires défaites après sa vision se crispent à lui en faire mal : mais la douleur l'aide, quelque part, à rester dans le présent et à ne pas se laisser rebasculer dans ce qui semblait être le futur. À ne pas se perdre dans ses pensées, dans les images qu'elle venait de percevoir et qu'elle continuerait de voir jour et nuit pendant bien trop longtemps encore. Car cette vision ne la quitterait sans doute jamais à présent, marquée au fer rouge entre ses tempes comme un rappel constant que Pimprenelle (comme tout le monde) finirait par périr. Et qu'elle en avait été témoin. Si elle n'entend pas son amie l'appeler, trop préoccupée à se laisser saisir par la panique sa poigne tendre autour de ses doigts la ramène un peu plus sur terre. Ça va aller… Non, ça n'irait pas manque-t-elle de lui répondre si seulement ses lèvres voulaient bien se délier. Ça n'irait plus, à vrai dire. Comment pourrait-elle oublier la vue de son amie recouverte de sang ? La sensation de la suivre, de la traquer et la colère qu'elle avait ressenti ? Marianne, sur le moment, a du mal à savoir comment être tout simplement. Respirer est déjà bien trop compliqué pour son esprit meurtri par la vision, alors réagir, revenir, elle ne sait pas de quelle manière le faire. Un verre d’eau par ici ! appelle Pimprenelle, poussée par une bonne intention. Mais la voyante serait bien incapable de boire une seule goutte d'eau et sa tisane la dégoûte presque à présent. Tiens, tu devrais boire un peu d’eau fraiche, ça va aller. D'ailleurs quand son amie le lui propose elle refuse en secouant bêtement la tête négativement sans arriver à la regarder dans les yeux. Les siens sont de toute façon bien trop plein de larmes pour arriver à distinguer quoique ce soit et si Pimprenelle est vexée ou agacée par son refus comme par son mutisme elle ne le voit pas. La rechute est difficile cette fois, plus encore puisqu'il s'agit d'une amie si proche et Marianne finit par glisser sa main hors de celle de Pimprenelle. Parce qu'elle ne veut pas la toucher de peur d'en voir plus, parce qu'elle ne sait plus comment se comporter face à celle qu'elle était persuadée d'avoir vu mourir et parce que le sanglot qu'elle réfrène à besoin d'une main posée contre ses lèvres pour l'y sceller.

Autour d'elles, les regards de sorciers curieux s'attardent sur la scène étrange et propice aux commérages. Les deux amies avaient brièvement passé un moment agréable et léger avant que la voyante ne vienne tout gâcher, les donnant en spectacle. La honte ne l'avait jamais touchée, parce que Marianne ne cherchait pas à cacher son don et passer pour une folle ou une hystérique faisait partie des fardeaux de sa particularité. Pour chaque éclat il y avait ombre. Le don de double vue ne dérogeait pas à la règle et si se mouvoir dans les couloirs du temps était chose extraordinaire on ne le faisait pas sans en payer un prix. Souvent celui de l'exclusion. La Duchannes avait de la chance, s'était bâtie en grandissant une armure contre ces regards plein de jugement avec l'aide de son tuteur voyant. Alors se lever brusquement elle le fait sans prendre de gants. Je suis désolée. parvient-elle à articuler à Pimprenelle, ses épaules réussissant à peine à cacher les soubresauts qui la bousculent. Puis elle soupire longuement pour se maîtriser dans un échec qui la pousse à secouer la tête, aussi frustrée que déçue. Je... J'ai besoin de. de quoi, véritablement ? Marianne n'avait plus qu'une envie : rentrer chez elle et... elle n'en sait rien. Rentrer chez elle et puis quoi faire ? Prier pour que Juliette accepte de lui lancer un sortilège d'amnésie ? Oublier était-il vraiment une solution ? La voyante était déchirée entre l'envie de tout effacer et la réalisation que ça ne changerait rien, que ça n'arrangerait rien. Que si elle oubliait, elle laisserait Pimprenelle courir à sa perte et ça... sans doute préférait-elle mourir à sa place. Alors elle lâche un court Je reviens. à la Deveraux avant de se diriger chancelante vers les toilettes des dames sous les regards plein de questions (parfois d'amusement même, quelle belle animation venait-elle d'offrir aux plus curieux) des autres clients. Là, Marianne a soudainement des haut-le-coeur et s'engouffre dans l'une des cabines sans en fermer la porte derrière elle. La fatigue se faisait déjà sentir et l'étau autour de son crâne ne faiblissait pas alors ces nausées ne la surprenaient qu'à peine. Un autre inconvénient causé par les visions intrusives aussi lourdes et violentes que celle qu'elle avait subi. Ou alors était-ce simplement un trop plein de choc d'avoir vu une amie mourir : le décès d'un inconnu aurait été bien moins douloureux. Pourtant, elle ne parvient à rien et reste assise sur le carrelage glacé un brin étourdie. Qu'allait-elle faire ? se demandait-elle en boucle sans réussir à passer outre. La porte des toilettes s'ouvre, et Marianne reconnait les chaussures de Pimprenelle qui se dirige vers sa cabine d'où elle lance pas plus fort qu'un murmure malgré l'intimité qu'offrait le vide de la pièce. Je t'ai vu mourir... Sa voix s'écorchant sur ses propres mots, rappelée par un sanglot qu'elle étouffe en se pinçant les lèvres. Marianne était une sorcière fière et pleurer lui avait toujours semblait être une marque de faiblesse : les grands sorciers affrontaient les éléments, ils ne gâchaient pas leur temps à pleurer ou s'accabler sur leur sort.  

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MARIANNE & PIMPRENELLE


C’était toujours très impressionnant de voir Marianne avoir une vision. A vrai dire, c’était la première fois qu’elle y assistait de façon aussi… frontale. C’était effrayant, plus qu’impressionnant. Pimprenelle n’avait pas peur de grand-chose – comme elle se plaisait à le dire. Mais qu’on se le dise, l’avenir était une des rares choses qui lui faisait peur, on ne peut savoir de quoi demain est fait. Elle n’a aucune idée de comment réagir à cela, elle n’avait jamais été des plus délicates dans sa façon d’être, mais elle était ainsi, parfois brute, souvent cynique et surtout arrogante. Elle essayait d’être gentille, douce, et calme, l’agitation et la panique dans le regard de Marianne devaient être contrebalancées d’une manière ou d’une autre. C’était difficile d’agir de la sorte, ça ne lui ressemblait pas, mais c’était l’une de ses rares amies, et elle devait être là parce qu’elle en avait besoin. N’est-ce pas ce que sont sensé faire les amis, s’aider, se tirer vers le haut, se soutenir ? C’était ce qu’un ami devait faire selon Pimprenelle. Les amis sont précieux, un bien rare.

La main de Marianne glisse de la sienne, mais Pimprenelle ne la retient pas, elle l’avait prise en se disant que c’était la chose à faire, mais à priori, elle s’était méprise. Elle était maladroite, novice et incertaine sur la façon de procéder, c’était comme marché sur des œufs. Elle se mord l’intérieur de la lèvre pour ne rien faire, la laisser faire ce qu’elle voudrait et ne rien brusquer. 'Je suis désolée.' Elle n’avait pas besoin de l’être. Pimprenelle sourit doucement, et hoche la tête de gauche à droite comme pour lui signifier qu’elle n’avait pas besoin de l’être. On n’a pas à s’excuser d’être soi-même, parce que ça faisait partie de Marianne, ce don. Comme la couleur de cheveux fluctuante de Pimprenelle faisait partie d’elle. Ses cheveux avaient viré au brun très foncé depuis la « crise » de Marianne. 'Je... J'ai besoin de.' Elle ne la brusquait pas. Mais une chose intriguait Pimprenelle, qu’avait-elle vue pour être dans un état pareil ? Elle ne lui avait jamais demandé si elle voyait le passé ou le futur, ou même les deux.  Pimprenelle savait que les gens aimaient parfois avoir leur jardin secret, elle y comprit. Elle ne faisait pas étalage de sa pratique de la magie noire, et ne donnait pas les détails à ses amies.  'Je reviens.' Elle ne la retient pas. Elle n’a aucune idée de comment réagir. Aucune. Elle la regarde se lever, maladroitement, presque chancelante. Et s’enfuir vers les toilettes. Les regards sont tous tournés vers elle. Les gens peuvent être vicieux et médisant.

Elle reste un moment assise à se demander quoi faire. Puis, d’un coup, elle se lève, elle aussi sous le regard des gens. Mai Pimprenelle n’en avait jamais vraiment rien à faire des « qu’en dira-t-on », elle était au-dessus de cela.  Elle poussa la porte battante des toilettes, cherchant la cabine occupée des yeux. Il n’y en a qu’une seule de fermé, et il lui semble qu’elle y est par terre à l’intérieur. La situation lui brisait le cœur, elle réalisait que son amie était réellement à la merci de son don, plus que Pimprenelle du sien qui principalement était cosmétique.  Elle s’approche de la cabine, silencieuse, ses escarpins noirs claquant doucement sur le sol. Elle entend alors, ces mots qui lui glacèrent un peu le sang : 'Je t'ai vu mourir...' Ce sont les genres de chose que l’on ne veut pas entendre. Pas du tout. Pourtant, c’était comme si on ne lui laissait pas le choix. On finit tous par mourir, hein ? C’était ce qu’elle se disait, c’était la réalité. Que tout le monde finit par mourir. Mais on peut se dire que les usagers de la magie noire avaient plus de chance d’y passer rapidement que les autres ?  ‘La vie et la mort sont deux entités qu’on ne peut séparer l’une de l’autre.’ Dit alors Pimprenelle. Elle s’approche de la porte, ‘C’est que le futur, l’important c’est…’ Elle marque une pause, et s’appuie contre la porte voisine, songeuse. ‘C’est le présent, de vivre, tout simplement.’ Elle baisse les yeux, encore sous le choc des mots de Marianne. Elle se laisse descendre contre la porte pour s’asseoir aussi par terre. Elle inspire doucement. Que pouvait-elle lui dire de plus ? Elle n’allait pas lui demander. Elle n’avait pas envie de savoir, personne n’avait envie de savoir comment il allait mourir.

Les yeux baissés, Pimprenelle avait ses mains croisées sur son ventre, un peu nerveuse. ‘Je… si tu veux en parler, j’peux l’entendre tu sais.’ Mais elle n’était pas obligée en d’en parler. Pour Pimprenelle ce n’était pas une obligation, mais si en parler l’aidait, alors elle le ferait pour son amie. Elle avait tellement peu d’ami qu’elle ne pouvait pas les perdre par pur égoïsme. Bien que la porte les sépare, elle tourne la tête vers celle-ci, au cas où elle voudrait l’ouvrir. ‘Tu sais…’ Commence-t-elle. Bon sang qu’elle se sent maladroite de parler comme ça Pimprenelle.  ‘J’ai aucune idée de ce que tu peux ressentir à cause de ce que tu … vois.’ Les mots sont vraiment hasardeux. C’était plutôt rare, de voir Pimprenelle manquer d’assurance. ‘Moi j’ai juste mes cheveux qui changent de couleur au gré de mes émotions, c’est pas comparable.’ Elle laisse échapper un rire nerveux, elle était capable de faire bien plus avec son don de métamorphomage. Mais la couleur de ses cheveux changeantes… c’était ce qui échappait à son contrôle.  ‘Alors je ne peux pas imaginer ce que tu ressens, j’peux juste t’écouter, si… c’est ce que font les amies.’ Peut-être que Pimprenelle n’avait jamais dit à voix haute qu’elle était son amie.  Mais parfois, on reste sur des évidences, et on se dit qu’il n’est pas nécessaire de les énoncer. Pourtant, parfois, ces simples mots pouvaient faire le plus grand des biens.



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๑ Parchemin envoyé Jeu 29 Nov - 16:09 ๑


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Elle se sentait malade. Tout simplement. Et fermer les yeux n'aidait pas parce que l'écran de ses paupières passait en boucle le film de sa vision, les derniers instants de Pimprenelle. Tout ce sang, mêlé à la peur et la rage, lui tournait l'estomac si bien que même assise sa tête lui tournait. Près d'elle, la cuvette des toilettes appelait ses hauts le coeur sans qu'elle ne parvienne à quoi que ce soit. Marianne était encore sous le choc et si le malaise finirait bien par passer elle savait très bien que le malêtre lui ne la quitterait pas. Voir quelqu'un mourir, c'était de loin la pire des choses à laquelle assister : le genre de vision qu'elle redoute et se félicite de ne pas avoir tous les quatre matins. Elle n'en avait pas eu beaucoup depuis que son don s'était manifesté et avait eu la chance de vivre sa particularité comme un cadeau plus que comme une malédiction. La frontière était fine, cependant, et en des jours comme celui-ci le doute se faisait sentir. Assise par terre, la sorcière avait reposé sa tête contre le mur de la cabine dans l'espoir d'y trouver un peu de repos. De s'y ancrer pour que sa tête cesse de tourner. Elle attendait, maintenant, que la rechute prenne fin sans savoir ce qu'elle ferait après. Sa tisane ne lui disait plus rien, et l'envie de rentrer chez elle et disparaître sous ses couvertures était bien trop tentante. Loin du café célestin, de ce qu'elle avait vu, de ces toilettes, des regards des sorciers, de leurs chuchots : elle ne trouverait la paix que dans le silence rassurant de sa demeure. Du regard, Marianne suit les pieds de son amie qui s'arrêtent devant sa porte et elle se demande l'espace d'un instant si celle-ci va entrer. La vie et la mort sont deux entités qu’on ne peut séparer l’une de l’autre. sa voix s'élance, calme, comme si la Deveraux répétait quelque chose qu'on lui avait expliqué trop de fois. Cela surprend Marianne qui lève le regard vers l'endroit où elle sait se tenir Pimprenelle : comment pouvait-elle être si nonchalante après ce qu'elle lui avait annoncé ? C’est que le futur, l’important c’est… C’est le présent, de vivre, tout simplement. Et Marianne secoue la tête, son regard retombant sur les carreaux près de ses propres pieds. Elle n'est pas d'accord mais ne la coupe pas trop préoccupée par ralentir sa respiration troublée tantôt par un sanglot, tantôt par les restes de paniques qui lui collent à la peau. Comment continuer à vivre en sachant exactement les circonstances qui entoureraient sa fin, ou celle d'un proche ? La voyante en oublie même ses principes : c'était facile de dire aux autres que le futur changeait constamment, qu'il fallait s'en méfier plus que le croire avec conviction, mais lorsqu'il était question de soit tout devenait plus compliqué. Je… si tu veux en parler, j’peux l’entendre tu sais. même si son amie a la bonté de le lui proposer, Marianne préfère le lui éviter. Vivre avec ce genre d'information pouvait gâcher une vie toute entière : bon nombre de sorciers devenaient fous après qu'un voyant leur ait partagé les détails de leur mort. Fous à vouloir l'éviter, fous à l'accepter, à l'attendre ou encore à l'appréhender. Ils devenaient paranoïaques, dépressifs, pire parfois. Elle veut le lui dire mais Pimprenelle continue avant qu'elle ne puisse prendre la parole. Tu sais… J’ai aucune idée de ce que tu peux ressentir à cause de ce que tu … vois. Jamais encore Marianne ne l'avait entendue si incertaine : elle sortait de sa zone de confort et pour la connaître depuis des années la Duchannes n'avait pas de mal à le constater. Cela lui faisait chaud au coeur et ça la touchait surtout dans un moment comme celui-ci. Moi j’ai juste mes cheveux qui changent de couleur au gré de mes émotions, c’est pas comparable. Le rire nerveux de son amie, tout comme ce qu'elle venait de dire lui arracha un sourire si non un rire. Elle avait raison quelque part, mais elle sous-estimait son don chose que Marianne ne pouvait entendre. Pimprenelle était une sorcière brillante, une métamorphomage qui plus est. Et si le fardeau de Marianne allait au-delà du physique elle ne pouvait nier que trahir ses propres émotions devait être tout aussi gênant ou douloureux. Un effort au quotidien qu'elle n'avait pas à fournir, elle. Une porte ouverte sur quelque chose de trop intime que Pimprenelle devait s'efforcer à maintenir fermée. Alors je ne peux pas imaginer ce que tu ressens, j’peux juste t’écouter, si… c’est ce que font les amies. Quelle chance avait-elle de pouvoir compter Pimprenelle dans ses amies... Marianne essuie ses joues humides du revers de la main, les lèvres pincées dans une grimace qui cache mal son émotion mais qui la maintient silencieuse au moins. Elle soupire longuement ensuite, son souffle cassé ça et là par ses épaules qui continuent de se secouer malgré son bon vouloir.

Je te mérite pas. parvient-elle à dire dans un ton qui trahit le sourire qui s'est étiré sur ses lèvres. Elle rit même un peu, bien que ce dernier se meure rapidement en réveillant son estomac perturbé. Elle déglutit puis souffle, qu'est-ce qu'elle pouvait se détester à ce moment là. Tout allait bien, puis il avait fallu qu'elle ait une vision et gâche ces retrouvailles. Merci... dit-elle ensuite, avant de rajouter brièvement D'être là. Ses genoux viennent se rapprocher de sa poitrine, nerveuse et fatiguée, tandis qu'elle essaie d'y poser son menton mais la position lui donne de nouvelles nausées. Marianne abandonne et laisse sa tête revenir s'appuyer sur le mur. C'est gentil de ta part de proposer d'écouter mais ce serait irresponsable de la mienne de tout te dire. qu'elle articule fatalement. Les sorciers deviennent fous quand ils savent certaines choses qui auraient dues rester secrètes. En témoignait la haine farouche que lui portait la soeur d'Olympe depuis que Marianne lui avait dit pour ses enfants. Elle pouvait voir dans son regard bleuté la folie qui l'avait prise depuis, et son comportement plus paranoïaque que protecteur envers sa progéniture. La Duchannes l'avait regretté mais le mal était déjà fait : Anastasie n'avait pas su vivre normalement en sachant le destin des siens. Alors que Pimprenelle puisse le faire en connaissant sa propre fin lui était impensable. Plus encore quand celle-ci était si... traumatisante. Violente. Elle n'allait pas mourir de vieillesse. Perdues dans ses pensées, Marianne soupire. Las. Je n'infligerais pas ça à une amie. C'est sans appel. Il y a de ces combats qu'il vaut mieux affronter seule et entraîner Pimprenelle vers le bas était bien la dernière chose qu'elle lui souhaitait. Elle l'aimait trop pour lui faire aussi mal : peut-être n'aurait-elle jamais du lui dire qu'elle l'avait vu mourir tout simplement. Quelle idiote. Encore une fois, elle n'avait pas réfléchi et trop sensible son coeur avait parlé avant elle. Pimprenelle ? appela-t-elle, un brin penaude, depuis sa cabine. Elle ne s'attendait pas à une réponse, savait très bien que son amie était toujours là. Tu veux bien rester ici un peu ? Sa demande n'en est pas vraiment une, la vérité c'est qu'elle ne peut pas sortir d'ici. Pas tout de suite du moins. Je me sens malade. pour ne pas dire terriblement nauséeuse, même si le temps faisait son travail et que le haut le coeur qui l'avait poussé à s'agenouiller près des toilettes n'avait plus d'équivalent. Du bout du pied, elle pousse la porte à s'ouvrir de quelques centimètres comme pour l'inviter à venir si elle le souhaitait. Elle se sentait faible, Marianne. Physiquement bien sûr mais de manière plus vicieuse aussi : de sa faiblesse elle n'en retenait que des aspects négatifs, se sentait bête de l'être. Elle aurait aimé être suffisamment forte pour passer outre cette vision et ses effets mais ne l'était pas encore. Juste quelques minutes. précisa-t-elle comme pour se justifier, trouver un moyen de convaincre Pimprenelle de rester bien qu'elle n'en ait pas besoin. Elle l'avait déjà prouvé à venant ici.

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๑ Parchemin envoyé Jeu 29 Nov - 20:30 ๑





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Elle devait être là, même si elle n’était pas des plus à l’aise. Mais elle devait être là pour son amie, parce que si la situation avait été inversée, aucun doute que Marianne serait restée pour être près d’elle, la soutenir, lui apporter du réconfort et tout simplement être là. C’était à cela que servait les amis, et elle se devait de réussir à être une amie. De toute façon, Pimprenelle détestait échouer, de façon générale, mais elle détesterait encore plus échouer en tant qu’amie.  'Je te mérite pas. ' Certainement pas. C’était peut-être Pimprenelle qui ne méritait pas son amitié. Elle était parfois très froide, parfois très hautaine, souvent très arrogante, mais toujours très Pimprenelle. Toujours elle-même, elle ne voudrait être une autre personne pour rien au monde.  Mais, elle est une bonne amie, elle espère parce que parmi les mots de Marianne, elle peut deviner qu’elle esquisse un petit sourire. C’était mieux que rien. 'Merci...' Elle n’avait pas à la remercier, ces choses sont parfaitement naturelles. Il n’y avait pas besoin de remercier Pimprenelle. Marianne était bien trop polie, sur ce point elle était un peu l’opposé de Pimprenelle qui avait tendance à oublier parfois la politesse au profit de l’efficacité. 'D'être là.'C’était normal. D’être là.

Elle l’écoute, ne l’interrompt pas. Parce qu’elle n’a pas besoin de cela, elle n’a pas besoin du débat, juste d’une oreille attentive, d’une épaule, d’un soutien.  'C'est gentil de ta part de proposer d'écouter mais ce serait irresponsable de la mienne de tout te dire.' Irresponsable, peut-être pas. Pimprenelle ne tenait pas vraiment à savoir, mais elle avait eu la décence de lui proposer d’en parler pour dire ce qu’elle avait sur le cœur au besoin. C’est sans doute des choses que l’on n’aimerait pas garder pour soi. Le genre de chose qui auraient tendance à nous bouffer de l’intérieur. 'Les sorciers deviennent fous quand ils savent certaines choses qui auraient dues rester secrètes. ' Il en fallait plus à Pimprenelle pour devenir folle. Elle avait vu pas mal de chose dans sa vie, des horreurs et même certaines qu’elle avait oublié, hélas. A tort ou a raison. Un jour, cela finirait par ressortir. 'Je n'infligerais pas ça à une amie.' Pimprenelle esquisse un petit sourire quand elle dit qu’elle est son amie. Ca faisait toujours plaisir, c’est des petites choses qui font que la vie est plus facile, plus supportable.  Pimprenelle n’était pas expansive, elle venait de faire plus de social avec quelqu’un en quelques minutes qu’en presque une année. Mais, au moins, elle pouvait se dire qu’elle avait une amie, une vraie. Muette, les mains croisés, elle bascule la tête en arrière contre la porte voisine.  


'Pimprenelle ?' Son prénom la ramène à la réalité. Elle redresse la tête, et la tourne vers la porte encore close. Se demandait-elle si elle était encore là ? Bien sûr qu’elle était encore là. Elle n’irait nulle part tant qu’elle aurait besoin d’elle. 'Tu veux bien rester ici un peu ?' Comme si elle avait besoin de poser la question. Elle était déjà là, ce n’était pas pour prendre la poudre d’escampette et s’enfuir comme une lâche. Elle n’était pas de ces gens fuyards, pas le moins du monde. 'Je me sens malade. ' Oui, évidemment. C’était évidemment qu’elle se sentait malade. Quand elle avait quitté la table, Pimprenelle l’avait vu blanche comme un linge. Alors, ce n’était pas difficile à imaginer.  Mais Pimprenelle se sentait un peu inutile de l’autre côté de la porte. Elle ne pouvait rien faire pour elle. Elle avait rapidement tendance à se sentir inutile Pimprenelle, réellement.  Alors d’un coup de pied, la porte de la cabine où s’était réfugié Marianne s’ouvre. Pimprenelle se lève difficilement du sol, un peu rouillée par cette position inconfortable.  Quand la Brune Duchannes ajoute, 'Juste quelques minutes.' Ou plus s’il le fallait. Elle resterait le temps qu’il lui fallait. Une minute, une heure, ou plus, qu’importe. Elle devait être là, parce que dans la situation inverse, ça aurait été pareille. Marianne serait restée, quoi qu’il arrive. Pimprenelle n’avait jamais pleuré sur son épaule, elle ne pleurait pas vraiment à vrai dire. Jamais, sa vie s’était déroulée simplement, calmement. Elle avait oublié le pire.

Debout, Pimprenelle pousse la porte. Elle la trouve un peu recroquevillée sur elle-même. Mais, elle comprend. Elle a la délicatesse de pousser doucement la porte, et se glisse contre le mur en face d’elle recroquevillant aussi ses jambes contre elle. Elle n’osait pas lui tenir la main, ou même un geste d’affection, des fois que ça lui déclenche une autre vision.  Sa présence, Pimprenelle lui rend un doux sourire, et lâche un sarcastique ‘Comme si tu avais besoin de me demander…’ Pimprenelle tout craché. Une puissante en cynisme, et en sarcasme. Bien sûr qu’elle n’avait pas besoin de demander. Certaine chose comme l’amitié nécessite des accords tacites. ‘Dis-toi qu’un Deveraux à mille autre raison de devenir cinglé.’ Dit-elle a mi-voix en esquissant un sourire. Oh oui, mille raisons de devenir taré. La magie noire avait tellement vite fait de partir en vrille, et d’emporter la santé mentale de son pratiquant avec elle. Il suffisait de faire quelque chose de travers pour que l’esprit s’effrite, et s’effondre. ‘Et aussi mille et une raison de casser sa baguette définitivement.’ Ou casser sa pipe, ou passer l’arme à gauche. Un sort mal pratiqué, et la magie pouvait réclamer son dû, et prendre une vie. Pimprenelle avait déjà par mégarde liée sa vie à celle de quelqu’un, et le sort avait commencé à la détruire à petit feu. Ce n’était que grâce à l’intervention de Madame Deveraux qu’elle avait pu vivre.  Elle tentait de faire de l’humour, pour tenter de détendre l’atmosphère. Au moins un petit peu.   Mais, elle sait aussi être sérieuse. Ça lui arrive souvent. Plus qu’on ne le croyait. ‘Tu veux peut être boire quelque chose, ça … enlève le goût dans la bouche.’ Brute, souvent, mais toujours honnête. Elle n’avait pas idée de si elle avait vomi ou pas. Mais au cas où. Toujours pragmatique. Toujours. Elle l fixe, sourit en essayant de la rassurer, ou même de lui décrocher un rire. Puis, elle baisse les yeux, et ajoute, ‘Tu sais, t’as pas besoin de t’en vouloir ou… j’ai jamais eu peur de la mort.’ C’était à la fois rai et faux. Les morts ne l’effrayaient pas, les cadavres ne lui faisaient pas peur, le sang avait tendance à la rendre plus euphorique qu’autre chose. Elle n’avait juste jamais songé à sa propre mort. Jusqu’à aujourd’hui.



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๑ Parchemin envoyé Sam 1 Déc - 0:11 ๑


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Qu'elle se sent bête d'être comme ça, Marianne. Qu'elle se sent stupide, et tout simplement faible. Elle n'était pas la première voyante à assister à la mort d'un être aimé, et ne serait certainement pas la dernière non plus. D'autres avant elle avaient bien plus souffert, certains même avait la malchance de vivre complètement isolés parce qu'un simple contact pouvait provoquer de soudaines visions. C'était son cas aussi, à moindre échelle parce qu'elle avait très vite été prise sous l'aile d'un autre voyant. Parce qu'il lui avait montré quoi faire pour contrôler les caprices de cette double vision parfois trop intrusive : des efforts qu'elle ne ressentait plus aujourd'hui, aussi naturels que cligner des yeux ou respirer. Elle avait dompté sa particularité avant d'en être sa victime mais certains jours étaient moins cléments que d'autres. Aujourd'hui en était le parfait exemple. Et elle ne se l'expliquait jamais vraiment : pourquoi maintenant, pourquoi Pimprenelle, pourquoi cette vision en particulier ? Ses questions restaient sans réponses, ni même de son professeur. C'était le destin, lui disait-il, cela faisait partie de ces choses que l'on ne contrôle pas. Il fallait pour une raison ou une autre qu'elle voit ces moments volés. Qu'elle le veuille ou non n'avait pas d'importance. Ce qui l'était, c'était son don. Voilà tout. Du bout des doigts Marianne vient cueillir une larme ou deux qui s'étaient perdues dans ses cils quand la porte qu'elle avait poussé s'ouvre doucement. C'était Pimprenelle. La Duchannes releva la tête pour lui sourire faiblement, plus par réflexe que par réelle volonté : c'était plus fort qu'elle de chercher à rassurer son amie quand pourtant celle-ci venait en faire de même. Son amie se glisse à l'intérieur de la cabine étroite et l'imite contre le mur d'en face. Elle s'assoie dans une position similaire poussant Marianne à se décaler un petit peu. Comme si tu avais besoin de me demander… Le ton qu'elle emploie lui ressemble bien, comme un naturel qui serait revenu au galop après des paroles trop douces pour la Pimprenelle Deveraux qu'elle connaissait. Mais c'était ça aussi, l'amitié : sortir de sa zone de confort pour les autres, ne pas avoir peur de trébucher tant que la main restait tendue. Marianne souffle les contours d'un rire en posant son regard sur la porte ouverte, l'estomac encore en vrac et l'étau autour de sa tête si moins fort toujours présent. Dis-toi qu’un Deveraux à mille autre raison de devenir cinglé. Surprise, la voyante repose son attention sur Pimprenelle qui sourit à ses propres bêtises, Marianne finissant par en faire de même. C'était une famille étrange, elle ne pouvait le nier et le faire serait mentir mais c'était une famille tout de même. Une qu'elle connaissait depuis autant de temps qu'elle partageait la vie de la cadette, presque dix ans déjà. Et aussi mille et une raison de casser sa baguette définitivement. Marianne qui avait sourit à son précédent commentaire fronce des sourcils en inspirant pour couper la nausée qui lui monte. Ne dis pas ça... Tu vas t'attirer le mauvais oeil. gronde-t-elle presque son amie. Elle n'était pas vraiment superstitieuse, trop habituée à mettre en garde contre ses visions plutôt qu'à les vendre comme des diseurs de bonne aventure le faisaient à ceux qui croyaient en d'autres mondes que le leur. Mais ça ne l'empêchait pas d'assurer ses arrières de temps à autres, juste au cas où. Elle a presque l'air de reprendre du poil de la bête mais la migraine gratte à sa porte, plus précisément contre son crâne qui menace d'imploser. La sorcière en grimace l'espace d'un instant. Tu veux peut être boire quelque chose, ça … enlève le goût dans la bouche. Elle n'a pas tord, ça pourrait même lui apaiser sa migraine sans doute. Pas tout de suite cependant, la bouche pâteuse elle a bien peur de recracher ce qu'on lui présenterait dans la minute. Alors elle hoche positivement la tête sans pour autant demander quelque chose, à la place elle corrige son amie. Ça va aller pour le moment, j'ai juste peur de rendre ma tisane dans l'immédiat. Parce qu'elle ne l'avait pas encore rendue, et qu'elle espérait que ça n'arrive pas. Mais merci... Peut-être plus tard ? laisse-t-elle entendre. Sa tisane lui ferait même sans doute beaucoup de bien, les orties ayant de nombreux bienfaits médicinaux. Mais la possibilité restait trop grande pour le moment. Marianne n'était sûre de rien, à vrai dire, mis à part que retourner s'assoir l'air de rien dans le café lui semblait impossible.

Tu sais, t’as pas besoin de t’en vouloir ou… j’ai jamais eu peur de la mort. Pimprenelle la ramène vite sur terre, elle qui s'était perdue un peu dans ses pensées, pesant encore le pour et le contre de sa dernière proposition. Tout le monde disait cela, mais une fois devant le fait accompli les idées changeaient. Les sorciers aussi. Alors Marianne ne la croit qu'à moitié quand Pimprenelle lui dit cela, non pas qu'elle n'avait pas confiance en elle : mais l'expérience lui avait prouvé que peu de personnes se fichaient réellement de la mort. L'accueillir à bras ouverts, ça n'existait que dans les contes de Beedle Le Barde. Face à la faucheuse, aux circonstances et détails de sa venue, personne n'en menait large généralement. C'est ce que les gens disent... qu'elle soupire dans un sourire triste, un brin sarcastique à son tour sans vouloir blesser son amie. Cependant, elle avait raison sur autre chose la Deveraux. C'est trop tard, de toute façon, j'aurais du me taire. c'est dit d'une colère dirigée toute contre elle-même. Elle avait été idiote de lui dévoiler même en partie le sujet de sa vision. Elle aurait pu mentir, ou simplement garder le silence prétextant que ça n'était pas d'importance. Mais non : c'était sorti tout seul sans qu'elle puisse lutter contre. Quelle abrutie. Son professeur allait la sermonner à nouveau d'avoir été si imprudente : les voyants se devaient de préserver les autres des choses affreuses que leur double vue les laissait entrevoir. C'était comme une règle d'or, un fil de conduite qu'elle ne cessait d'enfreindre. Est-ce que... Est-ce que ça t'est déjà arrivée de te le demander ? Comment tu allais mourir ? C'est au fur et à mesure qu'elle les prononce que Marianne se rend compte à quel point ses mots sont stupides. Et qu'elle-même n'est pas mieux de poser cette question. Elle se rattrape avant que Pimprenelle ne puisse répondre. Non. Ne dis rien. rajoute-t-elle un peu sèchement. Elle ne voulait pas savoir, ne voulait pas remuer le couteau dans la plaie ou encore nourrir une curiosité malsaine qu'elle aurait pu faire naître chez Pimprenelle malgré elle. Le simple fait de continuer sur ce même sujet de conversation l'empêche de voir autre chose que le visage de son amie couvert de sang. Même lorsqu'elle la regarde à présent, elle se souvient des gouttes et des chemins que ces dernières avaient prises le long de ses pommettes. Marianne ferme les yeux pour penser à autre chose et les réouvre. On peut parler d'autre chose tu crois ? qu'elle finit par lui demander, préférant fuir le sujet que le confronter si frontalement. Elle aurait tout le loisir d'en faire le tour une fois chez elle et ce, sans compromettre Pimprenelle. Tu crois qu'ils servent dans les toilettes ? ajouta-t-elle avec légèreté, l'air de plaisanter bien qu'au fond, c'était une vraie interrogation. L'optique de boire sa tisane sur le sol des toilettes du Célestin la faisait rire un peu tant la situation était incongrue. De quoi faire rire Olympe quand elle le lui raconterait plus tard.

22 novembre 1927
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MARIANNE & PIMPRENELLE


Elle ne s’était jamais assise à même le sol dans des toilettes. Peut-être chez elle là fois où elle avait été malade en en vomir ses tripes après avoir mangé un truc qui de prime abord ne lui avait pas semblé si frais que cela. Mais elle ne s’était jamais vue assise à même le sol dans les toilettes du Café Célestin, ça non. Il fallait bien une première fois à tout. Une première fois avec une amie, à parler dans les toilettes d’un café. C’était bien le genre de chose que l’on ne fait pas avec une illustre inconnue, en l’occurrence c’était une amie. Une très bonne amie, l’une des rares. Donc l’une des précieuses amies.  Une amie, mais même si elle pouvait entrapercevoir la famille Deveraux et sa magie noire. Elle ne pouvait que gratter à la surface, incapable d’imaginer ce dont Pimprenelle était capable. Ils avaient mille et une façons de passer l’arme à gauche, parfois il suffisait d’une erreur de sortilège, d’incantation, d’un sacrifice mal calculé, d’une rune mal tracé. C’était tellement précis, que les erreurs étaient souvent fatales. 'Ne dis pas ça... Tu vas t'attirer le mauvais oeil. ' Elle a envie de rire Pimprenelle. ‘Le Mauvais œil’, les Deveraux vendaient presque littéralement leurs âmes au diable en pratiquant des magies qui n’avaient rien de très catholiques et qui pour une majorité de sorciers étaient considérées comme trop dangereuses voir même contrenature. Alors ‘le mauvais œil’, ça la fait sourire. Elle n’avait pas peur du destin Pimprenelle, jusqu’ici elle se disait qu’il avait plutôt été clément avec elle, et que si les choses devaient prendre une autre tournure, elle aurait eu sa part de chance.  Elle estimait sa amie moins chanceuse qu’elle avait un don aussi prenant et envahissant. Alors, elle faisait de son mieux pour essayer de lui faciliter un peu la tâche. Elle lui proposa  peu  de rafraichissement, des fois que. 'Ça va aller pour le moment, j'ai juste peur de rendre ma tisane dans l'immédiat. ' Ah, oui. En effet. Pimprenelle avait toujours l’estomac bien accroché, normal quand on grandit et qu’on a l’habitude d’avoir les mains couverte de sang au sens littéral. Elle décroche cependant une petite mine dégoutée, comme pour essayer de faire sourire d’avantage Marianne. 'Mais merci... Peut-être plus tard ?' Quand elle voudrait, ce n’était pas une obligation, loin de là. Rien qu’une proposition, d’amie à amie.

La mort c’est un état définitif, que les gens évoquent souvent au cours de leur existence sans jamais y prêter véritablement attention. Moins on en parle, plus on a l’impression de défier la grande faucheuse comme si au contraire, en parler la faisait se rapprocher d’avantage.  Pimprenelle ne croyait pas à ce genre de superstition. Ne pas évoquer une chose ne la rendait pas moins dangereuse. Comme évoquer quelque chose ne la rendait pas plus inoffensive. Elle se fichait bien de la mort, celle des autres surtouts. La sienne, c’était un peu plus problématique. Pimprenelle avait toujours aspiré à plus, elle ne voulait pas rester une simple gouvernante dans sa vie. Et si elle devait mourir comme une simple gouvernante, c’est ça qui la gênerait le plus dans sa mort. 'C'est ce que les gens disent..' Beaucoup de gens étaient angoissé par leur propre mort, c’est pour ça que les voyantes (et surtout les charlantantes qui se faisaient passer pour de vraies détentrices du mauvais œil) faisaient bien souvent fortune. Il fallait appuyer sur les peurs des gens pour faire recette. C’était une astuce bien connue des commerçants. 'C'est trop tard, de toute façon, j'aurais du me taire.' Pimprenelle hoche la tête de gauche à droite. Elle n’ose toujours pas lui prendre la main pour la réconforter, ne voulant pas provoquer de nouvelle vision chez elle. Son état était déjà assez préoccupant pour en rajouter une couche. ‘Je vais mourir, tu as raison, on meurt tous.’ Ajoute-t-elle. Elle n’a pas précisé, ni quand, ni comment. Bien sur son horreur pouvait laisser présager qu’elle n’était pas à quatre-vingt hivers passé au fond d’aller avec une magnifique chevelure argentée. 'Est-ce que... Est-ce que ça t'est déjà arrivée de te le demander ? Comment tu allais mourir ?' En faisant quelque chose de grandiose. Elle s’était déjà dit qu’un jour elle mourrait peut être en jetant une incroyable malédiction. Peut être. Elle ne savait pas. 'Non. Ne dis rien.' Elle obéit Pimprenelle, elle ne dit rien. Elle respecte son amie, suffisamment pour ne pas la contredire sur quelque chose qui lui tenait réellement à cœur. Une part de Pimprenelle voulait en savoir plus. Une part d’elle voulait savoir, quand, ou et comment. Elle aimerait pouvoir se préparer, parce qu’elle se disait que le futur n’était pas immuable et que rien n’était gravé dans le marbre. Il fallait bien un peu de volonté pour parvenir à changer le cours des choses. Elle enfouie au fond d’elle cette part qui voudrait des détails pour anticiper un peu. Juste un peu. 'On peut parler d'autre chose tu crois ? ' Elle hoche positivement la tête, s’essayant rassurante. 'Tu crois qu'ils servent dans les toilettes ?' Elle sourit Pimprenelle. Oui, c’était le plus important sourire.

Elles étaient amies. Alors, elles pouvaient parler de mille et une choses. Rien n’était impossible quand on était proche. Tous les sujets de discussion étaient possible, absolument tous. De la propreté du carrelage sur lequel elles étaient assises au dernier article du cri de la grenouille. Tout était possible. Pimprenelle savait que dans la vie, comme dans la magie la plus obscure, la seule limite était l’imagination. Pimprenelle hoche négativement la tête et prend un air presque dégouté, ‘Oh non, je vois mal ce foutu elfe guindé venir nous servir ici.’ Elle laisse échapper un rire en imaginant le petit elfe de maison un brin coincé venir les servir ici, ‘Je l'imagine déjà son air désapprobateur.’ Elle lance à Marianne un semblant d’air noir, désapprobateur, avant de perdre son sérieux et de rire de bon cœur.  Elle ne riait pas si souvent que cela Pimprenelle. Pas que les Deveraux soient des rois de la gaffes. Viola ne lui adressait presque jamais la parole. Sa mère, madame Deveraux étaient pleine de principe, de règles, et était une pince sans rire. Son père, monsieur Deveraux était presque inexistant dans sa vie. Il y avait bien Lucifer, mais ils ne riaient pas beaucoup. Parfois, ils étaient côte à côte, en silence, travaillant. Mais, avec Marianne, elle pouvait rire de bon cœur sans personne pour la réprimander ou lui dire qu’elle ferait mieux de travailler d’avantage. Parfois c’était bon de n’être qu’une jeune écervelée dans le début de sa vingtaine, sans pression ni jugement.  ‘On pourrait parler de ce superbe carrelage parfaitement glacé…’ dit-elle en passant sa main par terre comme s’il s’agissait de quelque chose de précieux, sur jouant pour tirer un rire des lèvres de son amie. ‘Tu as dit que tu avais parlé à Basile.’ Dit-elle malicieuse en cherchant son regard. ‘Parce que si tu crois qu’avec autant de théâtralité j’allais oublier, c’est mal me connaitre.’ Elle la charriait, bien entendu. Il n’y avait rien de théâtralité. C’était dramatique, mais Pimprenelle était ainsi, elle savait se montrer pleine de cynisme, mais cette fois elle essayait de le mettre au service de son amie essayant de la faire sourire un peu, voir rire. Tout était bon pour lui passer l’envie de rendre sa tisane, surtout qu’elle était face à elle, et qu’elle n’avait pas envie de finir recouverte. Elle lui sourit, malicieusement. Bien sûr, si elle ne voulait pas lui en parler, elle ne chercherait pas plus. Mais, c’était tout à fait elle, malicieuse, obstinée, indépendante, sûre d’elle, et parlant sans détour.



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๑ Parchemin envoyé Lun 3 Déc - 15:59 ๑


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๑ pimprenelle deveraux et marianne duchannes ๑
Ah que la vie était étrange parfois. Surtout en ce moment, à vrai dire. Assises dans les toilettes du Célestin, Marianne et Pimprenelle étaient à l'opposé des jeunes femmes bien élevées qui avaient partagé des boissons chaudes plus tôt dans le café. Qui aurait pu croire que la sorcière qui lisait silencieusement le Cri de la Grenouille en attendant son amie finirait à genoux dans l'une des cabines de toilettes ? Si Madame Duchannes l'apprenait, sans doute qu'elle lui passerait un bon savon en lui rappelant les moeurs et coutumes auxquelles les jeunes femmes de ce monde devaient se plier. Quant à Madame Deveraux, elle ne donnait pas cher de la peau de Pimprenelle... Mais personne ne l'apprendrait, bien sûr. Pas dans les détails néanmoins : on finirait bien par raconter l'étrange réaction de Marianne au milieu du café, et la manière avec laquelle elle s'était réfugiée puis avait été suivie par Pimprenelle aux toilettes. Le reste ne serait que des fabulations, laissées à l'imagination des sorciers. Elle s'en rend doucement compte, Marianne, qu'il faudra bien qu'elle se relève un jour ou l'autre. Et le plus tôt serait le mieux notamment pour couper court à l'imagination des autres clients. Pas tout de suite cependant, et elle jette un regard à son amie en attendant une réponse à sa question. De qui lui changer les idées, lui occuper l'esprit avec autre chose que ce qu'elle avait vu plus tôt. Le déni était toujours ce vers quoi Marianne courrait dans ce genre de situation plutôt qu'affronter ce qui la perturbait de plein fouet. Elle le ferait plus tard, dans l'intimité de la solitude et chercherait ensuite une solution quand la tempête serait passée. Là, tout de suite, elle avait besoin de se sentir normale avant tout. C'était peut-être égoïste de sa part de se concentrer sur ça plutôt que sur la mort de son amie. Ça l'était, en fait. Et Marianne s'en sentait plus mal encore, coupable d'avoir vu ce qu'elle n'aurait pas du et de réagir comme elle ne le devrait pas. Les lèvres pincées, elle lance un sourire à Pimprenelle qui tombe à l'envers malgré elle. Oh non, je vois mal ce foutu elfe guindé venir nous servir ici. qu'elle plaisante en riant Je l'imagine déjà son air désapprobateur. La sorcière se lance dans une imitation plutôt bien réussie de l'elfe de maison qui arrache d'abord un sourire à Marianne. Elle secoue la tête, amusée, mais finit par en rire doucement quand Pimprenelle continue sur sa lancée. C'était rare de la voir si libre, si fraîche alors la voyante profite de chaque seconde. Touchée plus que de mesure par sa détermination à la défaire de sa torpeur. Ça pourrait être un nouveau concept... on tient surement quelque chose. renchérit alors Marianne en souriant. C'était son truc à elle : la sorcière avait toujours été de nature joueuse, espiègle, préférant s'amuser d'un rien plutôt que se morfondre de tout. Positive et lumineuse, son amitié avec Pimprenelle n'en était que plus étonnante. Elles étaient à la fois le contraire de chacune et son complément. C'était sans doute pour cela qu'elles ne s'étaient plus vraiment lâchées depuis Beauxbâtons.

On pourrait parler de ce superbe carrelage parfaitement glacé… Marianne rit encore un peu en voyant Pimprenelle caresser le sol comme s'il s'agissait de la dernière étoffe à la mode, tentée d'en faire de même elle en oublie presque ses hauts-le coeur qui s'effacent peu à peu. De nauséeuse, elle passe simplement à vaseuse, fatiguée. Mais c'était sans compter son amie qui la réveille d'un coup. Tu as dit que tu avais parlé à Basile. Ah, oui. C'est vrai qu'elle lui avait dit ça avant que changer de sujet pour son bracelet, puis avant que tout ne s'écroule et ne l'entraine jusqu'ici. Pimprenelle avait une bonne mémoire... et le goût des priorités. Parce que si tu crois qu’avec autant de théâtralité j’allais oublier, c’est mal me connaitre. Touché. La voyante soupire en souriant. Elle n'est pas surprise bien au contraire, mais plutôt amusée que le sujet revienne dans la conversation. Parlons de Basile, oui, et pas de ce qu'elle avait vu. Plutôt remuer ce couteau là, dans cette plaie ci et pas dans l'autre. Par où commencer... tente-t-elle pour gagner un peu de temps. C'était vrai aussi : elle ne savait pas par quel bout prendre ce qui s'était passé quelques jours plus tôt. Tu connais son père. finit-elle par dire, en lui offrant un regard plein de sous-entendus, les sourcils haussés. Marianne n'avait pas besoin de s'étaler sur le patriarche Montrose car sa réputation le précédait. Ce qui n'était pas toujours une bonne chose d'ailleurs. On travaillait tard, et il ne restait plus que nous... pas que cela ne change quelque chose, c'est souvent le cas et ça ne l'a jamais poussé à m'adresser la parole pour autant. qu'elle précise, l'index levé. Il n'était pas le seul fautif, elle non plus ne lui avait pas adressé la parole pendant ces deux dernières années. Rien qui n'était pas de la simple politesse. Bonjour, au revoir, un merci quand il daignait lui tendre quelque chose, quelques pardons quand il lui bloquait le passage. Rien d'impressionnant, de quoi ne pas culpabiliser au plus. Marianne était courtoise avec tout le monde après tout. Enfin bref. Tout ça pour dire que son père est arrivé dans le bureau hors de lui parce qu'il lui manquait un dossier. elle appuie sur la chose pour en souligner le ridicule. Elle aussi avait eu le même problème parfois et jamais Casimir ne l'avait assassinée en face d'autres assistants. Et... Marianne s'arrête, parce que se remémorer la chose la met en colère à nouveau. La sorcière passe ses mains dans sa frange qu'elle peigne sur le côté nerveusement en soupirant. Je n'ai jamais entendu un père parler comme ça à son propre fils. c'est dit un peu tristement, parce que malgré tout ce détail continuait à la peiner. J'ai pris la défense de Basile en mentant à son père. Je lui ai dis qu'il était en retard à cause de moi. Et quand le Sénateur Montrose est parti, Basile m'a bien fait regretter d'avoir dit quoi que ce soit. explique-t-elle en secouant la tête de gauche à droite. Sans rentrer dans les détails, elle laissait à Pimprenelle le loisir d'imaginer l'étendue de la dispute et de la bêtise du Montrose. Marianne marque ensuite une pause, l'esprit plus du tout tourné vers sa vision mais vers ce qu'il s'était passé : au moins, Pimprenelle avait eu raison en ramenant le sujet sur la table. Elle regarde ses mains, joue avec sa bague. Je pense sincèrement qu'on ne s'adressera plus jamais la parole. Il me déteste, je le déteste. Au moins c'est clair cette fois ! finit-elle dans les aigus, un sourire aux lèvres, comme s'il s'agissait là d'une fin heureuse. Le flou qui avait accompagné ces deux années l'un en face de l'autre au Sénat était maintenant levé. Et les " et si " qu'elle s'était naïvement demandé n'avaient plus lieu d'être. L'affaire était, à ses yeux, définitivement close. Basile et elle n'avaient plus rien à se dire. Le dire à voix haute avait quelque chose de final et la sorcière ne savait plus bien si elle se sentait mal encore à cause de son don ou de ce qu'elle venait de raconter. Marianne préféra la première option à la seconde, s'en convaincant même. Retrouvant les yeux de son amie, elle lui lança un nouveau sourire d'un air de dire que tout allait bien. Si ça n'était bien sûr, pour son mal de tête. Quant à sa fatigue, la sorcière se mit à bailler ramenant le dos de sa main devant sa bouche : elle ne s'en tirerait qu'après une bonne nuit de sommeil de ce côté là.

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MARIANNE & PIMPRENELLE


Elle était curieuse Pimprenelle, de la relation Basile et Marianne. Elle-même n’avait pas vraiment eu de petit-ami. Enfin, elle en avait eu un, un semblant de petit ami, outre atlantique, sans que l’on puisse vraiment parler de relation. Ça avait été bref, fugace, et brutal. La fin avait été brutale, Pimprenelle n’imaginait pas la brutalité de ce qu’elle avait oublié, et c’était pour le mieux, ou le moins pire. Mais, du coup, Basile, Marianne, l’idée qu’ils se cherchent depuis tout ce temps était intrigante. Pimprenelle pouvait deviner à la façon dont elle en parlait que cette page de leur histoire n’était pas complètement close. Elle l’enviait un peu, d’avoir des émotions telles. Pimprenelle n’avait jamais ressentis ces émotions. Sans doute que Marianne avait été amoureuse, c’était aussi une chose qu’elle pouvait lui envier. Même si, d’après sa mère ‘l’amour n’est qu’une illusion destinée à nous faire commettre des erreurs et à se fourvoyer’.  Si elle est indépendante, si elle est forte, elle n’a pas besoin de tomber amoureuse. C’était la philosophie de Pimprenelle, ne pas se résumer à exister au travers de quelqu’un d’autre. Bien sûr Marianne ne se résumait pas à Basiile, loin de là. 'Par où commencer...' Il y avait donc tant à dire que cela ? Voilà qui promettait d’être croustillant !

Pimprenelle se cala bien contre le mur derrière elle, prête à écouter son amie. Elle aimait les potins, ce n’était pas une commère comme leur voisin sur la place Dauphine, mais elle aimait toujours laisser trainer ses oreilles au besoin. Toutes les informations sont bonnes à prendre. Mais en l’occurrence il s’agissait de son amie, elle avait besoin d’en savoir d’avantage, pour l’aider à prendre une décision, ou donner un conseil.  ' Tu connais son père.' Bien sûr qu’elle connaissait le Sénateur Montrose, et ce n’était pas ce qu’elle pouvait qualifier comme étant le plus aimable des hommes. Lui-même avait déjà remis en cause les capacités éducatives de la jeune gouvernante parce qu’elle était une femme, et parce qu’elle était jeune. Dire qu’elle ne l’appréciait pas était un euphémisme, mais étant donné qu’il payait la jeune femme, Pimprenelle se mordait l’intérieur de la joue pour ne pas lui dire ce qu’elle pensait. ' On travaillait tard, et il ne restait plus que nous... pas que cela ne change quelque chose, c'est souvent le cas et ça ne l'a jamais poussé à m'adresser la parole pour autant.' Elle le précise, comme si c’était nécessaire. Pimprenelle sourit simplement. ' Enfin bref. Tout ça pour dire que son père est arrivé dans le bureau hors de lui parce qu'il lui manquait un dossier.' Et il n’en fallut pas plus à Pimprenelle pour comprendre que le Sénateur avait haussé la voix. C’était le genre d’homme à parler, hurler beaucoup, à faire preuve d’autorité pour rappeler aux autres qu’il était le chef. ' Et...' Elle semble… s’énerver ? Pimprenelle fronce les sourcils. ' Je n'ai jamais entendu un père parler comme ça à son propre fils.' Alors, elle n’avait jamais entendu sa mère parler à Pimprenelle non plus, ce n’était jamais très cordial. Tu peux mieux faire, tu étais pleine de talents, je basais mes espoirs sur toi, pourquoi baisses-tu les bras, ne peux-tu pas relever la tête quand je te parle. Sa mère n’était pas le sénateur Montrose, elle était peut-être même pire. Mais, tout ce que Pimprenelle voyait c’était que ça affectait Marianne, le comportement du sénateur. Sans doute parce qu’elle tenait plus à Basile qu’elle ne voulait le dire. ' J'ai pris la défense de Basile en mentant à son père. Je lui ai dis qu'il était en retard à cause de moi. Et quand le Sénateur Montrose est parti, Basile m'a bien fait regretter d'avoir dit quoi que ce soit.' Et elle s’en étonnait ? Qu’il soit furieux contre elle ? Sacrée Marianne, elle avait tellement à apprendre du monde des hommes. Car oui, cette société était un monde d’homme, avec ses propres règles, et ils n’avaient aucunement l’intention d’en changer. ' Je pense sincèrement qu'on ne s'adressera plus jamais la parole. Il me déteste, je le déteste. Au moins c'est clair cette fois !' Elle finit tellement perché dans les aigües que Pimprenelle n’en croit pas un seul mot. Si elle s’en fichait réellement ça ne l’atteindrait pas à ce point. Elle ne la connaissait pas par cœur, mais elle la connaissait.

Tu as pris la défense de Basile.’ Répète presque Pimprenelle. C’était… stupide ? ‘Tu as pris sa défense devant son père ?’ Ca ne semblait pas être la meilleure des options. Du tout. Du tout. ‘Le Sénateur Montrose et son fils sont deux incroyables macho.’  Pimprenelle tentait de la faire comprendre quelle erreur elle avait pu faire. Les hommes étaient fiers, et ils n’aimaient pas qu’une fille leur vienne en aide, ils étaient trop fier pour ça. ‘Tu l’as blessé dans son orgueil, il n’y a rien de pire pour un homme.’ Elle esquisse une moue en disant cela. Les hommes, leur orgueil, leur virilité, il n’y avait rien qu’ils n’aimaient plus que cela. Les femmes fortes, les femmes ayant un avis, les femmes leur venant en aide, il n’y avait rien qu’ils ne détestent plus. Pimprenelle était de ces jeunes femmes précurseurs sur leur époque qui voulaient venir à bout de ces idées préconçue et patriarcales. ‘Tu l’aurais directement frappé à l’entre-jambe, l’effet escompté aurait été le même.’ Elle esquisse un sourire Pimprenelle.  Elle essayait d’être délicate, un minimum. Mais, elle ne l’était pas forcément. Elle était toujours assez brute, mais frapper un homme dans sa virilité, au sens littéral ou imagé, c’était pareil pour eux. C’était douloureux. ‘Alors, il te déteste pas, il est peut être juste… blessé.’ Elle hausse les épaules, comme si elle disait quelque chose qui était à prendre ou à laisser. Pimprenelle ne connaissait pas personnellement Basile, elle ne faisait que le croiser à la Maison Montrose quand elle y travaillait. Il n’avait jamais été désagréable avec elle. ‘Ca n’a pas l’air d’être un mauvais bougre. Je veux dire par là que de ce que je vois à la Maison des Montrose, ça semble être quelqu’un de…’ Elle ne dirait pas ‘bien’ parce qu’il avait dit des horreurs sur Marianne quand ils étaient à Beauxbatons, ‘Supportable.’ Ajoute-t-elle avait avoir cherché ses mots.  Tous les garçons et hommes de ce monde n’étaient pas ‘supportable’. Pimprenelle avait du mal à supporter les gens qui avaient autant de caractère qu’elle. Comme disait Lucifer ‘ça allait finir par lui jouer des tours’, cette détermination qu’elle avait à ne jamais plier dans l’adversité. Un jour, peut-être. Sans savoir qu’elle l’avait déjà payé par le passé, mais juste oublié.  ‘Mais tu ne le détestes pas, si tu le détestais ça ne t’énerverais pas à ce point. Ça te passerait au-dessus de la tête, et tu n’en aurais rien à faire, comme de la première chaussette de la fée Mélusine !’ Elle hoche la tête pour appuyer ses propos, il fallait qu’elle s’en rende compte, elle ne le détestait pas, sinon elle n’en parlerait pas de la sorte.



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๑ Parchemin envoyé Mar 4 Déc - 23:47 ๑


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๑ pimprenelle deveraux et marianne duchannes ๑
Dans un soupire, elle regarde Pimprenelle bien heureuse de l'avoir à ses côtés. Bien sûr, si elle n'avait pas été là cette après-midi elle n'aurait sans doute pas eu cette vision : mais son don avait d'autres moyens de lui faire voir ce genre de choses. Peut-être aurait-elle fini par en être témoin dans un rêve en pleine nuit. Si elle ne l'avait pas contrôlé aujourd'hui, demain n'aurait pas fait de différence. Alors si Marianne avait eu cette révélation, c'est que c'était écrit quelque part qu'elle devait le voir. La manière et le lieu importaient peu. Quitte à en être victime, cependant, autant que cela soit en compagnie de son amie... même assises à même le sol dans d'un des cafés guindés de la capitale française. Alors Marianne était contente malgré tout, de pouvoir compter sur Pimprenelle. La sorcière n'avait pas fuit devant sa vision, elle ne l'avait pas non plus laissée seule face à ce qu'elle avait vu : elle l'avait suivie, mieux encore elle était restée même après que Marianne lui ait dit l'avoir vu mourir ce qui aurait fait fuir n'importe quelle autre sorcière. Mais Pimprenelle n'était pas n'importe qui. Son visage de porcelaine cachait une femme forte qui continuait de l'étonner à chaque fois qu'elle passait un peu de temps avec. Tantôt d'une dureté impressionnante, du genre à faire flancher l'homme le plus arrogant, tantôt d'une bienveillance qui échappait pourtant à son caractère. Marianne avait de la chance de pouvoir la compter parmi ses amies. Tu as pris la défense de Basile. elle sent que Pimprenelle a du mal à y croire, pourtant c'était bien le cas et Marianne hoche la tête en déviant le regard. Même elle peinait à comprendre quelle mouche l'avait piquée. Tu as pris sa défense devant son père ? et elle secoue la tête encore une fois dans un rire qui ressemble plus à un souffle. C'était complètement fou... presque stupide. Mais cela avait été plus fort qu'elle. Le Sénateur Montrose et son fils sont deux incroyables macho. cette fois, elle ne rit pas parce que Pimprenelle a terriblement raison. L'un comme l'autre avait un problème d'égo. Comme quoi, la pomme ne tombait jamais bien loin de l'arbre. Être élevé par un homme aussi... spécial que le Sénateur Montrose devait bien laisser des traces. Et pas des plus plaisantes. Tu l’as blessé dans son orgueil, il n’y a rien de pire pour un homme. Tu l’aurais directement frappé à l’entre-jambe, l’effet escompté aurait été le même. Et bien, ne pouvait-il pas s'en relever sans faire de vague ? Combien de femmes avaient été blessées dans leur orgueil par des hommes sans en faire tout un foin ? Qu'avait l'orgueil d'un homme que ne possédait pas celui d'une femme ? Marianne bouillonne, en vérité. Parce qu'elle n'avait rien fait de mal et si interrompre ce qu'elle avait perçu comme une injustice méritait la prison, alors qu'on l'y jette sans plus cérémonie. Elle ne changerait pas d'avis sur ce point là : elle avait fait ce qui était juste. Le Sénateur et son fils n'avaient qu'à épaissir un peu leur cuir au lieu de s'offusquer de la moindre entaille dans leur orgueil. Mais la colère de Marianne se dissipe en voyant les grimaces que lui fait Pimprenelle dont elle rit sincèrement. Alors, il te déteste pas, il est peut être juste… blessé. Oh, elle n'y avait pas pensé à ça. À vrai dire, elle n'avait vu que l'amertume et la colère de Basile ce soir là. Rien d'autre. Elle n'avait entendu que son aversion, n'avait perçu que ses mots blessants et ses sous-entendus plus encore douloureux. Blessé ? Lui ? Pour une question de fierté ? Ça ne l'étonnait pas tant que ça, mais ça ne pardonnait pas tout non plus. Ca n’a pas l’air d’être un mauvais bougre. Je veux dire par là que de ce que je vois à la Maison des Montrose, ça semble être quelqu’un de… Supportable. Tant qu'il ne lui parlait pas pensait-elle très fort, persuadée de détenir la vérité. Elle l'avait blessé... et alors ! Il l'avait blessé en premier, et bien plus que dans sa fierté. Si Marianne devait être une enfant, ce serait sans doute face à ce problème : elle n'en démordait pas, de mauvaise foi. Basile lui avait fait du mal, s'en était vanté et continuait à le faire. En témoignait ce qu'il avait laissé glisser face à elle sans trembler. "Le petit con qui avait la langue trop pendue." Elle n'aurait pas mieux dit. Et pourtant. Elle sait que Pimprenelle a raison. Que tout n'est que question de point de vue. Elle sait aussi qu'elle était elle-même allée trop loin ce jour là, qu'elle n'aurait pas dû s'emporter. Mais il l'avait blessée aussi, elle qui pensait si bien faire. Et Marianne n'avait rien trouvé de mieux à faire que de mordre à travers ses mots bien choisis et de lui lancer son foutu dossier au visage. Et ça, même si elle l'avait vu flancher sur son siège. Le visage entre les mains. Un tableau qu'elle n'oubliait pas et pour lequel elle se sentait terriblement coupable. Mais tu ne le détestes pas, si tu le détestais ça ne t’énerverais pas à ce point. Ça te passerait au-dessus de la tête, et tu n’en aurais rien à faire, comme de la première chaussette de la fée Mélusine ! Touché.

Marianne se pince les lèvres en soupirant. Elle grommèlerait presque que Pimprenelle avait toujours raison, mais se retient. Ça ne serait pas juste de s'en prendre à son amie pour le simple fait de pointer du doigt les mensonges qu'elle tentait de se faire rentrer dans les méninges. Basile te déteste et tu le détestes aussi, c'était tout ce qu'elle avait trouvé pour ne pas en être triste. Remplacer la peine par la colère était plus facile que de se demander pourquoi cela lui faisait autant de mal. Venant d'une autre personne, Marianne aurait simplement essuyé ses épaules l'air de rien et s'en serait partie loin d'être blessée. C'était différent avec lui. Même après tout ce temps. Et pourquoi ? C'est pourtant le cas... qu'elle soupire en se passant une main sur le visage. La rechute semblait si loin maintenant que Basile était le centre de leur conversation. Comme si le sujet lui était si personnel et prenant qu'elle ne pouvait plus véritablement se concentrer sur autre chose. Il faut bien être en colère pour détester quelqu'un. Elle n'avait pas tord sur ce coup là, mais était loin d'avoir totalement raison. On pouvait détester quelqu'un pour bien des choses et la colère n'était jamais qu'une réaction à une multitude de possibilités. Si c'était possible de changer la répartition des bureaux, sans doute ferait-il son possible pour être le plus loin possible du mien. Voir carrément changer de bâtiment. Elle lâche un rire mauvais. Et ce serait certainement mieux comme ça, plutôt que l'avoir en face de moi tous les jours. Depuis ce soir là l'atmosphère est si pesante... Elle avait même l'impression de ne plus pouvoir bouger sans que cela ne l'agace. Marianne s'imaginait surement beaucoup de choses, il lui arrivait parfois de se dire que le moindre bruit venant de sa part devait arracher à Basile un frisson d'exaspération. Tout comme elle laissait ses oreilles trainer malgré elle dès qu'elle entendait sa voix prête à surgir s'il avait le malheur de faire un commentaire sur elle. Depuis ce jour là, elle était à cran et cela en devenait éprouvant. L'ignorer sans animosité était bien plus facile que rongée par une plaie aussi récente. Elle est prête maintenant à se lever Marianne, comme revigorée par le tourbillon de sentiments que faisait ressurgir cette conversation. Ce qu'elle fait avec maladresse, chancelante et pâle mais déterminée. Puis si m'être emportée veut dire que ça ne me passe pas au dessus de la tête, alors c'est vrai pour lui aussi. Et ça... j'en doute. Sur ce point, Pimprenelle pouvait lui avancer n'importe quelle théorie que Marianne n'y croirait pas. C'était trop tard pour ce genre de révélation. Rancunière et susceptible, si la possibilité de l'avoir blessé au fond l'embête et l'attriste, Marianne est trop têtue pour voir autre chose que le regard noir qu'il lui avait lancé. Un regard qu'elle n'avait pas mérité. À présent debout, la jeune sorcière s'appuie cependant sur les murs de la cabine pour ne pas tomber les jambes encore incertaines. Regarde, ça m'énerve tellement que je m'en relève. rit-elle finalement, pour alléger l'ambiance qui s'était perceptiblement tendue alors qu'elle avait vidé son sac abruptement.

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Les demoiselles parisiennes

MARIANNE & PIMPRENELLE


Pimprenelle n’avait pas beaucoup d’amis, pas vraiment. C’était un produit rare, précieux. Elle avait Gwendoline, d’abord ça avait été par intérêt quand son frère lui avait parlé des propriétés intéressantes en magie noire du sang de loup garou, mais sincèrement, honnêtement, Pimprenelle s’était attachée à elle, aussi solidement que possible.  Et il y avait Marianne, un peu plus âgée qu’elle. Souvent, elle l’enviait, sa vie à elle qui semblait plus normale que la sienne. Aspirer à la normalité, c’était une pensée insultante selon les Deveraux, surtout selon sa mère, et aussi selon Viola. Une fois doit aspirer à plus que ce que le monde est prêt à lui offrir, à prendre ce qu’on lui refuse sans ménagement. Mais, Marianne venait d’une famille où tout semblait, on peut plus normal. Sa famille avait un commerce florissant tout ce qu’il y avait de plus  normal, parfois, Pimprenelle enviait cette normalité. On se dit que chaque famille possède ses histoires cachées, ça elle n’en doute pas, mais elle se dit qu’à priori un peu de simplicité était bénéfique.  Pimprenelle n’était en rien simple. Solitaire, arrogante, aimant la compagnie des livres, l’obscurité de la nuit, l’odeur du réglisse et du sang, elle n’avait pas eu ce qu’on pouvait appeler une scolarité épanouissante, manquant bien des étapes de la vie d’une adolescente, comme l’histoire de cœur que Marianne trainait encore après toutes ces années. C’était abstrait pour Pimprenelle, c’était comme suivre un roman dont elle voulait connaitre la suite.

Sa mère la flagellerait sur place en voyant qu’elle portait autant d’intérêt à cette discussion. Viola la sermonnerait. Lucifer lui dirait que c’était inutile de s’intéresser aux garçons de cette façon et que Marianne avait raison, qu’ils étaient tous d’arrogant crétins.  Aux vues du comportement du seul garçon qu’elle avait ‘connu’ – très brièvement mais suffisamment, elle pouvait se dire que sa famille avait définitivement raison, il n’y avait pas de temps à perdre avec ces sornettes. 'C'est pourtant le cas...' Quoi, qu’elle le détestait ? Pimprenelle détestait quelqu’un, vraiment. C’était viscéral. Ca ne ressemblait pas à ce que Marianne lui racontait, elle n’en parlait pas de la même façon que Marianne. Elle semblait… atteinte. Vraiment. Affectée.  Ses gestes trahissent un peu sa nervosité. 'Il faut bien être en colère pour détester quelqu'un.' Il fallait plus que de la colère pour détester quelqu’un. Il fallait ce quelque chose viscérale qui vous prenait à la gorge, nouait votre estomac et vous poussait à bout. Ce n’était pas juste de la colère qu’il fallait pour détester quelqu’un. Il fallait bien plus.  La colère ne suffisait pas. 'Si c'était possible de changer la répartition des bureaux, sans doute ferait-il son possible pour être le plus loin possible du mien.' Elle laisse échapper un rire. Pimprenelle fronce les sourcils, intriguée. Elle ne voulait vraiment pas le voir ? 'Et ce serait certainement mieux comme ça, plutôt que l'avoir en face de moi tous les jours. Depuis ce soir là l'atmosphère est si pesante... ' Quelle vie sordide. Etre condamnée à travailler en face d’un Adonis arrogant toute la journée. Certes, il était arrogant, mais tous les hommes l’étaient. Les crèmes, les adorables, les gentils, les serviables, ça n’existait pas.  Pimprenelle ne croyait pas à ces princes charmants de conte de fée, elle ne croyait pas aux princes. Ni aux hommes charmants. Pimprenelle ne croyait à rien au final, sauf à la magie et au diable.  Se voulait-elle la face ? Elle en doute. Elle lève les yeux quand elle voit soudainement Marianne se lever, comme incapable de tenir en place. 'Puis si m'être emportée veut dire que ça ne me passe pas au dessus de la tête, alors c'est vrai pour lui aussi. Et ça... j'en doute.' Elle entend des mots, mais rien de logique. Elle parle, mais elle cherchait encore des excuses. Elle voit Marianne tituber un peu, et s’appuyer contre le mur, alors, son amie se lève pour la soutenir, au cas où. Elle n’avait aucune idée de ce qu’il pourrait se passer, si elle était en mesure de tenir véritablement debout seule. 'Regarde, ça m'énerve tellement que je m'en relève.' Ah les excuses. Pimprenelle rit finalement avec elle, essayant de prendre le train de la détente avec elle. Pimprenelle sourit. Elle sourit, pourtant au fond, les mots de Marianne quant à sa mort faisaient leur bonhomme de chemin…

Si tu es en colère, c’est parce que ça te blesse.’ Dit alors simplement Pimprenelle. Elle n’y connaissait rien aux histoires de cœurs, mais ça ressemblait à n’importe quelle autre relation, amicale, familiale. ‘Si ça te blesse, c’est que ça compte.’ Elle se disait que c’était comme ça. On se met à en vouloir à quelqu’un parce que ça nous blesse, parce qu’au final sa compte. Elle détestait sa mère, Madame Deveraux parfois, parce qu’elle était très dure avec elle. Elle se disait aussi que ça ne devait pas l’atteindre parce qu’elle ne se résumait pas à ce que sa mère pensait d’elle, mais, ça l’atteignait, parce que ça comptait pour elle, l’avis de sa mère, simplement parce que c’était sa mère, et qu’elle était censée être importante.  ‘Et si ça compte, si ça compte vraiment, alors ça vaut bien la peine de vous accorder le bénéfice du doute sur votre soit disant haine réciproque.’  Elle n’était pas experte en relation humaine, Pimprenelle préférait la solitude à la vie en société. Sûre d’elle en apparence, elle se satisfaisait d’avantage d’aucun regard posé sur elle que du jugement des autres.  ‘Mais je ne fais que soulever une hypothèse.’ Dit-elle, confessant innocemment son manque d’expérience sur le sujet. Elle n’était pas experte, elle n’était pas attiré par qui que ce soit. Le peu de garçon qu’elle croisait avait le don de l’exaspérer au plus haut point.  C’était pire depuis cet été, elle supportait de moins en moins, à fleur de peau sans savoir pourquoi. Le pourquoi était enfoui au plus profond de son esprit, comme un sournois démon tapis dans l’ombre et tirant les ficelles jusqu’à ce qu’elle suffoque.  Elle allait ajouter maladroitement qu’elle n’y connaissait rien, donc que son avis valait ce qu’il valait… ‘Tu sais moi je n’y conn-‘ Connais rien. Elle s’interrompt quand quelqu’un frappe à la porte, et lance un, ‘Mesdemoiselles, tout va bien ?’ L’elfe serveur guindé. Pimprenelle se redresse et tente de prendre un air aristocratique en imitant une sorte de révérence maladroite. ‘Mademoiselle Duchannes souhaiterait-elle retournée s’installer dans un endroit plus… séant ?’ Un ton faussement aristocratique. Pimprenelle savait aussi dévier les conversations quand bon lui semblait passer à autre chose. Elle n’aimait pas parler de ce qui lui était étranger, c’était comme mentir en prétendant y connaitre quelque chose. Ce n’était pas du tout son genre.



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๑ Parchemin envoyé Dim 9 Déc - 23:49 ๑


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Debout contre le mur des toilettes, Marianne a la tête qui tourne mais reste droite dans ses chaussures. Ça allait passer. Ça passait toujours. Elle en avait l'habitude depuis le temps et ce qui changeait seulement c'était la violence des rechutes : plus ça l'atteignait elle plus c'était dur de s'en relever. Si souvent elle se maudissait de ne pas pouvoir voir son propre futur et passé, elle se réjouissait aussi que ça ne soit pas possible pour le moment. Et elle ne cherchait pas à le faire, convaincue par son professeur que ça ne lui apporterait que des problèmes. Parce que si voir la mort d'un proche, son passé troublant ou son futur aussi incertain soit-il lui était douloureux, alors elle n'osait imaginer l'après d'une vision sur elle-même. Marianne avait peur de cette partie de son don, tout comme des visions intrusives : pourtant elle devait vivre avec ses démons, devait apprendre à les maîtriser même si parfois elle avait envie de tout laisser tomber. Seule la technique la sauverait de la solitude ou de la folie que subissaient certains voyants. Et c'était bien plus facile alors de lâcher prise et d'abandonner, mais la sorcière ne pouvait pas se le permettre. S'en suivrait une descente aux enfers pour laquelle elle n'était pas prête et ne le serait jamais. Remontée contre celui qui occupe ses pensées depuis quelques jours, elle a le coeur qui bat fort et le sang qui lui monte à la tête. Quelle idée idiote elle avait été de lui venir en aide. Il ne la méritait pas. Mais ça, elle avait mis un temps fou à le comprendre Marianne. Parce qu'elle s'était accrochée à une image qu'elle avait eu de lui, après toutes ces années elle s'était dit qu'il avait grandi et que l'abruti fini qui avait tout gâché serait suffisamment mature pour ne serait-ce que la remercier et s'en arrêter là. Force était de constater que ça n'était pas le cas. Mais mine de rien, les mots de Pimprenelle ne tombaient pas dans l'oreille d'une sourde. Elle n'avait pas tord. Pas totalement. Elle avait même un brin raison. Basile n'était pas quelqu'un de mauvais, et avoir pris sa défense en face de son père n'avait pas été son idée la plus brillante. Elle comprenait, au fond, qu'elle ait pu le blesser (quand bien même elle n'avait aucune idée réellement de ce qui pouvait le pousser à en être froissé, l'égo des hommes lui restait bien mystérieux) sans parvenir à s'en sentir coupable. Il avait été le premier à la mordre avec ses mots si tranchants et elle... elle n'avait rien trouvé de mieux que d'y répondre avec autant de rancoeur. Si elle était coupable, ça n'était pas de l'avoir aidé mais de ne pas avoir été assez clairvoyante pour ne pas rentrer dans son jeu. Elle en avait dit aussi des horreurs ce soir là.

Alors qu'elle assimile encore les paroles de Pimprenelle, celle-ci capte à nouveau son attention. Si tu es en colère, c’est parce que ça te blesse. Bien sûr. Sur ce point là, elle avait raison et Marianne ne se voilait pas la face : du moins pas à ce point là. Elle était blessée elle aussi, plus loin que dans son égo cependant. Basile... c'était compliqué. Elle-même n'arrivait pas bien à savoir où le ranger, ce qui l'avait toujours agacée parce qu'elle aurait préféré avoir des sentiments bien tranchés pour lui plutôt qu'un espèce de brouillard informe. Est-ce qu'elle se fichait de lui, est-ce qu'elle l'appréciait, est-ce qu'il l'agaçait, lui faisait de la peine ? Est-ce qu'ils pouvaient être plus que des collègues, étaient-ils condamnés à n'être que des inconnus ? Ne pouvaient-ils pas être amis ? Est-ce qu'elle le détestait ? (Oui) C'était la seule réponse qu'elle avait trouvé. La seule qui faisait sens du moins, surtout depuis leur dispute. Pimprenelle reprend. Si ça te blesse, c’est que ça compte. Et pourquoi ça compte ? Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement passer à autre chose et l'ignorer de but en blanc : ce serait si simple alors. Et si ça compte, si ça compte vraiment, alors ça vaut bien la peine de vous accorder le bénéfice du doute sur votre soit disant haine réciproque. Têtue, Marianne grimace en tournant la tête. Elle n'a pas envie de faire face à la vérité dans l'immédiat. Loin d'être vexée par les propos de Pimprenelle elle ne sait tout simplement pas comment... les prendre, les assimiler. Quoi faire de ce qu'elle venait de lui proposer. Remettre en doute le fait qu'elle le détestait, et qu'il était clair que lui aussi ? C'était pourtant la seule chose dont elle était presque sûre à propos de Basile. Ce serait retourner en arrière que de s'avouer que rien n'était certain. Et Marianne avait besoin de savoir quoi faire de lui. Parce qu'elle le voyait tous les jours, passait plus de temps à quelques mètres du sorcier que dans son propre foyer. Deux ans dans l'obscurité c'était déjà trop. Mais je ne fais que soulever une hypothèse. Mais Pimprenelle était quelqu'un de brillant, alors même une simple hypothèse pouvait revêtir des habits de vérité. La voyante se pince les lèvres, les bras qui viennent se croiser sous sa poitrine, pensive. Elle n'était pas dans le faux. Le vrai était juste trop compliqué pour qu'elle décide de s'y aventurer. Tu sais moi je n’y conn- La Deveraux allait continuer quand on frappe à la porte des toilettes, Marianne, elle, se crispe et déjà pense qu'il serait temps de sortir d'ici. De regarder son visage dans un miroir pour en effacer les dernières traces de sa rechute. Mesdemoiselles, tout va bien ? Et elle reconnait immédiatement la voix de Godry, l'elfe dont Pimprenelle avait parlé plus tôt ce qui lui arrache un sourire enchanté par son apparition soudaine. Amusée, surtout, que ça soit lui qui vienne les chercher alors qu'elles en avaient parlé juste avant. Mademoiselle Duchannes souhaiterait-elle retournée s’installer dans un endroit plus… séant ? Marianne s'empêche de rire au ton que Pimprenelle emploie, pose même la même sur ses lèvres pour y maintenir un éclat avant de se reprendre et de réponse à Godry plus qu'à Pimprenelle. Tout va bien merci. Pourriez-vous veiller à ce que nos boissons restent chaudes ? Sa demande, elle s'en fiche en réalité. C'était une manière de garder l'elfe et ses oreilles loin des toilettes, et de lui faire comprendre qu'elles ne tarderaient pas à sortir. Bien Mademoiselle. lâche-t-il avant que le silence en suivant ne leur indique qu'il était parti. Marianne en profite pour enfin sortir de la cabine, invitant Pimprenelle à en faire de même en lui tenant la porte ouverte. Le malaise était passé, la migraine mettrait plusieurs heures avant de disparaître totalement. Parler de Basile avait été une bonne... distraction. Et les mots de Pimprenelle s'étaient ancrés loin dans son esprit, de quoi l'y faire réfléchir un peu plus.

Devant les vasques et les miroirs des toilettes du café Célestin, Marianne se regarde pour vérifier que son maquillage avait tenu le coup. Sans surprise, c'est bien le cas : un des bons côtés d'être sorcière était que contrairement aux moldues leurs produits étaient ensorcelés pour tenir. Un avantage qui n'était pas négligeable dans ce genre de situation. Prenant appuis sur les rebords d'une vasque, Marianne regarda son amie à travers le miroir. Je vais me répéter, mais merci. commença-t-elle en souriant. Puis elle se retourna vers elle, les mains rejointes et un air désolé sur le visage. Je... Marianne cherche ses mots, hésitante. Elle ne sait pas bien par quoi commencer parce qu'elle se sent soudainement bête. Je t'apprends la pire des choses et après, on ne parle que de moi. J'ai honte. Ce qui était vrai au fond : elle lui avait dit l'avoir vue mourir, mais au lieu de plus en parler Pimprenelle avait décidé de mettre le sujet de côté et de changer les idées à Marianne. Si c'était un beau geste qui témoignait sans doute de toute l'affection qu'elle lui portait, Marianne ne parvenait pas à voir leur échange à travers les yeux de son amie : elle se sentait égoïste. Alors un peu de nulle part, elle décide de la prendre dans ses bras. Parce qu'elle ne veut pas que sa vision change quelque chose dans leur amitié, elle ne veut pas avoir peur de lui effleurer le bras, elle ne veut pas que Pimprenelle prenne peur ou qu'elle-même s'éloigne pour la protéger d'autres visions. L'enlaçade ne dure pas bien longtemps, parce qu'elle ne veut pas gêner son amie la sachant peu tactile en général. Juste assez pour lui glisser quelques mots. Je n'sais pas comment, du moins pas encore, mais je te fais la promesse de tout faire pour que ça n'arrive pas. Les nuits blanches allaient s'accumuler autant de temps qu'il le faudrait, et Marianne chercherait inlassablement une solution dans les livres de voyance chez elle mais aussi à la bibliothèque de la page volante. Elle n'en fermerait pas l'oeil, et tiendrait sa promesse. Quand elle s'écarte, elle lance un sourire à Pimprenelle. Le futur n'est jamais gravé dans le marbre, hein ? Elle n'attend pas de réponse de sa part, et ne dit ça que pour donner de l'espoir autant à son amie qu'à elle-même. Si elle le répétait sans cesse à ses clients, c'était bien parce que cela était vrai. Alors elle se devait d'y croire. Pour Pimprenelle.

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MARIANNE & PIMPRENELLE


Ça avait le don de remettre certaines choses en perspectives, d’évoquer sa propre mort. Pimprenelle ne s’était jamais vu vieillir, et mourir d’un âge avancé, paisible dans son lit. Probablement parce qu’aucunes Deveraux ne mourrait de la sorte. Meurtre, malédiction, magie du sang ratée, les causes de leurs mots pouvaient être plutôt nombreuses. Alors, ce n’était pas la nouvelle du siècle, une simple vérité qui lui est renvoyée en plein visage à l’heure du thé. Pimprenelle n’avait pas dans l’idée de vivre une vie conventionnelle, elle n’aimait pas ce que ces mêmes mœurs et conventions avaient à lui offrir, le but de sa vie était de poursuivre la sienne à la Nouvelle Orléans bien que Paris soit sa ville préférée. De l’autre côté de l’Atlantique, sur les terres du Bayou les femmes sorcières jouissaient de plus d’indépendance, et dans cette terre où avait grandi l’esclavage un vent de liberté soufflait plus qu’ici. Un jour, elle partirait, elle le savait. Il ne lui restait qu’à savoir quand, comment, et avec quel argent. Sa famille possédait encore un pied à terre, mais le vieux Carré avait causé déjà bien des torts aux Coven familiale qu’ils songeaient depuis des années à ne plus y retourner. Mais le retour de ses parents sur leurs terres donnaient de bons espoirs à Pimprenelle d’y trouver un foyer accueillant un jour.  Ici, ou ailleurs, la vie suit toujours sa course effrénée. Seule les Moires seraient en mesure de couper le fil de la vie, et la laisser retourner auprès de celui pour qui sa famille avait tout donné. Si certains aspirent au paradis, Pimprenelle n’aspirait qu’à l’enfer, c’était la terre promise des Deveraux.  Elle n’avait jamais eu les mêmes aspirations que les jeunes filles de son âge, elle avait beau envier Marianne, elle savait qu’elle ne serait jamais comme elle. Jamais.  

Pimprenelle n’aimait pas que l’on parle d’elle, certainement de sa mort. Elle avait préféré dévier la conversation sur Marianne et Basile, non sans une pointe d’intérêt. Elle pouvait un peu vivre par procuration sans trop se mouiller, c’était un peu le principe.  Elle aimait bien discuter avec Marianne des tracas de jeune fille moderne, tant qu’on ne lui demandait pas trop de conseil, ni même de parler de sa propre expérience, elle qui n’en avait pas, tout vas bien. Alors, quand l’elfe vient les interrompre elle voit là un signe du destin, il était peut-être temps de passer à autre chose. 'Tout va bien merci. Pourriez-vous veiller à ce que nos boissons restent chaudes ?' Pimprenelle en avait presque oublié pourquoi elles étaient ici. Pourquoi elles s’étaient retrouvées dans les toilettes du café Célestin, assise par terre. Mais, garder les boissons au chaud, ce n’était pas une mauvaise idée. Pimprenelle n’avait pas forcément envie de … boire. L’estomac de la sorcière était quand même nouer depuis qu’on lui avait dit qu’elle allait mourir. Ça vous coupe l’appétit, un peu. ‘Bien Mademoiselle.’  Elle entend l’elfe partir enfin. Elles étaient de nouveaux face à face. Enfin, plus ou moins. Marianne se regardait dans le miroir. Pimprenelle n’était pas du genre à se regarder dans un miroir, elle n’aimait pas forcément l’image qu’elle renvoyait, celui d’une jeune fille un peu trop fragile à son goût. Elle lève les yeux pour croiser ceux de Marianne par le biais du miroir. Quand elle lui dit, 'Je vais me répéter, mais merci.' Devait-elle lui dire encore une fois qu’elle n’avait pas besoin de lui remercier ? Pimprenelle hausse simplement les épaules, et lui rend un petit sourire. Elle la laissait la remercier, elles n’allaient pas se faire des courbettes toute la journée. 'Je...' La voilà qu’elle hésite ; et Pimprenelle savait soudainement de quoi elle allait reparler. De sa vision, et de la mort de la jeune Deveraux. Elle le sentait, à en juger par le comportement de Marianne, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. 'Je t'apprends la pire des choses et après, on ne parle que de moi. J'ai honte.' Il n’y avait pas de honte à avoir, c’était Pimprenelle qui avait décidé de changer de sujet, pas Marianne. Elle avait volontairement détourné la conversation. Elle n’avait pas à se couvrir de honte pour ça. Certainement pas, elle avait un don, et il y avait des bons et des mauvais points mais ce n’était pas à elle de s’excuser pour cela. 'Je n'sais pas comment, du moins pas encore, mais je te fais la promesse de tout faire pour que ça n'arrive pas.' Elle n’avait pas à lui promettre quoi que ce soit, et comme elle l’ajouta si bien, 'Le futur n'est jamais gravé dans le marbre, hein ?'

Pimprenelle n’avait pas envie qu’elle se confonde en excuse, ou qu’elle cherche à la sauver. La vérité était que la jeune sorcière partait du principe qu’elle n’avait pas besoin d’être sauvé ce qui en réalité n’était pas tout à fait juste puisqu’un jour elle finirait par avoir besoin d’aide pour se sortir d’une mauvaise passe, d’une très mauvaise passe. ‘Ne t’en fais pas.’ Dit alors doucement Pimprenelle. Elle ne voulait pas être sèche, même si devoir sans cesse contredire et tergiverser avec tendance à jouer avec sa patience. ‘Tu n’y es pour rien, ce n’est pas de ta faute ce qu’il risque d’arriver.’ Non, ça n’était pas de sa faute.  Ce qui arrivait dans la vie de Pimprenelle était selon elle simplement dû aux choix qu’elle faisait ; elle se plaisait à croire qu’elle était le seul maitre de son destin. ‘Je choisis mon propre chemin, je l’ai toujours fait.’ Il n’y avait rien de plus désagréable pour Pimprenelle de voir son destin choisir par quelqu’un d’autre. ‘Ne te tracasse pas avec ça, je ferais…’ Elle cherche le mot, elle n’a pas envie de dire ‘attention’ car Pimprenelle ne faisait pas attention à quoi que ce soit. ‘Je fais toujours comme bon me semble, mais je tenterais de ne faire aucun choix suicidaire.’ Lâche-t-elle à moitié convaincue. Pimprenelle sourit, elle n’a pas vraiment envie. Parler de sa mort, ça ne donnait clairement pas envie de sourire. Mais, elle ne veut pas tomber dans le mélodrame, elle lâche alors, ‘Allons finir ces boissons chaudes avant que l’elfe décide de fermer boutique !’ Plus vites elles seraient sorties d’ici, plus vite elles cesseraient de parler de la mort de Pimprenelle.  La jeune sorcière pousse la porte pour l’inviter à sortir. Il allait falloir qu’elle trouve autre chose à dire, autre chose que la mort et Basile. Enfin, rassurez-vous les filles ne sont jamais à court d’idée, de discussion, jamais.

FIN DU RP



Pimprenelle parle en 843d36

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