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c'est comme un sursaut // basile

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๑ Parchemin envoyé Lun 19 Nov - 23:31 ๑


C'EST COMME UN SURSAUT
๑ basile montrose et marianne duchannes ๑
La grande horloge au fond de la salle marque chaque seconde qui s'écoule d'un tic aussi agaçant que rassurant. C'est le temps qui file doucement, qui les rapproche de la nuit déjà tombée depuis plusieurs heures dehors maintenant - la faute à l'hiver qui s'installe. Les cheminées disséminées un peu partout dans la pièce ne servent pas qu'à chauffer leur bureau, et celles éteintes ne sont jamais allumées de peur de s'y brûler les semelles en y passant. Même si le froid a envahi Paris depuis plusieurs semaines, ici il ferait presque chaud et Marianne a depuis longtemps abandonné l'idée de venir plus qu'en robe au Sénat Magique. Son manteau est pendu près de la porte qui lui arrive de fixer avec envie, avant d'inlassablement revenir au dossier entre ses doigts. Elle était en retard et c'était pour cette raison que la Duchannes restait si tard à son bureau ce soir. La fin d'année était toujours compliquée au Sénat et annonçait de grands changements pour l'année suivante qu'il fallait étudier, décortiquer, classer, organiser, planifier, prévoir, sous-peser : les Sénateurs étaient débordés et leurs assistants aussi. Ça n'était que sa deuxième année au service de Chastel et Marianne n'y était pas encore véritablement habituée, se considérait même encore comme une novice contrairement à ses collègues qui étaient presque tous déjà rentrés chez eux à l'exception faites de Faustine et Basile Montrose. La jeune sorcière releva brièvement les yeux de son parchemin pour les poser sur ce dernier, concentré comme à son habitude. Les sourcils légèrement froncés, les lèvres pincées, il lisait un papier qui semblait important et avant de s'égarer plus longtemps à son observation, Marianne dévia son regard sur Faustine. Loin d'elle était l'envie d'attirer l'attention du Montrose, encore moins d'être prise en pleine scrutation. Pas après ce qu'il lui avait fait vivre et ces deux dernières années pendant lesquelles ils ne s'étaient pas adressés la parole alors que leurs bureaux n'étaient séparés que par le passage qui trônait au milieu de la pièce.

Faustine était sur le départ : elle rangeait rapidement quelques parchemins dans une sacoche minuscule envoûtée pour contenir plus d'une valise d'affaires. Et mis à part le tic tac de l'horloge et le crépitement des flammes, on entendait plus qu'elle dans le bureau et le bruit du papier qu'elle froissait maladroitement dans son sac. Tu pars déjà ? lui demanda Marianne en plaisantant. Faustine gloussa un petit peu avant de lui répondre, passant la lanière en cuir de sa besace au dessus de son épaule. Je ne sais pas comment vous faites pour rester là si tard, cette horloge va me rendre folle... C'est au tour de Marianne de rire en hochant la tête, Faustine avait raison. Je me sauve. À demain, bon courage. et avant qu'elle ne passe la porte, Marianne lui lança un rapide À demain Faustine, rentre bien ! tout juste coupé par la porte se refermant derrière sa collègue.

Silence. Tic tac, crépitement.

Il ne restait plus que Basile en face d'elle, alors autant dire que Marianne était seule à présent. Dans un soupire, elle se replongea dans le dossier qu'elle lisait sur la réforme d'une loi vieille de quatre cent soixante-huit ans que Casimir avait pour projet de faire changer au printemps prochain. Elle était loin d'être actuelle, et beaucoup de sorciers devaient ignorer son existence pourtant celle-ci était toujours en vigueur... La supprimer, ou la modifier ne devrait pas être trop difficile, encore moins pour le Sénateur Chastel qui savait manier les mots à son avantage. Marianne attrapa une de ses plumes pour souligner un passage intéressant quant à son histoire, la trempant dans l'encrier au préalable sans pour autant avoir le temps de faire quoi que ce soit. Son attention fut toute happée par l'entrée soudaine du Sénateur Montrose, la porte claquant presque le mur derrière elle tant celle-ci avait été ouverte avec force. Basile ! appela-t-il en marchant droit vers le bureau de son fils. Marianne se fit toute petite d'abord, pressentant la colère qui animait la voix du sorcier. Peux-tu m'expliquer pourquoi je n'ai toujours pas le dossier de l'affaire Baguenault sur mon bureau ? gronda-t-il sans ménagement avant de continuer sur le même ton. N'es-tu pas capable d'accomplir la plus simple tâche en temps et en heure ? Je t'avais dis que je le voulais aujourd'hui bon sang ! Le regard vissé sur les mots de son propre papier, Marianne relisait la même phrase en boucle, incapable de se concentrer sur autre chose que le recadrement qui avait lieu à deux pas d'elle (littéralement). Le ton monta d'un nouveau cran, le patriarche ne laissant pas la parole à son fils. Ta médiocrité me ralentie, Basile. et la violence des propos obligea Marianne à relever les yeux vers le Sénateur Montrose qui lui tournait le dos. Choquée, quelque part, qu'un père puisse parler ainsi à son fils : plus encore devant une inconnue. Elle avait été réprimandée par le sien, bien sûr, mais toujours en privé. Et avec le respect qui lui était du. Cela lui faisait de la peine alors, même si c'était Basile, celui-là même qui avait été à l'origine du harcèlement scolaire découlant de ses mensonges. Jamais niés, toujours crus, ils avaient été oubliés avec les mois par les élèves de Beauxbâtons - le harcèlement disparaissant de lui-même avec ces derniers - sans que Marianne n'oublie, elle. Sur quoi est-ce que tu travailles ? demanda le Sénateur sèchement, en arrachant des mains de Basile le papier qu'il lisait. Ses yeux s'assombrirent. Vraiment ? Tu te moques de moi... Il l'accablait sans lui laisser une chance de s'expliquer et ça n'étonnait pas Marianne : ce n'était pas la première fois que Monsieur Montrose perdait son calme de cette manière. C'était dit dans un grognement, avant que ça ne devienne un soupire plein de déception. Qu'ai-je fait pour mériter un fils pareil, tu- Ça n'était pas la première fois, mais celle de trop pour Marianne. Comme un sursaut du passé, elle s'était sentie l'âme heurtée de voir le Montrose ainsi traité et s'était levée sans un bruit derrière son bureau. Puis elle avait coupé la parole du Sénateur, non sans le regretter presque immédiatement. C'est de ma faute ! dit-elle un peu fort pour se faire entendre même si le sorcier n'était qu'à quelques mètres. Le Sénateur fit volte-face en la dévisageant mais Marianne resta droite et continua, poussée par un courage qui était le sien et certainement un peu de folie aussi. Je - J'ai demandé de l'aide à Basile. trouva-t-elle à dire sans réfléchir : parce qu'elle n'avait même pas pris le temps de se trouver une excuse valable. C'est de ma faute, je l'ai retardé. Je n'aurais pas dû. ne trouvant pas quoi dire d'autre, elle s'arrêta là. Les yeux dans ceux du Sénateur, elle n'osa pas jeter un coup d'oeil à son assistant ayant presque plus peur d'affronter son regard à lui que celui plein de colère du patriarche.

20 novembre 1927
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๑ Parchemin envoyé Mar 20 Nov - 13:26 ๑





C'est comme un sursaut.

#basiliane

Les jours se suivent, et se ressemblent. Pourquoi la déception d’hier ne serait pas présente aujourd’hui ? Pourquoi ne le serait-elle pas demain ? Travailler avec son père était plus compliqué qu’il n’y aurait cru, pourtant il savait que c’était la meilleure option pour remonter dans son estime, lui montrer qu’il pouvait progresser.Qu’il pouvait faire mieux. Qu’il pouvait être plus intéressant qu’il ne le laissait croire. Qu’il pouvait arriver à faire correctement son travail. Il voulait lui montrer qu’il était plus que le fils incapable qu’il pensait avoir. Qu’au de là que arçon qui avait perdu le tournois des Trois Sorciers, il y avait maintenant un homme capable de faire quelque chose de sa vie, de faire quelque chose de bien de sa vie.Il n’était pourtant encore qu’un petit garçon qui cherchait la reconnaissance d’un père, et il serait encore ce petit garçon pour le restant de ses jours, parce que plus le temps passait, plus il réalisait que tenter de le rendre fier était une idée vaine.

Il faisait un nombre d’heures impossibles, et il ne se plaignait pas. Combien de fois manquait-il le souper du soir parce qu’il était encore au Sénat sous une montagne de papier ? Trop de fois. Il avait parfois même l’impression de passer à côté de sa vie, tellement il n’avait plus une seule minute à lui.  Sous une montagne de dossier, le tic-tac lancinant. Il ne veut pas lever les yeux, parce qu’il n’a pas envie de croiser le regard des gens, ni de faire la conversation, il en avait par-dessus la tête, ce n’était pas le moment de perdre du temps en balivernes et autres sottises futiles. Il penchait sur un dossier. Un de ces dossiers tellement urgent que l’on vous rappelle quinze fois par jour comme si vous ne saviez pas que c’était urgent. Le Dossier ‘Baguenault’, un affaire que son père voulait dès aujourd’hui sur son bureau, mais qui devrait attendre… c’était bourré de faute, l’autre assistante n’avait pas fait son travail comme il fallait. La plume en main, il s’efforce de travailler au plus vite… Quand soudain, 'Basile !'Eh merde, c’était donc déjà cette heure-ci ? Il n’a que  le temps de lever les yeux et voir son père foncé vers son bureau. C’était comme s’il savait déjà ce qui allait se produire.'Peux-tu m'expliquer pourquoi je n'ai toujours pas le dossier de l'affaire Baguenault sur mon bureau ? '  Eh bien peut-être parce qu’il était encore entrain de travailler dessus parce que quelqu’un d’autre n’avait pas fait son travail correctement ?  'N'es-tu pas capable d'accomplir la plus simple tâche en temps et en heure ? Je t'avais dis que je le voulais aujourd'hui bon sang ! '  Il le savait, comme si les quinze autres ultimatums de la journée n’avait pas imprimé le message. 'Ta médiocrité me ralentie, Basile.' On a beau se dire que l’on ne sera jamais à la hauteur d’un père, les mots sont toujours comme un énième coup de poignard en pleine poitrine, comme si on continuait de frapper quelqu’un déjà terre. 'Sur quoi est-ce que tu travailles ?' Il n’a pas le temps de répondre qu’il lui prendre des mains ce qu’il était entrain de faire. C’était la dite affaire urgente mais qui n’était pas encore terminée. Il ne pouvait pas aller plus vite que la musique bon sang. 'Vraiment ? Tu te moques de moi... '  Basile peut lire la déception dans son regard il le sait. Il n’était pas assez rapide, pas assez bon, pas assez intelligent, pas assez sage. Rien n’était assez, il ne serait jamais la fils qu’il espérait et encore moins cela qu’il avait perdu. 'Qu'ai-je fait pour mériter un fils pareil, tu- ' Il aurait pu prédire ces mots.

Il attendit la suite, que son père lui rappelle ô combien son fils était une déception en long, en large et en travers, mais, non, c’est une voix inattendue, celle de Marianne, dont il avait très honnêtement oublié la présence devant celle de son père. 'C'est de ma faute !' Basile la regarde, surpris, mais aussi l’air un peu perdu. Mais bon sang de quoi parlait-elle ? De quoi parlait-elle ? Elle n’était en rien responsable de cette apparente incompétence. Il ne l’avait même pas entendu se lever, c’était dire. Remarquez, le ton vocal étant monté d’un cran, elle avait pu se lever sans être vue.  Le père se retourna vers elle, quand elle continua, 'Je - J'ai demandé de l'aide à Basile.' Mais par Merlin de quoi parlait-elle ? Il n’avait pas compris Basile, qu’elle essayait de lui sauver la mise. Et puis, il y eut un déclic, et il comprit. Il ne sut pas si c’était une bonne chose ou non. 'C'est de ma faute, je l'ai retardé. Je n'aurais pas dû.' Elle ne lui adresse pas un seul regard à lui, sinon nul doute que Basile lui aurait jeté un regard qui voulait dire ‘arrête toi ça va être encore pire’. Car il n’y avait rien de pire pour son père que d’avoir des excuses. Oui, lui ne comprenait pas du tout le concept des excuses. Il toisa la jeune femme, et rétorqua à son fils, l’ignorant purement et simplement. ‘Si tu passais plus de temps à travailler réellement que de conter fleurette tu serais bien meilleur.’ Les mots étaient durs, mais il était malheureusement habitué.  Il toise encore une seconde Marianne, et reporte finalement son regard sur son fils, ‘Demain matin sur mon bureau.’ Basile le fixe à son tour, et hoche la tête, ‘Bien sûr Père.’ Il n’eut pas la force de le contredire ou rien. Non, il n’y avait rien à faire. À quoi bon réfuter le ‘conter fleurette’ en sachant très bien qu’il n’en avait rien à faire. Le paternel Montrose quitte alors la salle sans adresser ni un mot, ni un regard à aucun des deux. Il n’avait pas intérêt à pointer le bout de son nez à la maison si ce foutu dossier n’était pas terminé.

Quand ils sont finalement tous les deux, Basile lève ses yeux vers elle, lui est toujours assis, le dossier un peu en vrac sur son bureau, mais qu’importe. Il a la mâchoire un peu trop contracté par l’énervement, ça se voit.  ‘Merci, mais non merci.’ Lâche alors Basile, arrogant et égal à lui-même, comme souvent. C’était toujours plus facile d’être un jeune con, qu’un jeune homme poli et agréable, surtout avec les filles. Il avait un passif avec Marianne où il avait été le fautif, mais c’était une autre époque, le garçon populaire était un peu plus effacé. Mais là, il venait d’être blessé en plein orgueil, son père venait de le rabaisser devant elle, sans prendre de gant, et elle avait voulu venir à son secours. Donc, merci mais non merci. ‘Je n’ai pas besoin de ton aide, la prochaine fois abstiens-toi si c’est pour me faire passer pour ce que je ne suis pas.’ C’est-à-dire quelqu’un de faible qui aide les autres – c’était exactement ce qui avait dû traverser l’esprit de son père.   ‘Je dois déjà gérer l’incompétence d’une secrétaire qui ne connait pas son orthographe alors, je me passerais de ton intervention me faisant passer pour un bon samaritain.’  Que je ne suis pas, faillit-il rajouter, mais ça, elle le savait déjà. Il n’avait rien du bon samaritain, pas du tout. Il était encore ce gosse arrogant et pourri gâté, c’était un fait.


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๑ Parchemin envoyé Mar 20 Nov - 15:10 ๑


C'EST COMME UN SURSAUT
๑ basile montrose et marianne duchannes ๑
Son regard était froid et dur. Mais aussi impressionnant soit-il, Marianne ne baissa pas les yeux face au Sénateur Montrose. Elle lui mentait ouvertement et craignait qu'il ne le découvre : après lui avoir coupé la parole, qu'y avait-il de pire que l'avoir fait pour se moquer de lui ? Elle se pinça les lèvres, attendant la réaction du patriarche sans qu'elle ne vienne car après l'avoir longuement observée il se retourna vers son fils. Le message était clair : Elle n'existait pas. Et sa petite intervention n'avait pas suffisamment de valeur pour qu'il y réponde directement, néanmoins elle l'avait vu peser le pour et le contre. Faire sens de ce qu'elle avait dit pour finalement l'accepter comme vérité. Et en soit c'était une victoire, quelque part sa protestation n'aurait pas été vaine. Si tu passais plus de temps à travailler réellement que de conter fleurette tu serais bien meilleur. lança-t-il à Basile ensuite, semblant croire dur comme fer au mensonge de Marianne qu'il toisa à nouveau. La considérait-il comme responsable du manquement de son fils ? Ou tentait-il de se faire une opinion sur le bout de femme qui lui avait tenu tête ? Marianne ne broncha pas, se crispant seulement en sentant ses yeux sonder les siens. Puis il passe à autre chose une nouvelle fois. Demain matin sur mon bureau. Victoire, pense-t-elle silencieusement sans se rassoir. La discussion prenait visiblement fin, et l'humiliation de Basile aussi. Bien sûr Père. Celle de Marianne ne faisait que commencer. Parce qu'à peine la porte s'était-elle refermée dans le dos du Sénateur Montrose que son assistant s'adressa à elle avec l'arrogance d'un homme blessé dans son ego. Merci, mais non merci. lâcha-t-il sans plus de cérémonie assis à son bureau. Marianne encore debout l'ignora, elle n'avait pas fait ça pour qu'il la remercie et encore moins pour mériter ses foudres. D'ailleurs, la sorcière n'était même pas sûre de la raison qui l'y avait poussée : cela avait plus eu le goût d'un réflexe que d'un quelconque sauvetage. Elle en ferait sens plus tard, quand il ne serait pas là pour la fixer ou la réprimander. Puis elle tira sa chaise et pris place sur celle-ci, se replongeant en apparence dans son travail sans accorder à Basile le moindre regard. Elle n'avait pas envie de l'affronter et que ses premiers mots à son égard depuis des années soient blessant mais la voyante n'avait plus son mot à dire. C'était trop tard. Je n’ai pas besoin de ton aide, la prochaine fois abstiens-toi si c’est pour me faire passer pour ce que je ne suis pas. Elle serra les dents, entre colère et frustration, reprenant la plume qu'elle avait laissé tomber pour intervenir dans ce qu'elle avait vécu comme une énième injustice. Le faire passer pour ce qu'il n'était pas. Quelle idée. Et qu'était-ce exactement ? Quelqu'un de bien ? Je dois déjà gérer l’incompétence d’une secrétaire qui ne connait pas son orthographe alors, je me passerais de ton intervention me faisant passer pour un bon samaritain. Ah, un bon samaritain. C'était donc ça ce qu'il ne voulait pas être. Marianne soupira en arquant les sourcils sans se défaire de son parchemin : elle le jugeait sans s'en cacher. N'ayant ni l'envie de lui adresser la parole, ni n'y trouvant d'intérêt elle l'ignora dans un premier temps comme son père l'avait fait. Mais bientôt la sorcière se retrouva à lire les même mots encore et encore, incapable de réfléchir quand dans son esprit se répétaient ceux de Basile. Alors elle reposa sa plume dans le porte-plume.

Marianne leva enfin les yeux sur le sorcier en face d'elle. Passer pour un bon samaritain a pourtant eu le don de calmer un tant soit peu la colère du Sénateur. souffla-t-elle dans un calme qui cachait plutôt bien la frustration qu'elle éprouvait à l'idée de devoir se justifier. Ne pouvait-il pas simplement passer à autre chose ? L'ignorer à nouveau comme il l'avait fait quand elle était arrivée au Sénat deux ans plus tôt ? À trop vouloir satisfaire son père Basile se faisait marcher dessus et cultivait une arrogance que seuls ceux doutant d'eux-même pouvaient avoir. Elle l'avait compris en le fréquentant et malgré les années rien n'avait changé. Si même la simple idée d'avoir aidé quelqu'un te répugne tant que ça, alors pourquoi avoir choisi la politique... dit-elle en secouant la tête d'un ton réprobateur. Travailler au Sénat, devenir Sénateur même, tournait purement et simplement autour d'aider les autres et améliorer la société sorcière. S'il ne l'avait pas compris, il s'était trompé de voie aux yeux de Marianne : ceux qui poursuivaient une carrière en politique dans le but de s'enrichir n'avaient par leur place ici. Bien sûr, c'était une vision idéaliste que sans doute avait-elle parce qu'elle ne venait pas d'une famille de sénateurs comme Basile. Elle avait été dure dans ses propos, l'avait senti en les prononçant sans pouvoir les empêcher de glisser d'entre ses lèvres. Alors elle ajouta, un peu plus elle-même : de manière plus bienveillante, plus conciliante. J'ai fait ça pour t'aider, d'accord ? Ça partait d'une bonne intention. Elle marqua une pause, avant de dévier son regard et de reprendre sa plume dans l'idée de se remettre au travail. On travaille dans le même bureau depuis deux ans et même si on ne se parle pas, ça ne veut pas dire qu'on ne devrait pas se soutenir dans ce genre de situation. trouve-t-elle à raconter, avant de rajouter précipitamment un J'aurais fait la même chose pour Faustine. pour alléger ce qui lui avait paru être trop fort pour quelqu'un comme Basile. Pour quelqu'un qui l'avait humilié par le passé. Il ne méritait sans doute pas tant d'attention, mais le mérite ne devrait pas interférer avec ce qui était juste ou non.

20 novembre 1927
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๑ Parchemin envoyé Mar 20 Nov - 23:48 ๑





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La honte, c’est un sentiment qu’il ne connaissait que trop bien. Combien de fois s’était-il fait rabaissé par son propre père durant les innombrables repas de familles ? Il ne comptait même plus, à la maison, pendant les repas, la plupart du temps Basile ne parlait plus que lorsqu’il y était invité ou parce que Séraphine cherchait à lui tirer les vers du nez. Sinon, il préférait s’abstenir.  Il s’était fait réprimander plus d’une fois devant plusieurs membres du bureau, alors il se demandait pourquoi l’idée de se faire réprimander, rabaisser devant Marianne serait plus dérangeant ? Il détestait ce poser ce genre de question, et pourtant vu sa réaction il était opportun de se demander pourquoi son image devant elle comptait plus que devant d’autre ? Parce qu’il était encore ce gamin con qui voulait paraitre plus cool que les autres, dans le fond sans doute. On veut toujours paraitre mieux qu’on ne l’est réellement, c’est humain de ne pas aimer dévoiler ses faiblesses. Basile, il est humain. Plus qu’il ne veut le dire, la faiblesse est humaine. Tu es faible. Les mots de son père n’étaient jamais bien loin dans sa tête, jamais.

Il espérait qu’elle ne lui répondrait rien, il avait un travail à finir, et s’il pouvait le faire dans le silence le plus religieux qui soit, il en serait heureux. Il n’était pas loin d’avoir terminé, mais il avait l’impression que ce dossier était comme le Tonneau des Danaïdes, que la charge de travail s’alourdissait de plus en plus. Sans fin. Mais non, c’est trop beau – qu’une femme se taise aussi longtemps – même dans ses pensées, son père réussi à y incruster ses pensées misogynes. 'Passer pour un bon samaritain a pourtant eu le don de calmer un tant soit peu la colère du Sénateur.' Le calmer ? Elle rigolait peut être. Rien n’était réellement en mesure de le calmer, ça ne le calmait jamais vraiment. Il était encore plus déçu de son fils qui était ‘venu en aide à une fille’ pour Monsieur Montrose, c’était un acte de faiblesse, un de plus. Elle n’avait fait qu’alimenter une fournaise de colère envers son propre fils déjà bien alimenté par le jeune homme lui-même, il n’avait pas besoin que quelqu’un d’autre vienne souffler sur les braises. 'Si même la simple idée d'avoir aidé quelqu'un te répugne tant que ça, alors pourquoi avoir choisi la politique...' Il a envie de rire, ce qu’il fait d’ailleurs en lâchant un rire moqueur. Si elle pensait qu’on faisait de la politique avec des bons sentiments, elle n’était pas sortie de l’enclos des hippogriffes. Si le Sénat fonctionnait ainsi depuis des années, sans une réelle démocratie à suffrage universelle avec une éligibilité de tous les citoyens sorcier c’était bien parce que les bons samaritain n’avaient aucunement leur place ici. Elle voulait changer le monde ? Quelle drôle d’idée. Pour la majeure partie des sorciers, il était très bien ainsi le monde.  'J'ai fait ça pour t'aider, d'accord ? Ça partait d'une bonne intention.' Pourquoi avoir ce besoin de se justifier ? Elle dévie son regard du sien, soit, 'On travaille dans le même bureau depuis deux ans et même si on ne se parle pas, ça ne veut pas dire qu'on ne devrait pas se soutenir dans ce genre de situation.' L’entraide des classes inférieures ? Luttons ensemble camarades contre l’oppression des supérieurs. Basile savait très bien que l’union faisait la force, mais vis-à-vis de son père, c’était son combat à lui, et tout avait des conséquences. Son incapacité ne cessait de grandir, il perdait pied, et être aussi con que son paternel semblait être une option de carrière viable. 'J'aurais fait la même chose pour Faustine. ' Evidemment.

 Il reporte alors son attention sur son parchemin. Il parcourt les lignes, et maugrée, peste contre les fautes qui ne sont pas corrigé. Il n’était pas forcément le plus compétent des fils, mais il prenait à cœur l’orthographe, ‘la science des ânes’ selon son père, mais qu’importe. Il soupire, et ajoute, ‘Tu vois ta Faustine, elle n’est même pas capable de corriger correctement un document. Les secrétaires ne sont plus ce qu’elles étaient. Alors, si tu veux la soutenir aussi... ’ Il n’est pas délicat pas le moins du monde. Il pousse un soupir. Il n’est pas très respectueux parfois, certainement pas quand il est blessé. Marianne s’était une blessure de son passé, et il n’avait pas envie de rouvrir des vieilles plaies, il avait assez de nerfs à vif depuis quelques années déjà.  Il se penche sur son parchemin la plume magique à main pour rectifier les erreurs sans avoir à tout réécrire. ‘C’est ce que vous appelez sans doute la solidarité féminine.’ Dit-il sans lever les yeux vers elle.   ‘Mais je n’ai pas besoin de ton aide, ni de tes bonnes intentions. Si tu crois que ça change quelque chose en politique d’avoir de bonnes intentions.’ Il laisse de nouveau échapper un rire presque moqueur, et il relève les yeux vers elle pour préciser, ‘Si tu crois que les sénateurs font preuve de compassion et d’empathie tu te trompes. Ils n’ont ni moral, ni vergogne.’ Il savait très bien de quoi il parlait Basile, il avait été ‘élevé’ par l’un d’entre eux, un de ces monstres de froideur prêt à tout pour avancer dans la vie. ‘T’as envie de quoi changer le monde ?’ Il rit, ‘Ils te répondront qu’il est très bien comme ça le monde.’ Le monde était peut être entrain de changer mais tous ces vieux requin politicard n’étaient pas prêts à le voir personne n’est jamais réellement prêt pour le changement.



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๑ Parchemin envoyé Mer 21 Nov - 14:37 ๑


C'EST COMME UN SURSAUT
๑ basile montrose et marianne duchannes ๑
Le silence s'installe, et Marianne se demande s'il lui adressera un jour de nouveau la parole. Ils avaient bien tenu deux ans à quelques mètres sans se porter la moindre attention ou presque. Alors pourquoi pas. Ça l'attriste quelque part d'en être arrivé après ce qu'ils avaient pu partager mais elle s'en doutait. Un peu. C'était elle qui avait rompu, qui avait coupé les liens. Elle qui n'avait plus voulu avoir à faire à lui, alors en être surprise aurait été mentir. C'était logique, finalement, qu'ils ne puissent pas s'adresser la parole sans se faire du mal. Mais la sorcière lui avait tendu la main, avait été prête à enterrer la hache de guerre après le décès de sa soeur : c'était alors lui qui n'avait pas voulu d'elle. Marianne s'y attendait, mais ça n'en restait pas moins difficile à accepter. Du bout de sa plume, elle souligne donc un passage de son parchemin sans dire un mot de plus. Elle soupire, cependant, le coeur se calmant enfin de l'adrénaline d'avoir tenu tête au Sénateur Montrose tandis qu'elle annote le papier de propositions ou de précisions. Tu vois ta Faustine, elle n’est même pas capable de corriger correctement un document. Les secrétaires ne sont plus ce qu’elles étaient. Alors, si tu veux la soutenir aussi... Quand il prend la parole Marianne sort son nez de son dossier pour l'observer, mauvaise. Elle le fusille du regard une poignée de secondes avant de retourner à son papier. Si tu as quelque chose à lui dire, pourquoi ne vas-tu pas la voir au lieu de t’en plaindre dans son dos ? peste-t-elle en soupirant, les yeux rivés sur l'encre qu'elle faisait couler. La situation ne lui était que trop familière et si elle lui avait posé une question elle ne s'attendait pas à recevoir de réponse de sa part. Basile n'avait donc pas tant changé que ça depuis Beauxbâtons : il était encore le même garçon préférant l'ombre des dos tournés à l'honnêteté des regards frontaux. Il préférait dire les choses en l'absence des intéressés, sans doute parce que c'était plus simple alors d'assumer ses propos sans sentir le jugement des proches. Ou les conséquences de ces derniers. Et ce n'était pas compliqué de comprendre d'où pouvaient venir les remarques de Marianne, le sous-entendu se lisait de par leur passé. C’est ce que vous appelez sans doute la solidarité féminine. Ce à quoi Marianne laissa sortir un Et ? las, complètement désintéressé. Elle ne voulait pas lui donner le plaisir de la faire sortir de ses gonds, n'en avait tout bonnement pas envie au fond : plus il insistait et plus les chances que cette conversation ne tourne mal augmentaient. C'était bien ce que la voyante ne désirait pas, assez de mal avait déjà été fait que ce soit il y a quelques années ou ce soir. Pourtant il continue. Moqueur et donc fatalement, blessant. Mais je n’ai pas besoin de ton aide, ni de tes bonnes intentions. Si tu crois que ça change quelque chose en politique d’avoir de bonnes intentions. Si tu crois que les sénateurs font preuve de compassion et d’empathie tu te trompes. Ils n’ont ni moral, ni vergogne. Elle s'est arrêtée, plume à la main et dernière goutte d'encre qui menace de tomber. Marianne reste interdite, parce qu'elle ne sait même pas quoi dire : elle est simplement surprise. Et surtout attristée d'entendre Basile avoir ces propos et les croire. Mais elle ne tombe pas dans le panneau et lit entre les lignes ce que le sorcier pense certainement de son père : sans compassion ni empathie, ni moral ou vergogne. Bien heureusement tous les sénateurs ne sont pas comme Monsieur Montrose et Marianne ose croire que certains sont encore doués de bonté et d'une véritable volonté d'aider la société sorcière. Et elle sent son regard sur elle sans pour autant lever le sien, feint l'indifférence. T’as envie de quoi changer le monde ? Ils te répondront qu’il est très bien comme ça le monde. Son rire encore, pas celui qu'elle avait partagé de nombreuses fois mais celui-là même qui lui donnait envie de le faire taire. Alors elle repose sa plume pour la dixième fois (de toute façon, elle n'a plus d'encre) et se lève de son bureau. Je préfère ne pas me contenter de ce qu’on me donne et viser plus haut. Certaines choses doivent changer, oui. Ça s’appelle l’évolution et sans ça, le monde n’avancerait pas. dit-elle en s'approchant de celui de Basile sans s'y arrêter, elle se décale tardivement et se dirige vers l'armoire à encre à quelques pas. Quand elle parle, Marianne a du mal à cacher son agacement naissant pour cette conversation qui n'a ni queue ni tête. À quoi bon débattre ? Surtout avec lui qui avait perdu tant de couleurs depuis Beauxbâtons.

Je ne sais même pas pourquoi je te dis ça… finit-elle par souffler, plus pour elle que pour lui, en ouvrant un tiroir plein de fioles d'encre. La sorcière avait pris le ton de la défaite, du combat perdu d'avance. Et au fond, plus encore que de ne pas savoir pourquoi elle s'embêtait à débattre avec lui, Marianne ne savait tout simplement pas pourquoi elle lui parlait. Pourquoi maintenant. Pourquoi comme ça. Ses doigts naviguent d'encrier à encrier à la recherche de la bonne teinte. Tu parles de manière si pessimiste. Je ne te savais pas aussi maussade. Le connaissait-elle réellement après tout ce temps ? Elle osait espérer qu'il n'avait pas tant changé et que derrière cette arrogance défaitiste subsistait encore le Basile qu'elle avait connu. Voir les choses de cette façon est d’une tristesse… soupira-t-elle en attrapant enfin la bonne encre. Ça lui faisait de la peine de le découvrir ainsi. Peut-être n'aurait-elle pas dû s'interposer finalement : l'ignorance aurait eu un goût moins amer. Je me demande ce qui a pu arriver au Basile que je connaissais. pensa-t-elle à haute voix en refermant le tiroir à encres. Elle observa celle qu'elle avait choisi à la lumière, espérant ne pas s'être trompée. Et ça se lisait facilement la déception dans sa voix. Marianne avait beau faire des efforts pour paraître impassible, elle se sentait blessée : de son comportement, de ses mots. Bien sûr, à quoi s'attendait-elle en brisant la glace de cette manière ? Un merci, sans doute. Rien de plus venant de sa part parce que cela aurait été trop lui en demander. Mais pas un recadrement aussi froid que ceux que son père lui donnait, pas un sermont culpabilisant comme les Montrose semblaient apprécier donner.

20 novembre 1927
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๑ Parchemin envoyé Mer 21 Nov - 23:51 ๑





C'est comme un sursaut.

#basiliane

Il détestait travailler tard le soir, il détestait vraiment. Mais en même temps, il n’avait pas vraiment le choix. Quand peut-on avoir le choix ? Certainement pas quand vous êtes le fils d’un sénateur que vous habitez sous son toit. Il tenait parfois à la croiser le moins possible, parce qu’il le croisait suffisamment la journée pour ne pas avoir à le supporter durant le souper du soir.  Mais ce soir, il aurait peut-être préféré souper avec Séraphine et Coraline, la soirée aurait été d’autant plus agréable. Il les aimait bien ces sœurs, il avait beaucoup de respect pour elle, alors il aurait sans doute dû avoir de meilleures manières avec les femmes. Mais, son père commençait à déteindre sur lui, c’était évident. 'Si tu as quelque chose à lui dire, pourquoi ne vas-tu pas la voir au lieu de t’en plaindre dans son dos ?' Parce qu’on ne parle pas aux incompétents ?  Il faillit répondre cela, et puis il se dit simplement que ça ne méritait pas d’être relevé. Il n’avait pas besoin d’aller parler à quelqu’un de son incompétence, il n’avait qu’à s’en rendre compte seul.  Mais bon, les femmes elles aiment copiner un peu partout, lui il n’était pas du genre à se faire des amis au travail, il avait suffisamment à faire. Bien sûr elles avaient leur ‘solidarité entre femmes’. Ce à quoi Marianne répondu,  'Et ?' ‘Et on s’en fou.’ Réplique simplement Basile le nez dans son travail.  Puis, au fil de la conversation elle finit par se lever de sa chaise pour finalement dire en passant non loin de son bureau. 'Je préfère ne pas me contenter de ce qu’on me donne et viser plus haut. Certaines choses doivent changer, oui. Ça s’appelle l’évolution et sans ça, le monde n’avancerait pas.'  Ou comment enfoncer le clou ‘Vise toujours plus haut Basile’, on croirait entendre son père. C’était  tout aussi douloureux venant de Marianne que de son père. Le monde devait peut être changé, c’était évident, mais le monde n’était pas prêt à changer. Les années qui allaient suivre allaient changer la face de la terre entière, mais le monde n’était pas encore prêt. Les blessures de la première guerre mondiale ne se refermeraient jamais complètement, chez les non-sorciers comme chez les sorciers.

Quand est-ce que cette conversation prendrait-elle fin ?  Il avait envie de terminer au plus vite, qu’on en finisse. Il n’avait pas envie. Non, la soirée avait déjà été assez rude avec son père, il n’avait pas envie de subir le jugement de qui que ce soit d’autre, et certainement pas de la part de Marianne, son avis sur lui, elle le connaissait déjà. 'Je ne sais même pas pourquoi je te dis ça…' Il ne fut pas tout à fait sûr d’avoir entendu puisque cela ressemblait plus à un murmure qu’à autre chose, et il n’avait pas réellement envie de tout entendre. Il entendit un tiroir s’ouvrir, il sait qu’elle cherche de l’encre, ou peut être prétexte pour rester. Il ne savait pas trop. Elle n’avait aucune obligation à lui parler, aucune. Et vice versa, Basile aurait peut-être dû l’ignorer dès le début,  ça aurait évité ce genre de débat stérile. 'Tu parles de manière si pessimiste. Je ne te savais pas aussi maussade.' Il releva la tête de son parchemin. Parce qu’elle prétendait le connaitre ? Parce qu’ils étaient sortis ensemble, il y a des années, et donc elle savait tout ? Non, elle ne savait rien. Elle ne savait strictement rien de ce qu’il était, ce qui pouvait le rendre maussade. 'Voir les choses de cette façon est d’une tristesse…' Il referme un peu plus la pression de sa main sur sa plume, passablement énervé d’un tel jugement. Il était triste ? D’une tristesse ? Eh bien oui, il était comme ça. 'Je me demande ce qui a pu arriver au Basile que je connaissais.' Qu’elle connaissait ? Elle avait donc la prétention de le connaitre. Mais non, ce n’est pas parce qu’elle avait des visions, parce qu’ils étaient sortis ensemble quand ils étaient ado, qu’elle avait vu qu’il était un con que ça lui donnait le droit de le connaitre ?

Le Basile que tu connaissais ?’ Il n’en faut pas plus à Basile pour lever le ton. Il est à deux doigts de broyer la plume dans ses mains. Il  était d’un naturel patient, mais parfois il atteignait ses limites et n’arrivait pas à gérer la colère. Cette foutue colère qu’il n’arrivait pas à s’évacuer. Jamais. Quand il croyait y arriver, quelque chose d’autre arrivait. ‘Parce que tu croyais me connaitre ? Moi le petit con qui avait la langue trop pendue ?’ Allusion non voilée à ses ‘paroles un peu trop suggestiv’ vis-à-vis d’elle quand ils étaient à Beauxbâton. Il se rabaisse un peu Basile, mais depuis quelques temps, il n’a que les paroles de son père en mémoire, rien qui le tire réellement vers le haut. Travailler pour lui n’avait pas été la plus brillante des idées, mais c’est la seule qu’il avait eu.  ‘Maussade, et triste, les meilleurs compliments de ma journée !’ Il est d’un sarcastique, mais il est plutôt lugubre quand il dit ces mots. Basile avait changé, il n’était plus le gamin insouciant de Beauxbâtons. Non, il avait grandi, murît, il avait appris beaucoup à ses dépens, mais il avait surtout perdu beaucoup. ‘T’es un crétin Basile.’ Parfois, quand il comportait comme tel, il entendait Bénédicte le lui dire, comme si elle était encore à ses côtés.  ‘Rajoute, ‘t’es un Crétin Basile’, et ma journée serait parfaite !’ Il s’emporte.  Il se lève, prêt à prendre sa veste, mais il se ravise pour venir vers elle, il ferme le placard où elle était entrain de regarder on ne sait quoi. ‘Si tu crois que le monde est optimiste, et la vie c’est la fête tous les jours, reste dans ton monde imaginaire parfait.’ Il ne sait pas pourquoi il s’est levé pour venir face à elle. Peut-être parce qu’il était plus intéressant de se confronter à quelqu’un en le regardant plutôt qu’en lui tournant le dos comme un couard.  ‘Et si tu demandes pourquoi j’en suis là, c’est réellement que tu n’as jamais eu aucune idée de qui j’étais.’ Il est plutôt calme sur ces mots, mais pourtant, c’était plutôt vrai. Si elle ne comprenait pas pourquoi il en était là, c’est qu’elle ne le connaissait pas. Il avait perdu sa sœur, sa moitié. Sans elle, affronter le monde était plus complexe que jamais.


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๑ Parchemin envoyé Jeu 22 Nov - 0:59 ๑


C'EST COMME UN SURSAUT
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Elle n'a pas idée, Marianne, de ce qu'elle vient de faire. Peut-être devrait-elle commencer à réfléchir avant de s'exprimer : mais cela avait été plus fort qu'elle. Comme lorsqu'elle s'était interposée entre son père et lui. Elle n'avait pas réfléchi. Elle avait simplement réagit à ce qui devenait trop pour elle, pour sa patience aussi limitée soit-elle. Personne ne méritait d'être traité de la sorte pour un simple retard de dossier. Le respect, ça ne se volait pas et c'était tout ce qui restait d'humain quand les passions surpassaient la raison. Quand les mots perdaient de leur sens mais pas de leur poison. À présent, Basile lui faisait presque regretter son élan. S'apprêtait même à définitivement l'en dégoûter. Le Basile que tu connaissais ? Marianne se crispe au ton qu'il emploie, à sa voix qui se lève. Avait-elle dépassé les bornes ? La sorcière n'avait pourtant rien fait de mal, au fond. Elle en avait été certaine mais commençait à douter maintenant. Marianne s'attend déjà au pire : il était visiblement en colère et c'était de sa faute pourtant elle ne dit rien et se contente de l'écouter. Trop surprise par cet excès de colère pour faire quoique ce soit d'autre. Parce que tu croyais me connaitre ? Moi le petit con qui avait la langue trop pendue ? À la manière dont il le mentionne, elle se rend bien compte que tout ça n'était qu'un jeu pour lui. Qu'il ne regrettait rien : qu'il l'avait fait pour s'amuser pardi ! Basile le transformait même en une part de son identité. Le petit con qui avait la langue trop pendue. Se présentait-il comme ça à présent ? Marianne avait du mal à garder un visage impassible à présent, chaque mot plus douloureux que le précédent. Les plaies avaient été réouvertes ce soir. Maussade, et triste, les meilleurs compliments de ma journée ! Elle avait été peut-être un peu trop loin. Mais c'était bien là la vérité. Rajoute, ‘t’es un Crétin Basile’, et ma journée serait parfaite ! le ton monte encore d'un cran, et que ça lui soit destiné la blesse plus encore. Elle aurait du se taire. Rien de tout cela n'aurait eu lieu alors, parce qu'elle préférait son silence à cette colère bien trop injuste. Sombre idiote. Quand il s'avance vers elle, Marianne se contente de le suivre du regard prise de court parce qui semblait être ses limites puis se fige quand il arrive à sa hauteur. Lorsqu'il claque le placard, elle ne peut s'empêcher de sursauter en cillant les yeux brillants. Elle ne l'avait jamais vu si en colère. Mis à part le soir où elle avait voulu bêtement lui apporter son soutien après le décès de Bénédicte. Pourtant elle continue de le regarder dans les yeux, trop fière à présent pour ne pas lui tenir tête : que ses billes vertes la trahissent l'importe peu. Qu'il voit le mal que ses mots puissent provoquer alors. Si tu crois que le monde est optimiste, et la vie c’est la fête tous les jours, reste dans ton monde imaginaire parfait. Et si tu demandes pourquoi j’en suis là, c’est réellement que tu n’as jamais eu aucune idée de qui j’étais. Le calme de son timbre n'en est que plus cruel.

Le pire, c'est qu'il a l'air d'y croire en plus. Qu'elle ne le connait pas vraiment, que deux ans ça n'a jamais été suffisamment signifiant pour que cela soit le cas. Elle est peut-être idéaliste, Marianne, mais elle ose espérer qu'il ne reste pas que ça du Basile qu'elle connaissait. Qu'il n'y a pas plus que l'arrogance et la puérilité d'un adolescent qui ont su perdurer après tout ce temps. Elle aimerait que ça ne soit pas vrai, mais rien ne lui indique le contraire. Certainement pas la noirceur de son regard. Sur le moment, c'est un savant mélange de colère, de frustration, de déception aussi qui l'habite. Mêlé à une susceptibilité qui a toujours été sienne Marianne n'a d'autre choix que de le gifler tout simplement. Une claque sèche, unique parce qu'il n'y en aura pas deux. Elle est blessée elle aussi : dans son ego comme lui et plus profond encore. Parce qu'il n'a pas honte, alors, de résumer ce qu'il lui avait fait subir par un con qui avait sa langue trop pendue. Il n'a pas honte, non, de cracher sur leur relation tout ça pour la faire taire. Il avait eu tord de s'emporter, et c'était tout ce qu'il avait trouvé pour cacher la honte d'avoir profité de son aide. Tu n'as pas le droit. avait-elle dit en perdant son calme à son tour, empruntant les mots de sa soeur sans le savoir. Pas le droit de dire ça, d'insinuer tant de choses et réduire ce qu'ils avaient vécu à rien d'important. À pas assez pour le connaître. Tu sais très bien que c'est faux. Et elle n'avait pas besoin de plus se justifier pour lui montrer qu'il avait tord. Elle n'en avait ni la force, ni l'envie. Parce qu'elle lui avait tendu la main bon sang, elle était venue le voir et il l'avait foutu dehors. Elle l'avait vu s'effondrer, dans sa vision, et les images la hantaient encore. Les intrusives n'étaient jamais anodines et chacune d'entre elles restaient ancrées quelque part dans son esprit. À présent, Marianne voulait simplement rentrer chez elle. Oublier que tout ça s'était passé, revenir demain et ne plus avoir à lui adresser la parole à nouveau. Alors elle s'éloigne, ne repasse même pas par son bureau et se dirige droit vers le porte-manteau duquel pend le sien. T’es vraiment un crétin, Basile, le roi des crétins. qu'elle lâche ensuite en se retournant vers l'intéressé quand elle récupère son sac à main aussi. Ses mots font écho à d'autres une nouvelle fois qui ne sont pas les siens. Bien évidemment, elle n'en sait rien et du revers de sa main libre, elle s'essuie le coin de l'oeil à défaut de se laisser aller. Elle pleurerait de frustration sur le chemin du retour, certainement pas devant lui. Puis elle enfile son manteau, avant d'affronter le fois de novembre à l'extérieur. Plus vite serait-elle partie, plus vite cette conversation aussi stérile qu'éprouvante prendrait fin.

20 novembre 1927
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๑ Parchemin envoyé Lun 26 Nov - 0:14 ๑





C'est comme un sursaut.

#basiliane

Il était le roi des crétins, c’était ni plus ni moins que cela. Il avait pour exemple un père qui n’était pas le meilleur des exemples en matière d’humanité. Comme si pour que celui-ci éprouve de la fierté pour son fils, il fallait que ce dernier devienne sa pâle copie en plus jeune. C’était ce qu’il devenait malgré lui, un sale con. Un type sans cœur. Un homme qui dénigre les autres. Qui ne possède aucun respect pour les autres, et encore moins pour les femmes.  Il ne voulait pas être comme ça au fond Basile, mais avoir le respect et la ferté de son paternel était si important à ses yeux, tellement important. Il commettait des erreurs, et il se disait que c’était le prix à payer pour la réussite. Mais chaque pas qu’il tentait de faire dans les traces de son père l’éloignait un peu plus de ce qu’il était, de ce qu’il voulait, de ce qu’il pensait.  Il ne devenait qu’une copie sans âme, un automate rouillé, maladroit, froid et complètement perdu. On ne peut pas marcher éternellement dans les pas de quelqu’un et en sortir indemne. Suivre les traces de son père, c’était sa façon à lui de faire quelque chose de sa vie. Il n’avait plus sa propre moitié pour lui montrer la voie, alors, il suivait celle qui lui semblait la plus attirante, sans se rendre compte que les flammes attirent les papillons pour qu’au final, ils se brûlent les ailes.

Le con n’ont que ce qu’ils méritent. C’est alors que la claque aussi sèche que possible vient s’abattre sur sa joue. Il grimace de douleur. Le claquement est sonore, glaçant. Un écho lointain à une blessure jamais refermée.  'Tu n'as pas le droit.' La sensation de déjà vu est réelle, le cœur de Basile rate un battement. Le regard dur y perd un peu de son être, et il fixe le vague, sonné.  Marianne perd son calme, mais lui tout ce qu’il entend c’est les mots de Bénédicte. Un retour en arrière brutal. Il entend à peine la jeune assistante ajouter, 'Tu sais très bien que c'est faux.' Mais qu’est ce qui était faux ? Pourquoi réagissait-elle de la sorte si c’était faux ? N’y avait-il pas que la vérité qui blesse ? Basile est sonné, debout, les mains branle ballante. C’était comme s’il s’était pris de claque, la première physique, la seconde mentale.  Un écho douloureux à son dernier échange avec sa sœur. Une claque suivi d’un ‘Tu n’as pas le droit’ qui aujourd’hui encore lui brise le cœur, un peu plus chaque seconde.  Il a beau se dire que c’est Marianne qui lui fait face, la douleur est réelle. Sans doute se lit elle sur son visage.   Il reprend ses esprits quand il la voit partir, s’éloigner, récupérer son manteau, et elle lui lâche, 'T’es vraiment un crétin, Basile, le roi des crétins.' Un deuxième coup, comme une seconde gifle. Les mots étaient exactement ceux de Bénédicte. Il n’amorce aucun mouvement, parfaitement immobile, paralysé. La froideur dans son regard se dissipe et laisse apparaitre une profonde tristesse qu’il peine à cacher. Parfois, les nerfs ne tiennent simplement plus. Mais il n’y a aucune larme, jamais.

Ses mains branle ballante finissent alors par trouver le chemin de ses poches. Il reste debout, parfaitement penaud. Il fixe un point dans le vide, mais s’intéresse à ce qui se passe devant lui quand il voit Marianne essuyer du revers de sa main ce qui semblait être des larmes naissantes. Oui, Basile, tu étais un crétin. Il ne cesserait dont jamais de la faire pleurer, ou de lui faire du mal. On pouvait dire qu’il s’en voulait oui. Très certainement. Le penser était une chose, l’admettre en était une autre. ‘T’as raison.’ Commence-t-il beaucoup plus calme, ainsi elle pourrait croire que la gifle lui avait remis les idées en place. A vrai dire, ce n’était pas la gifle en elle-même, s’était la combinaison qui avait suivi qui lui avait remis du plomb dans la cervelle. ‘Je suis un crétin.’ Il ne lui donnait pas raison sur tout, mais au moins sur ce fait. Il rit Basile, plutôt nerveusement. ‘Un putain de crétin.’ Ajoute-t-il alors.  Il a les yeux baissés, concentré, il retourne près de son bureau. D’un geste sec, il attrape le dossier qu’il devait remettre à son père et le jette par terre dans un excès de colère sans doute. Les nerfs. Ils lâchent.  Il s’en veut toujours de péter les plombs parfois. Peut-être que cela va effrayer Marianne, de toute façon, elle était sur le départ, elle n’avait qu’à partir et le laisser seul face à sa colère et ses regrets. Il n’y avait rien qui ne puisse le rendre fier lui-même de ce qu’il faisait, alors comment pourrait-il rendre fier qui que ce soit ?  Il tire sa chaise pour s’asseoir, ou plutôt se laisser tomber dessus pour être exacte. Il enfoui sa tête dans ses mains, à bout de nerf. ‘Dégage.’ Lâche-t-il, continuant de sa connerie. On ne se refait pas hein ?  Ce n’était pas violent. Ce n’était pas froid. C’était plus un murmure. Un soupire, il lui avait fait assez de mal, dieu sait ce qu’il pourrait encore dire ou faire dans cet état. Les yeux clos dans ses mains, il respire calmement, il n’arrivait même pas à pleurer tant les nerfs étaient à vifs.


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๑ Parchemin envoyé Lun 26 Nov - 15:13 ๑


C'EST COMME UN SURSAUT
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Elle était prête à partir. La main sur la poignée de la porte, l'autre maintenant fermement son sac à main près d'elle. Elle était prête à partir, donc, à s'engouffrer dans le couloir du sénat et affronter la nuit qui était déjà tombée dehors. À se plonger dans le froid automnal en ravalant ses larmes et en se demandant comment allait-elle faire pour oublier ce qui venait de se passer. Pour continuer à faire comme si tout allait bien. Elle préférait le silence de Basile à ses mots amers. Maintenant, elle regrettait absolument tout. C'était un crétin. Le pire d'entre eux. Et elle avait été stupide de penser que le temps l'avait fait grandir et que s'il ne lui avait pas adressé la parole ces deux dernières années ça n'avait été que par désintérêt ou respect. Il semblait tout simplement la détester à présent, suffisamment pour ne pas réussir à s'empêcher d'enfoncer le couteau dans la plaie. S'il n'y avait personne pour voir le spectacle, Marianne avait tout de même la sensation de se faire humilier et cracher dessus. Ne manquait plus que les rires gras de ceux qu'il avait appelé ses amis et la sorcière avait de nouveau dix-sept ans. Le coeur en miettes et la fierté bafouée. C'était toujours aussi douloureux, même des années après. Pourtant, elle ne sort pas immédiatement de la pièce parce que le Montrose brise le silence qu'elle avait imposé en le giflant soudainement. T’as raison. qu'il dit d'un calme qui la surprend. Marianne se retourne à peine, la main toujours sur la poignée sans parvenir à sortir car Basile la retient. Ça lui parait invraisemblable qu'il puisse s'avouer vaincu tout à coup, pire même : qu'il accepte avoir tord. Parce que lors de cette soirée-tournée-au-fiasco il avait campé sur ses positions farouchement et dans le faux ou non, le sorcier ne s'était pas remis en question une seule fois. Alors elle le regarde surprise, curieuse mais aussi méfiante de la suite. Est-ce qu'il se foutait d'elle encore ? C'était finalement peut-être un dernier moyen de la rabaisser avant qu'elle ne disparaisse dans la nuit mais la tristesse de son regard lui serre le coeur. Elle l'avait blessé et ne parvenait pas à s'en vouloir totalement. Quelque part, il le méritait. Pour ce soir et pour il y a six ans. La colère de son père était injustifiée mais la sienne prenait racine là où Basile avait vraiment fauté sans jamais s'en être excusé. Je suis un crétin. Un putain de crétin. Et elle le voit perdre pieds, rire de lui-même et jeter violemment le dossier de son père par terre tandis qu'elle cille dans un sursaut. Puis maladroitement il se laisse tomber dans sa chaise comme s'il venait d'abandonner non seulement un combat contre elle mais aussi contre autre chose. Ça lui fait de la peine à Marianne, de le voir enfouir son visage entre ses mains. Elle le revoit tomber à genoux près de Bénédicte et ça la renvoie à une vision et un moment qui l'avaient profondément marquée : la sorcière s'en était toujours voulu de ne pas avoir plus insisté. De s'être contenté de baisser les bras au moindre refus. Alors cette fois, Marianne se décide à ne pas réitérer la même erreur. Bien sûr, elle appréhende et une petite voix la somme de rentrer chez elle. Lui dit qu'il n'y a rien de plus à tirer de Basile, qu'il n'est plus celui qu'elle connaissait. Mais la voyante a toujours été trop optimiste, trop altruiste et sensible pour laisser quelqu'un sans se battre une dernière fois. Erreur.

Quand elle s'avance vers lui, délaissant la porte derrière elle, elle ramasse en chemin le dossier qu'il a jeté sur le sol dans ce qu'elle interprétait comme un ras-le-bol. Prête à le lui redonner, à baisser les armes une dernière fois malgré toute la peine qu'il lui avait fait. Et à nouveau, c'est à grands coups qu'il vient lui rappeler ce qu'elle avait du mal à assimiler : Basile ne voulait rien avoir à faire avec elle. Alors son Dégage. bien que murmuré lui fait l'effet d'une bombe et la refroidit immédiatement. Marianne serre le dossier dans sa main, quitte à le froisser (elle n'en a plus grand chose à faire maintenant) et le lui jette au visage. Que ça le réveille ! Elle aussi était à bout, lâchait prise pour une fois. La colère comme la frustration coincées dans sa gorge nouée. Amuse toi bien avec ton dossier à la con. lui lance-t-elle d'une traite, s'étonnant elle-même d'être vulgaire. Elle qui était plutôt du genre à rouler des yeux devant la bassesse des autres. Il la poussait à bout, tout simplement. Et elle se surprenait à le détester lui, à se détester elle, à haïr tout de cette maudite soirée de novembre. Tout ce que j'ai fait, c'est t'aider. Et encore ! Elle vide son sac, décidée à partir après coup et ne peut s'empêcher de rire un peu à la stupidité de la situation. Et toi, tu me traites comme un chien. T'aurais préféré que je n'fasse rien ? Très bien. Ça ne se reproduira pas tu peux en être sûr. Plutôt nager avec les sirènes d'Irlande qui avaient voulu la noyer l'été dernier. Marianne fait demi-tour et se dirige à grandes enjambées vers la sortie bien décidée à mettre un terme à cette conversation qui lui rendait la tâche de ravaler ses larmes de plus en plus ardue. À chaque fois - qu'elle dit en marchant, avant de se reprendre parce qu'un sanglot l'avait interrompue. À chaque fois que j'essaie de baisser les armes, tu te braques. Mais maintenant c'est bon, j'ai compris. Il la détestait, c'était clair pour elle et elle perdait son temps visiblement à vouloir enterrer la hache de guerre et agir comme des adultes. Basile était encore un gamin. Alors elle attrapa la poignée et sans se retourner, conclua difficilement d'un T'es pas obligé d'être comme ça. en s'efforçant de garder la tête haute alors que sa voix trahissait douloureusement les larmes qui s'étaient mises à couler le long de ses joues. Puis elle claqua la porte, tout simplement. Fatiguée, frustrée, à bout de nerfs.

20 novembre 1927
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