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La nuit au Sénat. #BASILIANNE

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๑ Parchemin envoyé Jeu 29 Nov - 0:17 ๑





La nuit au Sénat.  

#basiliane

 Des dossiers, des dossiers, et encore des dossiers. Il y avait une pile monstre sur son bureau, au moins l’avantage, c’était qu’il pouvait presque se cacher derrière pour ne pas avoir Marianne. Ça avait du bon. Enfin façon de parler. Il était abruti Basile, plutôt que de parler, de s’excuser, il préférait se murer dans le silence, et ne plus échanger avec elle. Elle avait été peut être trop loin, et lui aussi. Mais, il n’était pas du genre à s’excuser, jamais. Il était un garçon, un homme, et le fils du Sénateur Montrose, on ne lui avait pas appris à s’excuser.  Il était le garçon d’une famille, on lui avait appris à respecter les femmes, mais quand elles sont ses sœurs, pour son père, le respect des femmes était secondaire. Alors, s’excuser auprès d’une jeune femme… certainement pas. Il est obstiné Basile. Très obstiné. Il préfère être muré dans le silence une journée complète de travail, supporter les sermons de son père, et ne pas desserrer les dents à la fille qui travaillait non loin de lui. Tout est question de fierté.

Il s’est perdu une bonne partie de l’après-midi dans les archives. Comme ça, il ne voit personne. Il avait tendance à préférer la solitude, et l’isolement au conflit. Mais, dans les archives, personne n’était là pour lui prendre la tête, et certainement pas son père qui lui avait demandé d’archiver les dossiers. Il aurait pu déléguer cela à une secrétaire, mais ce fut la bonne excuse pour… s’isoler. Trouver du calme. Si bien que le calme apaisant lui en fait oublier l’heure qui tourne. C’est quand il range le dernier dossier sur le rayonnage qu’il s’étire un peu, soufflant enfin un peu. Il savait que tout devait être bien fait, car s’il osait rentrer à la demeure des Montrose sans avoir terminé, le repas promettrait d’être… long. Long et infernal. Surtout infernal. Il aurait passé le reste du dîner à fixer son assiette et à manger tel une automate, en cherchant du regard l’une de ses sœurs pour avoir un peu de soutient. Alors, il quitte les archives, avec la perspective d’un dîner qui allait être… long. Quand il sort, il se surprend à voir les couloirs vides. Haussant les épaules, il se dirige vers le bureau des assistants pour récupérer ses affaires et rentrer tranquillement. Les mains dans les poches, cette fâcheuse habitude que ses sœurs avaient tendance à lui reprocher, mais dont il ne se lassait pas. Quand il entre dans le bureau il hausse un sourcil en voyant que l’heure avait bien plus avancé qu’il ne l’aurait cru et que probablement il avait déjà loupé le dîner de soir. Mince alors.

Il attrape le manteau sur le mur, mais il n’est pas seul dans les bureaux. Il y en a d’autres qui font des heures supplémentaire. Et… il n’allait pas lui souhaiter une bonne soirée, il ne lui disait déjà pas bonjour le matin, alors bon. Marianne était là, ils avaient toujours tendance à faire partie des meubles. C’est donc sous un silence glaçant qu’il enfile le manteau, et s’en va sans un mot. Il ferme son manteau, et remonte le col, pour pouvoir affronter le froid du mois de Novembre à Paris. Ils devaient être les deux derniers à se promener dans le sénat. On était près de vingt et une heure trente, ça faisait bien longtemps qu’il devrait être parti. Le public ne pouvait plus entrer après seize heures, et généralement la majorité des élus et leurs assistants partaient vers dix neuf heures. Basile lui était bien plus efficace dans le calme une fois que tout le monde avait pris la poudre d’escampette. Mais soit. Il fallait savoir raccrocher.  Alors qu’il va pour pousser la porte de sortie. Il se heurte à celle-ci, close. Bon sang. Il laisse échapper un ‘Bordel de merde.’ Soyez donc un peu poli Monsieur Montrose, si votre père vous entendait. Il essaye une seconde fois d’appuyer sur la clenche. Mais rien ne bouge. ‘Fais chier.’ Grommelle-t-il en regardant la porte close. C’était dans les règles de bases lorsque l’on travaille au sénat, après vingt et une heure trente, le gardien clôt les portes. Et évidemment, le lieu était un lieu de pouvoir, donc protégé par des sortilèges. Impossible de transplaner.


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๑ Parchemin envoyé Jeu 29 Nov - 13:07 ๑


une nuit au sénat
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Perturbée, Marianne avait fait son possible pour s'occuper l'esprit. Les livres qu'elle avait acheté la veille ne lui avaient finalement pas servis à grand chose : car chaque fois qu'elle posait les yeux sur ces derniers, elle repensait à ce sorcier. Celui qui avait décidé de faire de sa vie un enfer, sans aucune raison si ce n'était son amusement personnel : Benjamin De Chalon. Elle ne le connaissait pas, mais une soirée pleine d'erreurs avait suffit au maître chanteur pour s'en mettre plein les poches. Et à Marianne pour en subir les conséquences deux ans après les faits. Ses épaules s'étaient alourdies plus encore, déjà creusées par son altercation avec Basile et sa vision de Pimprenelle. Si l'une avait réouvert des maux jamais vraiment pansés, l'autre avait eu l'effet d'un sortilège de bombarda maxima sur la jeune voyante. Depuis elle n'en dormait plus, son sommeil agité tantôt par les images d'un futur terrifiant, tantôt par celles de sa dispute avec le Montrose, tantôt par ce que De Chalon pourrait bien l'obliger à faire pour garder son silence. Et trouver une solution à chacun de ses problèmes était chronophage en plus d'éprouvant : en témoignaient la petite dizaine d'ouvrages que Marianne avait d'ouverts sur son bureau chez elle, à la recherche d'une solution pour altérer la vision qu'elle avait eu à propos de son amie. L'esprit constamment entaché par Benjamin ou Basile. Chaque chose en son temps, se disait-elle, et la probable mort de son amie était plus importante dans l'immédiat que des photos compromettantes ou que des excuses qui ne trouveraient ni d'oreilles, ni de lèvres connaissant l'assistant du Sénateur Montrose. Si Marianne se savait fière, Basile l'était encore plus. Alors le silence pesant qui régnait entre eux n'était pas vraiment surprenant. Si la jeune sorcière avait fait des efforts jusqu'à présent, s'obligeant à le saluer au moins par politesse, cette époque était révolue depuis ce qui avait été une conversation de sourds et un affrontement plus qu'un accord mutuel pour agir en adultes. Ils avaient régressé, à vrai dire : de vrais gamins aux égos surdimensionnés incapables de se dire les choses en face, et de se regarder vraiment. Basile et Marianne se comportaient l'un envers l'autre comme s'ils n'existaient pas, et sous ses airs vexés et renfrognés ça ne faisait que plus encore blesser la voyante. Chaque silence plus dur que le précédent. Trop de non dits, de phrases tues qui n'avaient pas su être partagées. Et vivre dans l'indifférence était peut-être pire alors : malgré la colère qu'elle éprouvait encore à son encontre, Marianne ne pouvait nier que toute cette sale histoire lui faisait du mal. Basile était un abruti. Mais elle n'était pas toute blanche de son côté non plus.

Le nez dans un traité sorcier, elle avait rapproché une chaise de son bureau pour y étendre ses jambes profitant de l'absence de collègues pour s'étaler. Ce qui enfreignait un brin la bienséance mais personne n'était là pour la juger. Personne sauf Basile, peut-être, qui s'était perdu dans les archives depuis plusieurs heures. Et son jugement à lui, Marianne n'en avait plus grand chose à faire se disait-elle. C'était faux, mais elle avait un rôle à jouer et la Duchannes était aussi susceptible qu'elle était têtue. Avoir l'air de se ficher de Basile, c'était être forte s'était-elle convaincue alors elle agissait tout simplement comme s'il n'existait pas. Et ne pas l'avoir dans son champs de vision aidait beaucoup : il n'y avait que le bruit des dossiers, ouvrages et autres parchemins qu'il rangeait qui venait lui rappeler que non ce soir encore elle n'était pas seule. Perdue entre les lignes, elle ne remarqua même pas sa silhouette enfiler son manteau et se préparer à sortir. Seul le claquement bref de la porte la fit sursauter, son regard s'arrêtant sur le porte manteau où il ne restait plus que ses affaires à elle. Il était parti sans un mot et Marianne soupira en s'étirant, sans savoir quoi en penser ou si cela devait lui faire du mal ou non. À la place, elle regarda l'heure nonchalamment avant de sauter sur ses pieds en voyant celle-ci. Vingt et une heure trente ?! Elle avait été happée par le traité bien plus longtemps qu'elle ne l'avait pensé, ses parents devaient se faire un sang d'encre de ne pas l'avoir vue rentrer depuis. Qu'elle reste tard n'était en soi pas surprenant mais jamais elle ne manquait le souper. Ou du moins, pas sans les en avertir. Avec hâte, elle rangea son bureau et attrapa son manteau qu'elle enfila dans les couloirs vides du Sénat. Ses talons claquaient rapidement sur le sol : courir lui semblait être une bonne idée pour rattraper son retard. Plus vite elle serait chez elle, plus vite elle éviterait un arrêt cardiaque à son père et les sermons de sa mère. Voir Basile devant les portes ne l'arrêta pas même si le fait étrange qu'il ne soit pas déjà dehors lui traversa l'esprit. Marianne était bien trop obnubilée par son retard pour réfléchir à autre chose que sortir au plus vite. Mais la porte resta close et elle n'eut pas à retenter de l'ouvrir pour comprendre la présence du sorcier devant ces dernières. Le Sénat était fermé. Non... souffla-t-elle la voix pleine de déception sans un regard à Basile pourtant à côté d'elle et dans la même situation. Marianne passa nerveusement une main sur sa frange poussée sur le côté, réfléchissant à toute allure. Elle ne pouvait pas rester ici toute la nuit. Ça n'était ni possible, ni envisageable. Une fois fermé le Sénat ne s'ouvrirait qu'au petit matin et qui savait quels sorts les aurors avaient jeté au bâtiment pour sécuriser les couloirs et bureaux la nuit. Il devait y avoir un autre moyen de sortir et les cheminées n'étaient pas une solution. Déjà capricieuses en journée, elle n'osait pas imaginer ce que cela pouvait donner maintenant. C'est pas possible... marmonna-t-elle en ouvrant son manteau : de nature anxieuse, le stress lui donnait déjà chaud. Elle s'éloigne de la porte (et de Basile) pour réfléchir, parce que lui demander de l'aider lui semble impossible. Pas après ce qu'il s'était passé et la manière avec laquelle ils se comportaient depuis. Il devait y avoir un autre moyen de sortir et elle était prête à le trouver. Se dirigeant vers le bureau de l'accueil, elle commença à fouiller les tiroirs à la recherche de quelque chose d'utile (une clef, un plan, n'importe quoi) quand les lumières s'éteignirent dans un coup de vent. Bien sûr, le Sénat étant fermé il n'y avait rien d'étonnant à ce que le bâtiment se plonge dans le noir puisqu'aucun sorcier n'était censé déambuler dans ses couloirs à une heure pareil. Son inquiétude grimpa en flèche le temps de trouver sa baguette et de prononcer un Lumos hâtivement. La lueur blanche était suffisante pour voir autour d'elle sur quelques mètres et remarquer l'absence de Basile qui avait sans doute changé de place. Ce fût plus fort qu'elle, orgueil ou non, et son prénom lui échappa Basile ? dans un appel pas assez serein à son goût. Être bloquée au Sénat était une chose, et quand les lumières étaient encore allumées cela ressemblait plus à une longue journée en perspective pendant laquelle la présence de Basile à ses côtés l'agaçait plus qu'autre chose. Mais maintenant que les lumières s'étaient éteintes, rester seule lui semblait plus stupide que raisonnable. Basile Montrose ou non.



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๑ Parchemin envoyé Jeu 29 Nov - 18:55 ๑





La nuit au Sénat.  

#basiliane

Il avait l’habitude d’être en retard. En fait, il l’était la plupart du temps : en retard. Alors qu’il ne soit pas rentré chez lui pour le dîner du soir n’allait pas surprendre les siens. Ça allait encore faire parler son père, et il devait déjà avoir les oreilles qui sifflaient ce pauvre Basile. Jamais son père n’avait un mot gentil pour lui, pourquoi en aurait-il eu, son fils était un incapable, un fainéant et était bourré de défaut. C’était comme ça qu’il se voyait, parce qu’à force d’entendre cela de la bouche de son paternel, c’est ce qu’il avait l’impression d’être. Se faire enfermé dans le sénat à la fin de la journée, c’était exactement le genre d’hypothèse qui venait apporter de l’eau au moulin de son père quant à son incapacité. Il n’avait jamais songé une seconde à s’y faire enfermé, jamais, c’était pour ça qu’il ne s’était jamais posé la question sur : quoi faire dans cette situation.

Presque penaud devant la porte close, c’est alors que Marianne passe à côté de lui, déterminée à sortir, et elle se heurte au même problème que lui : la porte est close. Eh oui, même pour elle. Dans un sens, ça le rassurait, il n’était pas si débile que cela. 'Non... ' Les  voilà donc arrivé à la même conclusion. Ils étaient coincés. Basile ne lui adresse pas un regard, essayant lui-même de réfléchir, mais il ne voyait pas trop comment faire. C’était un lieu de pouvoir, et la magie était comme fortuite dans ce lieu, surtout pour y entrer ou même en sortir. 'C'est pas possible...' Et pourtant c’était aussi simple que cela. Ils étaient partis trop tard, et ils étaient enfermés. Tout simplement. Il tourne brièvement la tête vers elle quand elle le laisse pour aller fouiller dans le bureau d’accueil. Même le vieux sorcier n’était pas là, c’était fichu. Mais ce bougre aurait quand même pu faire le tour des lieux pour s’assurer qu’il ne restait personne. Quand même.  Basile pousse un soupir, et se retourne pour aller vers son bureau, essayer de trouver comment sortir. Mais, d’un coup, les lumières s’éteignent. Et bordel…  il fallait évidemment que tout se mette en en veille. Il cherche sa baguette dans sa poche, quand soudain, il entend, 'Basile ? ' Il tourne la tête, et la voit avec sa baguette illuminée. Tient, elle lui parlait ? Première nouvelle.

Il sort sa baguette de sa mallette sans fond, et d’un sortilège muet, elle s’allume aussi.  Il s’approche d’elle, en gardant néanmoins une certaine distance. ‘T’as peur du noir ?’ lance-t-il un peu ironiquement. Pour une fois, il n’y avait rien de méchant dans ces mots. Juste une simple question. Lui, il n’avait pas peur du noir, pas le moins du monde. Il fronce les sourcils en entendant un bruit au loin. Etaient-ils seuls entre ces murs ou… ? ‘T’as entendu aussi ?’  Demande alors Basile, sans la regarder, occuper à fixer l’obscurité dans le fond du couloir, là où l’étrange bruit de pas presque mécanique étrange.  Machinalement, il avait baissé le volume sonore, presque un murmure.  Il était plutôt du genre à aimer le noir, mais ce bruit, c’était plutôt effrayant, plus qu’il ne voudrait le dire. Il lève sa baguette, et d’un geste sec, il éteint sa baguette. Encore éclairé par la lumière de la baguette de Marianne, il l’incite à l’éteindre aussi.  Un pas. Deux pas. Le bruit est trop rythmé pour que cela soit quelqu’un. Était-ce un des mécanismes de garde de Sénat la nuit ? ‘Suis-moi.’ Dit-il. Il n’ose pas lui prendre le bras, dés fois que cela soit pris pour une attaque. Ces mots sont encore un murmure. Il va d’un pas silencieux ouvrir la petite porte qui donne sur la loge sur gardien, et laisse Marianne y entrer. Il entre également et ferme déclimatent la porte. La laissant brièvement entrouverte pour voir ce que pouvait être ce bruit. Il ne faut attendre que quelques secondes pour s’apercevoir que le bruit est celui d’une statue animée effectuant une ronde. Il fallait rester le plus immobile possible, de toute évidence. Sa main se crispe sur la porte, essayant de rester de marbre. Il retient presque sa respiration, espérant que Marianne ferait de même. Seul Merlin savait ce que ferait cette statue en les trouvant… il fallait mieux ne pas tenter le diable.


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๑ Parchemin envoyé Jeu 29 Nov - 21:04 ๑


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Sa baguette allumée, elle cherche du regard la silhouette de Basile dans l'obscurité. L'accueil du Sénat est grand, de par le nombre de sorciers qui y circulent chaque jour et même avec sa baguette Marianne a du mal à trouver l'assistant. Elle a beau tendre le bras, rien n'y fait. Et la voyante est loin d'aimer ça : il s'agit peut-être de Basile mais être seule dans l'accueil ne l'enchante pas. Le Sénat en se plongeant dans l'obscurité avait revêtit un nouvel aura bien moins chaleureux que lorsque ses grandes colonnes de pierre étaient baignées par la lueur des éclairages. Et sans la chaleur des lumières, Marianne avait la sensation de sentir un courant d'air frisquet : sans doute était-ce son esprit qui lui jouait des tours car pas moins de deux minutes plus tôt elle avait du ouvrir son manteau dans un coup de chaud. Pourtant le matin en embauchant elle avait toujours un peu froid, alors que les nuits soient plus fraîches ne la surprenaient pas. C'est quand elle abandonne presque l'idée de rester avec Basile -ne le trouvant pas- que sa baguette s'allume à quelques pas. À peine est-ce le cas qu'elle tourne tout aussi soudainement sa tête vers lui et si elle ne sursaute pas, la vitesse de sa réaction est tout comme. T’as peur du noir ? qu'il lui demande l'air de rien. Elle sent l'ironie de la question, mais pas d'animosité ce qui ne va pas sans la surprendre. Il aurait pu se moquer et ne l'avait pourtant pas fait. Il était vrai que l'obscurité l'avait mise sur ses gardes et la sorcière ne pouvait nier que le noir l'inquiétait. Sans surprise pour une voyante elle détestait ne pas y voir, alors être enfermée dans un bâtiment sombre la rendait nerveuse : plus encore lorsqu'il était question d'y évoluer sans savoir quoi trouver dans l'obscurité. De là à en avoir peur, ça n'était pas le cas. Marianne n'était pas à l'aise, voilà tout. Non, toi oui ? répond-t-elle cependant en imitant son intonation, trop fière pour avouer être un peu perturbée par la noirceur qu'avait enfilé le Sénat. Marianne lui relance même la question pour se défaire de l'attention, mais il n'a pas le temps d'y répondre qu'un bruit interrompt leur semblant de conversation (qui n'était, surprenamment, pas une dispute). Avec la même précipitation, la sorcière tourne la tête vers l'endroit d'où provenait le bruit à deux doigts de lancer un Lumos Maxima pour y voir plus clair. Basile happe son attention juste à temps d'un T’as entendu aussi ? qui n'a pas besoin de réponse. S'ils regardaient dans la même direction, ça n'était pas par simple coïncidence bien au contraire. Oui... se sent-elle pourtant obligée de répondre dans un souffle. Le bruit était mécanique, ou du moins en aurait tout l'air s'il ne grinçait pas autant : ça n'avait aucun sens. Quelqu'un d'autre s'était-il fait enfermer ? Marianne était tentée d'appeler la dites personne pour s'assurer de son identité mais la peur animale qui lui nouait la gorge l'en empêchait. C'était l'instinct qui parlait, le même qui poussa Basile à éteindre sa baguette avant qu'elle ne le questionne du regard et ne finisse par en faire de même. De nouveau dans un noir presque complet si ça n'était pour la lumière de la lune filtrant timidement entre les nuages épais du mois de novembre puis les fenêtres du Sénat, Marianne entendit Basile lui lancer un Suis-moi. auquel elle fronça des sourcils. Et comment le pouvait-elle si elle ne le voyait pas ? Pour aller où ? Elle a envie de le contredire, mais la raison l'oblige à le suivre tant bien que mal en plissant des yeux. La tension qui s'était abattue sur le Montrose était communicative et le bruit métallique semblait gagner en intensité ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : cela s'approchait. Ce n'était pas du noir que Marianne avait peur, mais de ce qu'il pouvait cacher. Exactement comme ce qui brisait le silence pesant au-dessus du Sénat. Basile l'invite à entrer dans la loge du gardien, ce qu'elle fait non sans se poser mille et unes questions. À peine met-elle le pied à l'intérieur qu'elle se retourne pour faire face au sorcier mais il lui tourne le dos.

La loge est petite, sent le vieil homme et la nourriture pour chat (qui doit visiblement être avec son propriétaire). Mais la voyante ne s'en formalise pas, son attention toute tournée vers Basile qui observe ce qu'il se passe dans l'accueil sans laisser l'occasion d'en faire de même à Marianne. Dans d'autres circonstances, elle aurait râlé pour qu'il lui laisse un peu de place (et qu'il l'informe au lieu de la garder dans l'ombre) mais le bruit métallique n'est qu'à quelques mètres. Tout au plus. Elle jurerait même qu'il était devant la porte. Basile ne bronche pas et son silence, tout comme son immobilité, l'encouragent à en faire de même d'abord. Malgré leurs disputes, leurs erreurs ou encore les mots durs qu'ils avaient eu l'un envers l'autre Marianne ne peut s'empêcher de lui faire confiance. Au moins à cet instant précis. Dans une autre situation, elle s'en serait méfiée très certainement mais son regard ne se dérobe pas du profil du sorcier. Elle l'observe, le souffle court, aux aguets presque d'une quelconque réaction mais rien ne vient. Il n'y a que le bruit métallique qui se déplace. Et ses yeux se détachent quelques secondes à peine de lui pour balayer la loge du regard avant de se figer sur les tableaux qui y sont accrochés. Oh non. Si elle n'était pas dans le noir, Marianne aurait pâli. Parce qu'elle reconnaissait ces tableaux pour avoir vu les mêmes de longues années à Beauxbâtons. Les personnages n'y étaient pas toujours installés, voguant de tableau en tableau mais ils avaient élu domicile ce soir-là au Sénat. Sans les quitter des yeux, elle tendit le bras vers Basile pour l'appeler d'une brève pression sur l'épaule sans que ça n'ait l'effet escompté. Il était concentré. Mais Marianne ne l'appelait pas pour rien. La respiration courte, elle réitéra l'expérience quitte à l'agacer (une raison de plus ou de moins...) : les personnages se réveillaient lentement, dérangés par la présence des deux assistants. S'ils étaient venus ici, ça n'était pas pour être remarqués. Basile... finit-elle par le sommer en chuchotant pour attirer son attention une ultime fois. Du bout du menton, elle l'incita à lever les yeux vers les tableaux au moment même où l'un d'eux s'exclama de son tact habituel Qu'est-ce que vous faites ici ! Vous n'avez pas honte ! poussant ses collègues à s'insurger bruyamment, les uns par dessus les autres. Réveiller les tableaux, vous n'avez que ça à faire ? Espèces de dépravés, allez ailleurs ! Fermez-donc cette porte jeune homme ! Marianne poussa Basile dehors et referma la porte derrière elle, les voix se dissipant progressivement mais continuant à grommeler férocement dans la pièce. Le bruit métallique s'était arrêté lui aussi brusquement dans un moment suspendu qui laissa tout juste le temps à Marianne de dévisager Basile : elle n'avait pas vu, elle, d'où provenait le bruit mais se doutait que cela n'annonçait rien de bon. Pas quand le premier réflexe du sorcier avait été de se cacher dans la loge du secrétaire d'accueil. Interdite, elle sursauta quand le bruit de pas se remit à résonner mais cette fois de manière plus hâtive. Ce qui marchait autrefois semblait presque courir à présent et être un génie n'était pas nécessaire pour savoir quelle était sa destination. Serrant sa baguette d'une main, elle dépassa précipitamment Basile l'invitant silencieusement à la suivre loin de la loge mais sans réelle idée quant à la suite. Les bruits métalliques de plus en plus forts étaient proches. Les obligeant à s'arrêter derrière la première colonne sur leur passage. Marianne lança un regard à Basile sans savoir s'il pouvait lire l'expression inquiète sur son visage malgré l'obscurité. Puis elle articula sans prononcer Qu'est-ce qu'on fait ? de peur d'attirer l'attention de ce que Basile avait voulu fuir en premier lieu. Si on lui avait dit plus tôt dans la journée qu'elle terminerait celle-ci dans une situation pareil, elle n'y aurait pas cru. Se serait moquée même. Mais le temps n'était pas à la réflexion. Regagner leur bureau semblait être la décision la plus sage, encore fallait-il savoir comment.

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๑ Parchemin envoyé Dim 2 Déc - 22:47 ๑





La nuit au Sénat.  

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Quelle idée. Mais quelle idée à la con surtout. A vouloir faire du zèle, et le désir du travail bien fait, le voilà coincé au beau milieu du Sénat pour la nuit, avec ce qui semblait être un sortilège de protection qui donnait la vie à ces statues qui gardaient l’entrée de l’hémicycle où siégeaient les sénateurs pendant les séances. Il ne passerait plus devant ces statues sans y prêter attention maintenant ; enfin « maintenant » s’il survivait à cette nuit.  Il avait l’intention de survivre, cet instinct de survie qui l’avait déjà sauvé pendant le Tournois des Trois sorciers l’avait conduit dans la loge du concierge, et par bonté de cœur – c’est l’excuse qu’il aurait donné – il avait emmené Marianne dans son sillage. Bon, on va admettre que malgré tout, il aimait bien Marianne, mais il ne l’admettrait pas, ça n’est pas du tout son genre.  Alors qu’il est concentré pour essayer de comprendre la statue et son mécanisme. Est-ce qu’elle suit une route précise, ou bien est-ce le fruit du hasard, c’est toujours utile de le savoir si on doit prendre la fuite. Mais, non, il n’a pas franchement le temps de se concentrer d’avantage, quand Marianne appelle : 'Basile...' Cette fois, il n’a pas d’autre choix que de se retourner vers elle. Il lui jetterait presque un regard noir si l’obscurité ne l’avait pas occulté. Il la voit lui montrer les tableaux suspendus au mur. Oh ça. Merde.  'Qu'est-ce que vous faites ici ! Vous n'avez pas honte ! ' Il ne manquait plus que de tableaux… ' Réveiller les tableaux, vous n'avez que ça à faire ?' ' Espèces de dépravés, allez ailleurs ! ' ' Fermez-donc cette porte jeune homme !' Non, non, non, Basile a envie de leur hurler de se taire. Ça allait attirer la statue vers eux, non, il ne fallait pas qu’ils fassent autant de bruit. Mais il n’a pas le temps de dire à Marianne de ne pas bouger, ni même de lancer un sort de silence aux tableaux, il n’a que le temps de resserrer sa main sur sa baguette. Mais, non. A la place de cela, Marianne le pousse en dehors de la loge. Oh merde.

Le bruit s’arrête. C’est le silence. Pour Basile, ce n’est que le calme avant la tempête. Marianne le dévisage, et lui il est simplement « dépité » ? Merde, c’est l’interjection qui définirait le mieux son visage. Marianne n’avait pas réfléchie en le faisant sortir ! Elle aurait dû réfléchir. Un minimum. Le bruit étaient de plus en plus rapide.  Il a toujours sa baguette en main, une chance que la statue se soit un peu éloignée dans sa ronde, mais à en juger par le pas rapide de celle-ci. Marianne l’invite à le suivre. Non, non, non. Il ne fallait pas aller par-là, mais bon sang quelle idiote ! Toujours à faire ce qu’il ne faut pas ! Il la suit dans un premier temps pour la retenir. Ils se cachent alors derrière la colonne qui heureusement était placée ici.  Elle n’est pas rassurée Marianne. Pas du tout, car dans la faible luminosité, il voit le regard interrogateur de la sorcière. Si elle l’avait laissé expliquer, si elle n’était pas partie précipitamment de la loge, ils n’en seraient pas là.  Basile pose son doigt sur ses propres lèvres pour lui signifier de ne surtout pas parler. Pendant ce temps, le soldat de pierre et d’acier passe dans le couloir et se rapproche d’eux. Le sorcier lève alors sa baguette pour jeter un sommaire sortilège de désillusion. Bien sûr ça n’aurait jamais l’efficacité d’une cape d’invisibilité, mais dans l’obscurité le résultat était plutôt correct. Il avait tendance à ses sous-estimer comme sorcier, mais ce n’était pas hasard qu’il s’était retrouvé dans le tournois scolaire de sorcier le plus réputé au monde. Mais a force de se faire rabaisser par son père, il avait parfois tendance à se sous-estimer.  Gardant son doigt sur ses lèvres, c’était à la fois pour dire de ne pas parler de ne pas bouger. Les pas hâtif du bloc de pierre semblent si proches. S’il avait eu les bras nus, on aurait pu y voir sa chair de poule. Les pas dépassent la colonne, derrière celle-ci. D’un coup de baguette, Basile fait claquer la porte de la loge qu’ils avaient fuis qui était restée entrouverte. La statue presse alors le pas dans cette direction, leur laissant tout le loisir de fuir dans l’autre sens.

Il aurait pu attraper Marianne par la main. Mais, elle savait courir comme une grande non ? Il lui tape simplement sur l’épaule quand la statue va vers la porte close pour qu’elle le suive. Il fallait marcher en faisant le moins de bruit possible. Il fallait trouver un endroit qui n’était pas inclus dans la ronde de l’étrange gardien.  Ils marchent dans la nuit, et quand ils se rapprochent des bureaux il semblerait qu’un second gardien de pierre y ait élu domicile, en plein centre de ceux-ci, dressé et immobile. Une gigantesque épée de fer entre les mains, telle la gigantesque « dame » d’un jeune d’échec.  Il arrête Marianne du bras avant qu’elle ne puisse entrer dans le bureau. Dans l’obscurité, il ne voit pas grand-chose. Il ne fait pas attention. Sa main frôle la sienne sans qu’il ne s’en rende compte, ou n’en fasse tout un plat. Ce n’était pas intentionnel, il avait mieux à faire que de peloter une fille dans l’obscurité. Il se cache alors contre le mur, juste à côté de la porte, adossé. Bon sang, quelle soirée merde. ‘Ils sont partout.’ Maugrée-t-il presque dans un murmure. Il réfléchit à toute allure. ‘Les archives…’Laisse-t-il échapper toujours dans un murmure. Il tourne alors la tête vers Marianne. ‘Les archives sont closes… je…’ Fermées à clef. Il a comme une idée, et il espère sincèrement que pour une fois, il n’a pas fait les choses comme il le fallait. Une erreur pouvait des fois vous sauver la mise. De sa main libre, il tâte, les poches de son pantalon, puis de son veston. Bingo.  Il va chercher la clef dans la poche de son veston, la montrant à Marianne, espérant à avoir à parler le moins possible pour ne pas sortir la créature pour l’instant inanimée de sa veille, tandis que l’autre dont ils avaient attiré l’attention semblait revenir dans leur direction. Elle devait comprendre, et vite parce qu’ils n’avaient pas toute la nuit.


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๑ Parchemin envoyé Lun 3 Déc - 1:08 ๑


une nuit au sénat
๑ basile montrose et marianne duchannes ๑
Contre la colonne, elle retient sa respiration. Ce qui n'est pas compliqué tant il lui est difficile de respirer convenablement, l'impression que ses poumons ne fonctionnent qu'à moitié comme pressés par l'inquiétude qui l'avait envahie. Éternelle anxieuse, elle a beau être de nature optimiste ce genre de situation lui était trop étranger pour qu'elle y réagisse avec le calme de Basile. Quand lui semble être de marbre, Marianne ne peut s'empêcher de jouer avec l'une de ses bagues, de la faire tourner autour de sa phalange nerveusement tandis que son autre main serre sa baguette avec un peu trop d'entrain. Comment diable pouvait-il être si posé : ne saisissait-il pas l'urgence dans laquelle ils étaient ? Elle a envie de lui dire qu'ils ne pouvaient pas rester là, trépignerait presque sur place si elle avait le cran de faire le moindre mouvement. Le bruit s'approchait, et l'envie de fuir à l'opposé était de plus en plus pressante. Pourtant, le sorcier lève la main et barre ses lèvres de son index. Un geste qu'elle devine très bien dans l'obscurité tant ils sont proches et si elle en comprend le sens et ne se fait pas prier pour obéir Marianne continue de le dévisager. Il fallait partir avant que ce qui émettait ce bruit ne soit trop près. Elle le voit alors lever sa baguette et jeter un sortilège autour d'eux, faisant le lien suffisamment vite pour se figer mais pas assez pour contester son idée trop dangereuse. Basile était devenu fou. Voilà. Ses nerfs avaient fini par lâcher et il la trainait avec lui dans sa chute : Marianne avait envie de le tirer de force loin de là, mais face à son immobilité elle en avait conclu qu'il était trop tard pour faire quoi que ce soit. À la place elle ne bouge plus, le coeur au bord des lèvres et les palpitations si fortes qu'elle en a peur que le bruyant intrus ne les entende. Son regard passe de celui de Basile, au reste de la pièce derrière lui dans l'attente interminable de voir ce qui faisait ce vacarme passer. Et quand elle le voit enfin, c'est tous les efforts du monde qu'elle doit fournir pour ne pas s'agripper instinctivement au manteau de Basile. Marianne se crispe, ne respire plus, ses yeux fixés sur la statue de pierre et de métal qui avance dans leur direction. Alors c'était ça son plan ? Se cacher en plein milieu de l'accueil et espérer que la statue ne décide pas de leur marcher dessus malgré le sort d'invisibilité ? Son regard retourne plein d'urgence vers celui de Basile qui fait claquer la porte de la loge d'un coup de baguette avant de lui taper l'épaule, disparaissant ou presque dans l'obscurité. Qu'allait-il se passer maintenant ?

Marianne râlait intérieurement, le maudissait presque. Mais elle était bien incapable de le laisser s'engouffrer dans les couloirs seul. Parce qu'elle avait peur, tout simplement. Pour elle bien sûr, d'être laissée à elle-même au sein d'un Sénat plongé dans le noir et qui revêtait les couleurs d'une prison bien gardée, mais aussi pour lui. Basile avait beau être l'épicentre de ses peines passées comme plus actuelles, s'il lui arrivait quelque chose ce soir Marianne ne se le pardonnerait sans doute jamais. Une attention qu'elle mettait sur le compte du bon sens, plutôt que sur de l'affection. Préférant se considérer terre à terre plutôt qu'attachée à celui qui lui faisait presque regretter de travailler au Sénat par moment. Alors elle le suit maladroitement, essayant de faire le moins de bruit possible avec ses talons en marchant quasiment sur la pointe des pieds. Ce sont les bureaux vers lesquels ils se dirigent, une décision sage de la part de Basile. Enfin. Elle va pour passer la porte, un brin rassurée d'être arrivée ici sans encombres et s'imaginant déjà s'enfermer dans la pièce et allumer le feu dans une des cheminées mais Basile l'arrête à bout de bras. Sa main glisse contre la sienne que Marianne éloigne rapidement d'un geste vif, comme un réflexe. Plus surprise par le contact que gênée par ce dernier qu'elle considère comme une maladresse. Et elle n'a pas le temps de toute façon d'y faire plus attention parce que la silhouette de Basile s'écarte pour se cacher derrière le mur. Quoi maintenant ? Ils sont partout. Oh. Un autre garde, en conclu-t-elle en se penchant pour enlever ses chaussures à talons qu'elle range dans son sac à main sans fond. La pierre au sol est gelée, mais la sorcière préfère avoir froid que courir sur la pointe des pieds ou faire du bruit dans ce qui s'était transformé en course au silence. Il doit forcément y avoir un endroit où ils ne sont pas. qu'elle lui répond tout bas, parce qu'il ne pouvait pas y avoir autant de statues que de pièces dans le bâtiment. Les archives… Qu'est-ce qu'elles avaient les archives ? Elle fronce des sourcils, réfléchissant de son côté également à un endroit sûr. Une salle de réunion peut-être, ou de conférence. Un endroit sans rien de valeur à voler, sans dossiers ni lettres. Quelque part qui ne méritait pas d'être gardé. Les archives sont closes… je… Et elle le voit venir de loin avec sa clé. Marianne doute. Les archives, c'était plein de dossiers. Même le jour c'était une pièce constamment fermée à clés alors la nuit c'était sans doute gardé aussi farouchement que les bureaux ou l'accueil. Elle secoue la tête négativement, prête à lui expliquer son raisonnement mais le bruit de la statue qu'ils avaient évité plus tôt donne le coup d'envoi.

C'est reparti. Basile s'éloigne et Marianne ne peut que le suivre à contre-coeur, la sensation de courir droit dans la gueule du loup. Sur le chemin, elle continue de réfléchir et cherche à trouver comment le dissuader avant d'arriver à destination mais il est trop tard pour faire demi-tour. Et quand ils s'avancent vers les dites archives ce sont deux armures de parts et d'autres de la porte qui en gardent l'entrée. Le dos droit et les mains nouées autour de lourdes épées de fer. Ils s'arrêtent à bonne distance avant d'être visibles, talonnés par l'armure du début qui continue de chercher ceux qui avaient dérangés son tour de garde. Et c'est cette fois Marianne qui prend les devants en ouvrant discrètement une porte qu'elle sait donner sur la réserve de fournitures : une pièce étroite dont les murs étaient recouverts d'étagères pleines à craquer de plumes, parchemins, encriers et autres matériaux. Quand elle entend la porte se fermer, la sorcière se retourne pour faire face au Montrose et allume sa baguette d'une lumière faible pour ne pas qu'elle filtre sous la porte. Je t'avais dis non... soupire-t-elle dans un murmure. Et lui dire qu'elle l'avait prévenue lui brûle les lèvres mais l'heure n'était pas à celui qui avait raison ou tord. Restons ici le temps de se faire oublier ? elle espère qu'il dira oui, notamment parce que courir dans les couloirs était plus dangereux qu'attendre que la statue les oublie ici. Avec un peu de chance, elle finirait par retourner à sa garde. L'espace d'une seconde, Marianne se demande si les armures peuvent communiquer entre elles mais elle rejette la pensée loin dans son esprit de peur que ça soit le cas. Ce qui serait alors très problématique. Il ne manquerait plus que ça. J'ai pas envie de retourner dehors. finit-elle par avouer la peur au ventre mais le visage à peu près fort. Elle n'avait pas envie, ce qui ne voulait en soit pas dire qu'elle avait peur même si la vérité était toute autre. Qu'est-ce qu'elle ne donnerait pas pour être chez elle, là, maintenant. Plus jamais elle ne resterait tard, c'était décidé. Quand le bruit des pas métallique se fait plus fort, mais aussi plus lent, Marianne éteint abruptement sa baguette, le silence à nouveau d'or.

30 novembre 1927
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La nuit au Sénat.  

#basiliane

Une nuit comme ça, il n’aurait pas imaginé en passé une dans sa vie. Et encore moins une nui enfermée dans le Sénat à fuir des étranges armures pas du tout rassurante. Il était du genre à aimer l’aventure, mais pas après une journée de travail. Pas après une journée harassante de travail. Non. Une journée à subir les nerfs de son père, et à choisir de travailler à l’abris du jour dans les archives pour n’avoir à affronter personne. 'Il doit forcément y avoir un endroit où ils ne sont pas.' Oui, les archives, c’était une pièce parfaitement close, parfaitement fermée. Les créatures ne pourraient y avoir accès, ils n’auraient qu’à fermer derrière eux, tout simplement. Ils étaient dans la pénombre, mais il voit déjà Marianne hocher négativement la tête. Elle n’est pas d’accord avec son plan. Tiens, c’était quand même à cause d’elle qu’ils étaient sortis de la loge en courant parce que Madame avait décidé que c’était mieux de courir sans avoir la moindre idée de ce qu’ils avaient en face. Brillant. Mais, il ne lui laisse pas le choix, il décide de partir en direction des archives, qu’elle fasse comme elle veut après tout, ils n’avaient aucun comptes à se rendre.  

Il s’arrête net, la jeune femme aussi quand ils voient deux armures immobiles leur barrer l’entrée des archives. Eh merde, songe-t-il alors. Il cherche une option, en se demandant si elles sont vraiment en veille ou si elles sont capables de les voir. Qu’importe, il voit que Marianne ouvre ce qui est la porte de l’une des réserves. Eh merde. Merde. Il jure beaucoup dans sa tête, à défaut de pouvoir le faire de vive voix pour ne pas attirer ces créatures animées. Il la suit et referme la porte derrière lui, dans le plus grand des silences. Des années à sortir de sa chambre en douce sans attirer l’attention. Un maître dans l’art de passer sous le nez des parents et des elfes pour aller dans les cuisines. 'Je t'avais dis non... ' Et alors ? Elle avait peut-être une meilleure idée mademoiselle Duchannes. Il en doutait. Pas qu’une femme ne soit pas capable d’avoir des bonnes idées, mais jusqu’ici elle n’avait pas brillé par sa perspicacité.  En même temps, ces choses pouvaient être n’importe où dans le bâtiment et il doutait qu’il y ait réellement un endroit sauf. Sauf ‘dans’ les archives. L’Hémicycle lui-même devait être sous haute surveillance. On arriverait pas à lui enlever ça de la tête. 'Restons ici le temps de se faire oublier ?' Il n’aimait pas cette insécurité. Et si la statue décidait de venir inspecter la réserve, la porte n’était pas close, et elle n’avait aucune raison de l’être. Il fallait aller là où c’était normalement clos, là où elles n’avaient aucune raison de faire une ronde. Bien sûr il fallait régler un souci pour passer mais ça demeurait du détail.  'J'ai pas envie de retourner dehors.' Oh elle avait peur. Evidemment, c’était une femme.

L’idée de rester cacher dans une réserve avec peu de place, et l’obligation de rester silencieux, et surtout de ne pas bouger le rendait nerveux. Bon, pas que parler soit obligatoire, il n’avait pas grand-chose à dire à Marianne. Pas vraiment, depuis l’autre soir, il se passerait même de sa présence. Qu’il dit. Mais ça, c’est une autre histoire. Une toute autre histoire.  ‘Et prendre le risque qu’ils entrent ici, alors qu’on a aucune solution de repli ?’ Il était stratégique Basile, c’était son esprit qui s’était aiguisé avec le tournoi. ‘C’est une pièce où tout le monde circule librement, pourquoi pas elles aussi ?’ Il ne faisait qu’énoncer des évidences, mais visiblement Marianne avait besoin qu’on les énonce.  Il parle le plus faiblement possible, et dû se rapprocher un peu d’elle pour avoir à parler le moins fort qu’il puisse. Sans pour autant être collée à elle, il y a toujours quelques règles à respecter. Surtout avec une fille comme Marianne. ‘Il faut aller dans les archives. Moi, j’y vais en tout cas.’ Okay il y avait une statue à leur recherche, deux autres en faction devant. ‘Tout est question de diversion.’  Il pouvait le faire seul. Il était assez futé pour s’en sortir, et parvenir à s’y réfugier, il était plus futé qu’il ne voulait parfois le dire. S’il manquait d’assurance, il oubliait ce dont il était capable jusqu’à être dans le feu de l’action, et parfaitement conscient de ses faits et gestes. Son esprit était vif. ‘Je peux le faire seul, mais si tu m’aides ça sera mieux.’ Il n’avait pas nécessairement besoin de son aide, mais il fait un effort en lui donnant un rôle. Peut-être parce qu’il avait envie qu’elle le suive et qu’elle ne reste pas en insécurité dans cette réserve.  Le cliquetis des pas sourd de la créature qui les suivait s’arrête brusquement devant la porte. Il se fige, et attrape la main de Marianne tenant sa baguette pour l’agiter afin d’éteindre le lumos. Il n’avait pas touché sa main depuis… des lustres. Elle aurait pu le faire seul, mais ce fut comme un réflexe.  Puis, quelques pas plus loin, et ils semblent repartir dans la direction d’où elle venait, comme si en faisant face à ses deux comparses immobiles, elle en avait déduit que les éléments perturbateurs n’étaient par ici.  C’est quand elle s’éloigne qu’il respire de nouveau, lâchant soudain la main de Marianne, se rendant compte qu’il s’était figé dans cette position. Passant un main nerveuse dans ses cheveux, il fallait juste s’en tenir au plan. ‘Je les attire plus loin, pendant que tu ouvres la porte. Je reviens, on ferme.’ C’était simple. Les meilleurs plans sont bien souvent les plus simple. Seul ça marchait, en duo c’était plus efficace. La diversion, pendant que l’autre agit, c’était une partition qu’il avait joué un nombre de fois incroyable avec sa jumelle, jadis.


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๑ Parchemin envoyé Lun 3 Déc - 23:42 ๑


une nuit au sénat
๑ basile montrose et marianne duchannes ๑
Elle n'avait pas envie d'être là. Que ce soit au Sénat ou dans cette réserve avec Basile. Elle n'avait pas non plus envie de paraître faible devant lui parce que ce serait alors lui faire bien trop plaisir. Elle n'avait pas envie mais ça ne changeait rien. Les faits étaient là, bien trop contre elle pour qu'elle puisse les apprécier. Cette situation finalement ne réussissait qu'à Basile. La preuve : Et prendre le risque qu’ils entrent ici, alors qu’on a aucune solution de repli ? C’est une pièce où tout le monde circule librement, pourquoi pas elles aussi ? Et il avait raison encore une fois, ce qui eu le don de faire taire Marianne. Elle n'aimait pas avoir tord, mais que ce soit face à lui l'énervait plus encore. Alors elle ne dit rien, lui concède par son silence ce point. La réserve n'était pas le meilleur des choix mais au moins, ils n'étaient plus au milieu du couloir entre trois statues aussi imposantes que terrifiantes : et ça, c'était une petite victoire pour la voyante. Elle n'avait réfléchi qu'au court terme cependant, ce qui avait transformé son instinct de survie en erreur de débutante. Mais ça n'était pas elle la sorcière d'action, cela avait toujours été Basile : du sport au Tournois des trois sorciers, il avait déjà fait ses preuves. De son côté, Marianne s'était concentrée sur ses études, sur la carrière qu'elle envisageait et qui avait toujours été dans un bureau et loin du terrain. Elle ne s'était jamais vue ailleurs que dans les dossiers, les débats et les questions de société. Pourtant, elle aurait pu être auror vu son parcours à Beauxbâtons. Mais c'était son caractère qui l'avait détournée de cette voie trop dangereuse à son goût. Il faut aller dans les archives. Moi, j’y vais en tout cas. Ah. Le voilà qui l'effaçait déjà de l'équation. Sympa. Marianne détourne son regard du sien, qu'il fasse bande à part alors. Elle trouverait bien un endroit plus discret que les archives trop gardées, peut-être les cuisines. Après tout l'heure tournait et la faim se faisait sentir. Tout est question de diversion. Il parle mais elle ne l'écoute plus que d'une oreille, distraite à chercher ce qu'elle allait faire et comment y arriver seule. Le plan de Basile avait l'air dangereux, ce qui n'était pas très étonnant parce qu'il n'avait jamais eu froid aux yeux. Je peux le faire seul, mais si tu m’aides ça sera mieux. Son regard retrouve le sien, perplexe. C'était une proposition dont elle devait peser le pour et le contre rapidement. Devrait-elle le laisser à ses folies, tenter de l'en dissuader une dernière fois ou finir par l'aider ? C'est naturellement la dernière option qu'elle choisit, bien incapable de le laisser se mettre en danger seul. Au moins, elle serait là si quelque chose ne se passait pas comme prévu et Marianne ne faisait ça que parce qu'elle ne voulait pas qu'on lui rejette la faute s'il lui arrivait quelque chose. Du moins la sorcière tentait de se trouver une autre raison plus neutre que d'avoir peur pour lui. Amertume ou non, elle restait quelqu'un de sensible et d'altruiste. D'acco - Coupée dans son élan à la fois par les bruits de pas qui s'arrêtent et par la main de Basile, elle ne montre aucune résistance quand il l'oblige à éteindre sa baguette les plongeant dans le noir complet. Elle ne perçoit plus que sa main autour de la sienne, tendue. Un contact à la fois familier et... complètement étranger depuis le temps qui la perturbe plus qu'elle ne le voudrait. Elle se retient de bouger, de respirer même en entendant derrière la porte la statue se mouvoir et ne reprend son souffle que lorsque Basile en fait de même. Il lâche sa main alors brusquement, que Marianne vient récupérer en se reculant d'un pas incertaine sur beaucoup de choses. Le temps n'est pas à l'introspection mais à l'action à présent. En témoigne le ton déterminé et sans appel que le Montrose emploie une dernière fois. Je les attire plus loin, pendant que tu ouvres la porte. Je reviens, on ferme. La voyante marque une pause puis soupire. Elle n'a pas vraiment d'autre choix de toute façon. Donne moi les clés. lui lance-t-elle simplement.

S'il ne faisait pas complètement noir, il aurait pu voir sur son visage une mine pleine de doutes et d'appréhension mais heureusement pour Marianne son ressenti lui reste personnel. À la place, elle tend la main vers Basile à l'aveuglette pour qu'il y dépose les clés des archives. Ses doigts se buttent à ce qu'elle devine être son torse avant qu'elle ne les retire un brin gênée : c'est finalement contre son bras qu'elle pose sa main en attendant qu'il lui donne ce qu'elle avait demandé. Quand c'est chose faites, elle murmure par habitude un petit Merci. qui se noie dans le silence d'outre-tombe qui règne sur le Sénat. Le plan de Basile ne lui plait pas, c'est à la fois trop simple et trop compliqué. Quelque chose finirait bien par arriver... Avant qu'ils ne se préparent à partir, Marianne ne peut s'empêcher de lui dire bien qu'il lui tourne le dos Fais attention. après quoi elle se sent un peu bête. Elle n'aurait surement pas dû, c'était stupide et Basile n'en avait certainement rien à faire de toute façon. Alors la sorcière se maudit intérieurement tandis qu'il disparait à l'extérieur. Elle, elle attend à l'intérieur de la réserve que les statues bougent et après un moment qui lui parait interminable c'est bien le cas : il avait réussi. Marianne entrouvre la porte pour s'assurer que plus rien ne garde l'entrée des archives et se glisse à son tour dehors quand elle constate que la voie est libre. Pieds nus, elle avance sans faire le moindre bruit vers la porte les sens aux aguets et le coeur qui menace de s'arrêter. Pour le coup, si son patronus était une souris ça n'avait rien d'une coincidence tant elle est discrète et seul le bruit du loquet vient interrompre le silence autour d'elle... bien que dérangé par les bruits au loin de ce qu'elle se doutait être les deux statues. Et Basile. Quand elle se glisse à l'intérieur des archives, elle garde entrouverte la porte pour que le sorcier n'ait plus qu'à la pousser et enfonce les clés dans la serrure depuis l'intérieur afin de n'avoir qu'à les tourner une fois tous deux réunis. Mais le temps passe et Basile ne revient pas. Quelque chose avait peut-être mal tourné. Elle patiente pourtant, difficilement parce que l'envie furieuse de partir à sa recherche ne la quitte pas mais qu'elle se l'interdit parce que ça n'était pas le plan. Quel imbécile d'être parti seul. Quel plan de merde surtout ! Elle jure, ce qui est loin d'être une habitude, mais attendre lui devient impossible après ce qu'elle juge comme être une éternité. Alors elle va pour ouvrir un peu plus la porte et aperçoit au bout du couloir une silhouette qui avance. Sans doute Basile, parce que ça ne ressemblait pas aux statues qu'ils avaient vu et si cela la rassure enfin elle n'en reste pas moins à cran tant qu'elle n'aura pas vu clairement qu'il s'agissait bien de lui. Marianne referme la porte presque jusqu'au bout, l'arrêtant juste avant qu'elle ne se ferme complètement pour faciliter la tâche au sorcier et s'éloigne de celle-ci. Basile arrivait, elle en était presque certaine mais dans le doute elle préféra attendre qu'il revienne cachée dans l'une des allées des archives, enfouissant son manteau dans son sac sur le chemin. Elle n'aimait pas ça, être laissée à l'arrière, devoir attendre le retour de celui qui avait pris tous les risques.

30 novembre 1927
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๑ Parchemin envoyé Mar 4 Déc - 22:45 ๑





La nuit au Sénat.  

#basiliane

C’est dingue qu’un type qui a l’impression de n’être qu’un bon à rien soit aussi efficace dans l’urgence. Il doit être de ces gens qui excellent sous la pression et qui ont besoin d’une dose d’adrénaline pour avancer. Il était sans doute bien plus efficace que Marianne, parce qu’il avait plus ‘d’expérience en la matière’, et qu’il avait un tempérament de sportif, donc à même de supporter la pression. La réussite de plan dépendait avant tout de sa capacité à orchestrer une véritable diversion. Il avait toujours été plutôt doué pour faire accuser des membres de sa fratrie. Il avait été doué pour détourner l’attention de certaines de ses fautes pour mieux les camoufler. Alors oui, ça dépendait de lui. Mais il avait le mérite de courir vite, au cas où. Il ne lui laissait pas vraiment le choix. Mais, s’il avait son aide, c’était évident que ça serait plus simple. Il pouvait garder la clef dans sa poche, mais c’était toujours possible de la perdre dans sa course. 'D'acco -' Bon au moins, ils étaient deux sur le coup. Il valait mieux être deux que seul. Il avait besoin qu’elle se glisse derrière les statues quand il aurait attiré leur attention, et qu’il lui garde la porte ouverte. C’était primordial. Il y avait toujours le risque qu’il soit enfermé dehors, si elle était assez vile et vengeresse, elle le ferait. Mais qu’il sache, ça n’était pas dans son caractère, du moins, il espérait. 'Donne moi les clés.' Pas facile dans la nuit quasi noire. Il essaye de trouver sa main, et à priori Marianne essaye de trouver la sienne. Mais elle trouve son torse. Okay. Basile aurait pu être gêné, mais ce n’était pas le genre, mais il était prêt à mettre sa main à couper qu’elle l’était, gênée. Puis, il vient à la rencontre de sa main et y dépose la clef. 'Merci.' Sa mère lui aurait dit de répondre avec politesse par un ‘de rien’ mais ils n’étaient pas là pour se faire des politesses. Ils avaient juste besoin de se mettre à l’abri. C’était le plus important, Basile n’avait pas envie de passer le reste de sa nuit sur le qui-vive. Non clairement pas. 'Fais attention.'  ‘Rend pas les choses plus stressantes qu’elles ne le sont.’ Lâche-t-il avec une pointe de cette arrogance qui le caractérise avant de lui tourner le dos. Ce n’était pas méchant, c’était juste du Basile tout cracher.

Il sort de la réserve, d’un geste de baguette il pointe les semelles de ses chaussures pour les rendre les plus discrètes possibles. Il ne jette pas un dernier regard derrière lui. Il s’éloigne, à pas feutré il s’éloigne des archives, toujours la baguette en main. Il est au bout de quelques pas, à quelques mètres il se retrouve derrière celle qui les avait prises en chasse. Il attend qu’elle arrive devant la porte du sénat pour se cacher derrière une colonne, et attendre qu’elle repasse. Tout n’était qu’une question de patience. L’art de sortir en douce la nuit était celui où il était passé maître.  Quand le cliquetis revient vers lui, il se faufile dans la sillage de la créature de pierre pour aller pousser la porte de la loge du gardien. ’Mais encor-‘Ssshh’ Leur fait alors Basile. ‘Si je vous sors de cette loge minable pour vous mettre dans l’hémicyle, vous feriez ce que je vous dis ?’ Il n’en fallait pas plus pour flatter cette maudite peinture, une sorte d’aristocrate du dix-huitième avec une perruque à la Louis XVI. Basile avait souvent à faire à des tableaux vaniteux  dans le château de sa famille, il suffisait de savoir les prendre. ‘Je peux me déplacer où non me semble, Monsieur le maraudeur de nuit. Jean-Eudes de Maulmont d'Arbeaumont n'a pas besoin de 'porteur', jamais.’  ‘Oh vraiment, on est condamné à admirer votre… grandeur dans le tableau d’un autre. Quelle tristesse.’ Dit-il à voix basse.  Il savait que la statue dans sa ronde n’était pas toute proche. ‘Jeune homme vous touchez un point sensible et plutôt correct, ma foi.’ A l’obscurité, Basile laisse échapper un sourire. ‘Il va falloir qu’on fasse diversion, vous et moi. Mais permettez-moi je vous décrocher de votre sinistre mur votre excellence.’ Ou l’art de brosser un personnage dans le sens du poil.  Il n’attend pas la permission et il décrocher la toile du mur. Il la cale sous son bras. Il passe la tête par la porte, et vois la statue s’approcher de lui dans le circuit de sa ronde. C’était plutôt simple une fois qu’on comprend comment elle procède. Il attend peut être une voir deux minutes qu’elle s’éloigne de nouveau, se glissant derrière la seconde rangé de colonne.  Un pas, deux pas. Il connaissait ces couloirs comme sa poche, parce que plus d’une fois enfant il y avait joué avec ses sœurs pendant qu’ils attendaient leur père, longtemps. Puis, il y travaillait aussi. Il prend le premier couloir sur la droite. Et voit au bout, à l’entrée de l’hémicycle une statue fixe. Il s’arrête, se colle contre le mur, murmurant à la statue, ‘Si vous pouviez aller rendre visite à ce fameux déjeuner sur l’herbe et faire en sorte que cette statue vienne vers vous et j’vous installe.’ C’était l’avantage que l’art soit parsemé un peu partout dans ce lieu de pouvoir. ‘Le comte d’Arbeaumont s’en va !’ Quelle théâtralité. Basile roule des yeux. Et attend. Il entend au loin, dans le couloir voisin ‘Mesdames ! Mesdames ! Cachez donc ce  pain que je ne saurais voir !’ Si Basile fronce les sourcils, il voit la statue bouger. Et quitter son poste. Il inspire profondément, et se met à courir pour entrer dans l’hémicycle. Sans être vu. Il n’y avait plus qu’à prier pour que cette statue soit digne de parole. Si ce n’était pas le cas, et qu’il survivait à cette nuit, Basile y mettrait le feu, tout simplement.

Basile entre comme une furie dans la chambre du Sénat, fort heureusement vide. Il cherche des yeux ce qu’il avait remarqué l’autre matin. Un clou vide sur le mur sur le mur est,  les tableaux vont et viennent au gré des volontés des sénateurs. Toujours en essayant d’être le plus silencieux possible, il l’accroche en se servant de sa baguette pour le hisser. Aussitôt en place, le Comte fait son apparition un brin débraillé.  'Sir vous semblez…’ ‘Diantre ! Qu’elles sont farouches ces demoiselles… Mais quelle idée de se dénuder à un déjeuner si ce n’est point une orgie.’ Basile essaye de ne pas lui en tenir rigueur, ignorer la vie palpitante des tableaux était la meilleure chose à faire. Certainement. Il lâche doucement ‘La Venus de Botticelli sera peut-être plus… apte.’ L même Venus qui se trouvait juste dans le couloir des archives, un peu plus loin. De quoi attirer leur attention. Venus, la déesse de l’amour, si ça ne collait pas Basile ne pourrait rien pour lui. Le conte hoche la tête, songeur tel le penseur de Rodin. ‘Cette Venus et sa pai-‘ ‘Ouais, sacré Venus.’ Il se racle la gorge, tandis qu’il voit la statue reprendre sa place à l’entrée du sénat. Il allait falloir ruser, ou plutôt emprunter ce passage que son père lui avait dit exister derrière le perchoir. ‘Voudras-tu vaillant Maraudeur de nuit que je demande à Venus d’envoûter de son parfum d'amour ta demoiselle à qui tu comptais fleurette tout à l’heure ?’ Non, il ne comptait pas fleurette, non. Pas du tout. Pas le moins du monde. ‘Evidemment.’ Dit-il, toujours pour brosser le tableau dans le sens du poil. ‘Sois spectaculaire, je dois retrouver cette …’ Il cherche ces mots, ‘Douce charmante jeune fille, dans les archives. Si je pouvais avoir le champ libre.’ On était loin du compte. Enfin, la vérité était là, il devait rejoindre Marianne, mais en tout bien tout honneur. Le tableau semble exactement comprendre là où il veut en venir, il espérait sincèrement que c’était le cas. Sinon, c’était la merde. Basile leva les yeux au ciel quand le personnage disparu du cadre. Demain, il ne le regarderait plus de la même façon et lui serait catalogué comme le jeune maraudeur de nuit cherchant à conter fleurette à une douce jeune fille. Oh bon sang.  Il s’aventure alors derrière le perchoir, cherchant du bout de la baguette faiblement éclairée l’encoche qui permettait d’ouvrir la porte. Il trouve l’encoche, d’un coup de baguette déverrouille le passage. Mais, la porte reste bloquée entrouverte, il grimace et donne un petit coup d’épaule pour passer. Il ne veut pas faire trop de bruit. Un second, plus fort. Il étouffe un petit cri de douleur quand il enfonce la porte dans un bruit sourd, s’étalant par terre dans le passage. A terre, et d’un coup de baguette, il ferme le passage derrière lui, attirant la statue de la chambre Sénatoriale vers le passage clos. Une de moins. Il se relève grimaçant un peu, rallumant sa baguette faiblement.  Logiquement, il arriverait non loin des archives, un peu plus loin dans le couloir. Il entrouvre le passage, et entend les statues  partir à la hâte dans la direction opposée, laissant le couloir vide. On y était presque.  Il avance un peu le pas pressé, essayant de se faire le plus silencieux possible au loin il entend des rires de femmes s’élever, il n’avait pas envie de savoir ce que le conte et la Venus allaient faire. Oh non. ‘En garde statues !’ Il ne peut s’empêcher d’étouffer un rire en imaginant le conte provoquer en duel les immenses statues de pierre qui venaient simplement voir qui était à l’origine de ce remue-ménage.

La porte est à peine ouverte, quelle partie dans laisse la porte bien ouverte Marianne n’avait-elle pas compris ?  Il presse le pas, quand il entend les lourds pas se rapprocher de lui. Il court même, le plus vite qu’il peut, se heurtant un peu – beaucoup – à la porte, une fois encore, c’est l’épaule droite qui prend tout. Déjà bien douloureuse. Il entre,  il n’eut pas la présence d’esprit de se dire qu’il aurait pu faire plus doucement, au cas où elle aurait été derrière la porte, et en l’occurrence éjectée plus loin, ou écrasée contre le mur. Mais bon, en même temps, qui reste derrière une porte ? Essoufflé, il referme d’un coup de baguette la porte derrière lui, et la verrouillant à la main. Il espérait simplement que Marianne n’avait pas joué les téméraires et était sagement restée à l’intérieur, parce que sinon elle serait enfermée dehors. Mais d’ailleurs pourquoi la sécurité de Marianne l’intéressait tant ? Il se gifle mentalement de penser à cela. ‘Marianne ?’ Appelle-t-il doucement voulant s’assurer qu’elle était bien là.   Il grimace un peu, se massant l’épaule, il la cherche du regard, éclairant d’avantage sa baguette. Ils devaient être en sécurité, il espérait tout du moins, que tous les deux y étaient, elle et lui. Lui et elle. C’était une pensée qu’il n’aurait jamais cru avoir. Comme quoi, rien n’est gravé dans le marbre, tout est en continuel mouvement.  Avançant d’un pas lent, il s’aventure vers le premier rayonnage, et y voit la sorcière entrain de se cacher. Basile n’avait rien du grand méchant loup. ‘Tu es là.’ Dit sur ce ton, on put sentir qu’il était rassuré, ce n’était pas le « tu es là » du genre « ah merde, t’es là », non, c’était sincère. ‘Un plan cousu-main.’ Dit-il en souriant, se lançant des fleurs. On ne se refaisait pas. Il garde sa baguette en main pour qu’ils aient toujours un peu de lumière. Il grimace un peu quand il s’appuie contre le rayonnage pour reprendre son souffle, d’un geste nerveux il s’en va masser sa douloureuse épaule. Quel idiot il était parfois, quel idiot maladroit.


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๑ Parchemin envoyé Mer 5 Déc - 1:03 ๑


une nuit au sénat
๑ basile montrose et marianne duchannes ๑
Marianne attend. Elle attend. Encore et encore. Et cette attente ne semble pas prendre fin : par Merlin, que pouvait-il bien faire ? Dans son esprit, la sorcière s'imagine bien sûr le pire. Seul face à deux statues, peut-être même plus, elle avait du mal à savoir ce qu'il pourrait bien faire pour leur filer entre les mains. Elles n'étaient peut-être pas aussi malignes que des sorciers mais dans un face à face rapproché elle ne donnait pas cher de Basile. Une pensée qu'elle préféra pour le moment repousser loin entre ses tempes. Il irait bien s'essaya-t-elle à se convaincre. Il avait eu l'air de croire dur comme fer à son foutu plan, alors pourquoi s'inquiéter pour lui. Oui, voilà, pourquoi s'inquiétait-elle pour lui d'abord ? Après tout ce qu'il lui avait fait, elle ferait même mieux de fermer la porte et de le laisser trouver refuge ailleurs. L'attente lui mettait les nerfs à cran et visiblement, l'anxiété et l'impatience naissante ne faisaient pas bon ménage. Marianne avait beau penser ces choses horribles elle revenait inlassablement à la même conclusion. Non. Evidemment que non elle n'allait pas le laisser dehors tout seul. À deux doigts de sortir de sa cachette pour partir à sa recherche elle sursaute quand elle entend un boucan monstre. C'est quelqu'un (ou quelque chose, à ce stade elle ne sait plus) qui vient de rentrer dans les archives et qui s'est pris la porte de plein fouet. Marianne se crispe, baguette en main, prête à pétrifier la première ombre qui croiserait son regard car la discrétion avait été de mise depuis le début de la nuit et elle ne se doutait pas une seconde qu'il puisse s'agir de Basile. Pourtant c'est bien lui qui appelle son nom dans la pénombre. Marianne ? dit-il doucement, lui arrachant un soupire rassuré. C'était lui, dieu merci. Une pensée qu'elle ne s'était pas imaginée avoir d'ici quelques millions d'années, surtout pas après leur dernière soirée plus qu'électrique. C'était cependant la première qu'elle avait eu en entendant sa voix. Elle baisse le bras en remarquant la lumière de sa baguette s'approcher de l'allée dans laquelle elle s'était cachée. Tu es là. Était-ce un soupire de soulagement qu'elle pouvait entendre entre ses mots ? C'était bien la première fois qu'elle avait l'impression que le Montrose était heureux de la voir. Cela s'expliquait, bien sûr. Et elle aussi l'était, ce qu'elle ne partagea pas pour autant. Sa présence répondait silencieusement aux mots de Basile qu'elle observait à mesure que son inquiétude disparaissait. Elle n'avait plus lieu d'être maintenant qu'il était revenu... comme dans son plan. Un plan cousu-main. finit-il par se vanter en s'accoudant nonchalamment aux étagères autour d'eux. Ça la fait rire nerveusement, mais rire quand même, parce que vu son essoufflement elle doutait un peu de ses dons de couture... Et c'est la pression qui tombe aussi de toutes ces aventures pour finir par arriver ici. Sans même une chaise pour s'asseoir ou une baguette pour manger. Puis Marianne soupire, un sourire idiot mais incontrôlable aux lèvres. Quel abruti. La grimace qui vient se peindre sur son visage la rappelle un brin à l'ordre tandis qu'elle le voit masser son épaule. La sorcière plisse des yeux, intriguée. Tu t'es fait mal ? qu'elle demande sans pour autant s'approcher ou chercher à en voir plus. Il n'avait pas l'air de souffrir tant que ça... et elle n'avait pas envie d'avoir l'air d'en être trop préoccupée. Pas quand il l'avait envoyée balader pour un simple "Fais attention " une éternité plus tôt.

Marianne avait la nette impression qu'aucun de ses efforts aussi incontrôlés soient-ils n'accrochaient avec Basile. Même un simple bonne soirée pouvait se transformer en matière à pique verbale pleine d'arrogance. Les hommes et leur orgueil, qu'elle pense, en se souvenant des mots de Pimprenelle. Elle l'avait blessé pour une histoire de dossier, est-ce que cela avait-il été le cas en s'inquiétant de la suite de son plan ? Et maintenant, prendrait-il la mouche parce qu'elle avait remarqué sa remarque ? Il n'y avait pas plus susceptible que lui et marcher sur des oeufs était un euphémisme. Dans un soupire, elle dévie son regard de son visage et s'écarte pour le dépasser. Fatiguée d'un peu de tout. Cette soirée, leur histoire, le sentiment d'être complètement perdue. Marianne ne savait même plus si elle devait le détester ou non après ce qu'il avait fait pour elle cette nuit. Ça n'était peut-être que du bon sens après tout, et pas un grain de considération envers elle. Elle s'en va dans une rangée plus large où une table trône en son milieu normalement pour y ouvrir des livres et les parcourir plus facilement. Là, elle fouille dans son sac enchanté pour en sortir une pochette qu'elle déroule sur la table. C'est une dizaine de fioles qui y sont méticuleusement rangées : passionnée par cette matière dès son entrée à Beauxbâtons, elle avait toujours sur elle ce qu'elle appelait avec fierté un "set de secours". Il y avait de tout. De quoi apaiser la douleur en général, un antidote pour poisons communs, un philtre à la mandragore, de quoi traiter des brûlures, une goutte du mort-vivant (pour ses nuits blanches), du polynectar (toujours utile), un Felix Felicis (on est jamais trop prudente), une violette pour nettoyer les blessures, un philtre de paix bien sûr, du poussos et enfin, un philtre de soleil. C'étaient ses essentiels. Il n'y avait pas tout évidemment et Marianne pouvait en faire beaucoup d'autres mais là étaient celles qu'elle avait le plus utilisées depuis qu'elle avait découvert sa passion. Elle sort la première de son petit étui en cuir et la pose dans un coin de la table avant de prendre la dernière aux allures transparentes. Puis elle la secoua jusqu'à ce que le liquide chauffe contre le verre de la fiole et s'illumine d'une lueur jaune, presque chaude à l'opposé de la lumière froide qui sortait de leurs baguettes. La maintenant par son bouchon pour ne pas se brûler les doigts, elle posa la fiole sur la table : c'était le philtre de soleil qu'elle avait tout récemment appris à concocter. De quoi baigner les quelques mètres autour d'elle dans une lumière tamisée plus agréable que celle de sa baguette et ce, tout en ayant les mains libres. Pas de quoi illuminer toute la pièce, ou attirer l'attention des statues dehors. Pour des raisons évidentes, la salle des archives n'était pas éclairée par des torches, des bougies ou des cheminées. Du coin de l'oeil, elle voit Basile s'approcher et sans lui accorder de regard (occupée à s'assurer que les fioles étaient bien maintenues en place avant de les ranger dans son sac) elle lui souffle quelques mots tout bas l'air de rien. Tu peux la prendre si tu veux. Du bout du menton elle lui indiqua la fiole qu'elle avait mis de côté. Elle en avait d'autres de toute façon. Pour ton épaule. précisa-t-elle sans ton particulier. Tant pis si elle le froissait en soulignant à nouveau cette dernière. À quoi bon s'empêcher d'être soi, s'il ne l'aimait pas pour ça, elle n'avait rien à lui prouver. Rangeant ses potions dans leur pochette puis dans son sac, Marianne balaya ensuite la pièce du regard les mains plaquée sur la table devant elle. Et maintenant quoi ? Il était peut-être minuit tout au plus, le Sénat n'ouvrirait qu'au petit matin... Marianne bailla en y pensant. La nuit allait être aussi longue que courte de quoi lui laisser tout le loisir de réfléchir à tout ce qui la perturbait depuis quelques jours. Que ce soit Basile, Pimprenelle ou le sale type qui était venue la voir la veille pour lui annoncer que ses problèmes ne venaient que de commencer. Parfait. Vraiment. Tout était parfait et restée enfermée ici avec l'un des protagonistes de ses soucis n'était jamais que la cerise sur le gâteau. Protagoniste vers lequel son regard fatigué se posa une dernière fois. Et maintenant quoi ? pensa-t-elle à nouveau.

30 novembre 1927
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๑  A VAINCRE SANS PERIL ON TRIOMPHE SANS GLOIRE ๑



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๑ Parchemin envoyé Jeu 6 Déc - 0:07 ๑





La nuit au Sénat.  

#basiliane

Il était plutôt casse-cou Basile. S’il y avait un Montrose qui avait l’habitude de se faire mal, c’était lui. Dans sa famille, on avait tendance à être fragile au  niveau du cœur, alors depuis toujours il s’était mis dans la tête qu’il fallait bouger pour ne pas regretter d’être resté au fond d’un lit. Il était sans doute le plus perturbant des enfants Montrose, c’était sans doute pour cela que son père était dur avec lui. Alors, une épaule en vrac, c’était plutôt correct.  Enfin, correct, mais douloureux. Très douloureux en fait. Il n’était pas du genre douillet. Pas vraiment, il n’aimait pas se plaindre, ce n’était pas son genre. Il n’aimait pas être ‘en détresse’, ni même qu’on lui vienne en aide. C’était pour cela qu’il avait mal pris que Marianne tente de lui sauver la mise devant son père. Parce qu’il n’était pas ce genre de gars, il n’aimait pas qu’on l’aide parce que c’était se rabaisser.  Dans le fond, il savait que Marianne n’avait sans doute par voulu mal faire, mais, il était susceptible. Il était têtu, il était arrogant. Il prenait de plus en plus modèle sur son père, ça avait tendance à lui faire peur. Mais son comportement de ce soir montrait qu’il n’était peut-être pas exactement entrain de devenir son père, puisque lui n’aurait pas accordé un simple regard à la sorcière et l’aurait laissé se débrouiller sans se soucier de son cas.  Mais non, Basile était au contraire heureux de la savoir saine et sauve. Demain était un autre jour, il s disait qu’il allait peut être devoir expliquer à Marianne un jour pourquoi le conte du tableau allait sans doute la regarder différemment. Mais, ils n’en étaient pas là, il préférerait ne pas avoir à expliquer le pourquoi du comment, c’était à la fois gênant, stupide, et long.

'Tu t'es fait mal ?' Demande-t-elle alors quand il grimace. Il ne répond pas et fait bonne figure. Non, il allait bien, ça allait finir par passer. Il avait vu pire que cela, il s’était presque désarticuler l’épaule pendant le tournois des trois sorciers, ça c’était du gâteau. Qu’il disait ; l’épaule était sans doute plus fragile qu’il ne voulait le dire. Fragile, ce n’était pas un mot qu’il voulait que l’on utilise avec lui.  Donc, non, il s’efforce de ne pas montrer qu’il a mal, hochant négativement la tête. Il avait son orgueil, vraiment. Il reste appuyé contre le rayonnage quand elle le dépasse. Il s’appuie, c’est comme ça qu’il a le moins mal, quand il exerce une pression sur l’épaule. Il la regarde s’éloigner de lui, sans doute qu’il était difficile de le supporter. La nuit allait être… longue. Même très longue, les archives n’étaient pas l’endroit le plus confortable pour dormir, le sol était dur. Il bascule la tête en arrière pour reposer sa tête. Il regarde d’un air un peu distrait Marianne sortir quelque chose de son sac. Lui n’avait rien dans sa veste hormis sa baguette et quelques galions. Il plisse un peu les yeux quand un peu de lumière vient bercer la pièce. Ce n’était heureusement pas aveuglant, Basile n’aurait pas supporté une lumière imposante. C’était juste ce qu’il fallait pour qu’ils ne soient pas complètement à l’aveugle, Basile éteint alors sa baguette, la glissant alors dans la poche de son manteau. Il s’approche lui-même de la table, se disant qu’il pourrait au moins s’asseoir et s’endormir à moitié avachi sur la table sans son père pour lui dire de se tenir droit.   Alors qu’il s’en va tirer la chaise pour s’y installer, 'Tu peux la prendre si tu veux.' Prendre quoi ? Il lui lance un regard interrogateur quand il voit qu’elle lui désigne la petite potion posée sur la table. 'Pour ton épaule.' Oh, l’épaule. Oui, il n’avait pas mal, pas tant que ça. Ça irait. Il était toujours très suceptible Basile. Toujours. On ne change pas en un jour, il n’était peut être pas encore capable de ravaler cette fierté. ‘Un crétin, Basile, le roi des crétins.’ Parfois, il entendait encore Bénédicte lui répéter cela alors qu’elle l’avait quitté depuis des années déjà.

IlIl fait le fier. Comme si les paroles de sa défunte sœur ne l’atteignaient pas. Mais quand avec son bras il va pour tirer la chaise. Il lâche un juron presque muet, et grommelle nerveusement. Il était peut-être temps de baisser la garde et d’admettre qu’il avait mal ? ‘Anti-douleur ?’ demande-t-il en essayant de retirer son manteau grimaçant au passage. Il n’était pas du genre à avoir froid, il pose la veste sur le dossier et s’y installe enfin.   Il n’attend pas sa réponse, et la prend. Au pire, elle l’empoisonnait. Et il l’aurait sans doute mérité. Il en avait besoin, vraiment, parce que sur le coup, la douleur n’était pas vive, et moins il bougeait plus ça le lançait. Il l’avale, laissant un goût amer en bouche. Il ne peut s’empêcher de grimacer, et une fois la fiole vide, il dit alors, ‘J’espère que ce n’était pas du poison.’ Le ton est à l’humour, pas aux reproches. Mais, s'ils passaient le restant de la nuit ensemble il fallait mieux détendre l’atmosphère tout de suite, et ne pas… rester sur un silence glaçant.  Il fallait faire de l’humour, mais rester courtois, Marianne pouvait facilement prendre la mouche. ‘Mais merci.’ Ajoute-t-il en basculant la tête en arrière, les yeux clos, attendant que la potion agisse. ‘Faut être un crétin pour enfoncer une porte avec son épaule, j’pensais que je ferais trop de bruit avec ma baguette.’ Il laisse échapper un rire, quel crétin. Oui, il admettait être un crétin, il lance un regard à Marianne avec un sourire. Oui, il admettait être un crétin, qu’elle note ça dans un coin, ce n’était pas tous les jours que ça arrivait.  Il n’avait pas envie que le silence s’installe parce que… il n’aimait pas le silence. C’était quelque chose qui l’angoissait plus qu’il ne voulait le dire. Quand on a une sœur jumelle, qu’on grandit avec, on aime l’agitation, le bruit, les conversations qui n’en terminent pas, mais le silence c’était ni plus ni moins que l’absence. Même au sein de la maison Montrose, il n’y avait jamais de silence, que cela soit l’une de ses sœurs, ou bien son petit frère, un elfe de maison, sa mère, ou même son père, il y avait toujours quelques choses.



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๑ Parchemin envoyé Jeu 6 Déc - 23:09 ๑


une nuit au sénat
๑ basile montrose et marianne duchannes ๑
Elle ne savait pas bien quoi penser de tout ça. C'était vrai, après tout : comment devait-elle considérer Basile après ce qu'il venait de se passer ? Marianne avait bien cru qu'il l'avait laissée seule dans l'accueil du Sénat l'espace de quelques secondes, le temps pour lui de la rejoindre une fois les lumières éteintes. C'était ce qui lui avait semblé le plus logique après cette fameuse soirée où sans complètement vider leurs sacs respectifs, les joutes verbales qu'ils avaient échangés avaient laissé des traces. Marianne aurait eu du mal à y croire, si on lui avait dit que Basile Montrose resterait auprès d'elle malgré tous les obstacles qui s'étaient dressés sur leur chemin jusqu'aux archives. Lieu qu'il avait proposé de lui-même comme dernière destination sauve, insistant quand elle avait préféré suivre la peur plutôt que la raison en voulant rester dans la réserve. Tout ça, c'était bien trop contradictoire. Ça ne collait pas au Basile qui lui avait dit de dégager sans ménagement dans le bureau des assistants et ça lui rappelait trop celui de Beauxbâtons. Tout comme le soulagement dans sa voix en la retrouvant là où son plan lui avait dicté d'être. C'était beaucoup d'informations à traiter alors que la fatigue s'installait, et que la nuit déjà bien étirée faisait ressurgir les tracas qu'elle avait tenté de fuir toute la journée. Marianne avait passé la journée dans la lune, ce qui ne lui ressemblait pas, se faisant reprendre par Casimir Chastel à plusieurs reprises : dès que son esprit n'était plus occupé à travailler, il se perdait vers celui qui était devenu son maître chanteur. Une situation dans laquelle elle n"avait jamais imaginé se retrouver un jour, mais vu ce qu'il s'était passé ce soir, plus rien ne l'étonnerait maintenant. Et là, tout de suite, elle ne déroge pas à la règle et se perd dans ses pensées, celles-ci se dirigeant naturellement vers Benjamin De Chalon. Qu'allait-elle faire ? Devait-elle en parler aux autorités ? Non, ce serait beaucoup trop gênant, Marianne était une fille de bonne famille et ce serait se lancer un sort dans le pied. À sa famille ? Plutôt mourir, elle redoutait la réaction de ses parents quant aux clichés. Ses amis ? Pourquoi pas, mais lesquels. Il fallait viser juste, une trahison était vite arrivée même de ceux qui feignaient de l'aimer vraiment. En témoignait le sorcier en face d'elle, dont elle n'avait toujours pas digéré non pas la trahison (elle avait fini par ne plus y prêter attention, les rumeurs disparaissant avec le temps pour ne laisser que de vieux bruits de couloirs auxquels on ne faisait plus attention avec le recul bien que certains sorciers persistaient à y croire malheureusement), mais le manque de remord. La fierté même.

Elle le regarde pousser la chaise sans ciller pour l'aider, mais quand il grimace si elle aurait préféré rester de marbre elle ne peut s'empêcher de s'inquiéter le coeur serré. Il avait mal, ça se voyait comme la lune un soir de panséléne. Anti-douleur ? Non, du poison. s'empêche-t-elle de répondre sarcastiquement, sans doute parce qu'il lui faisait de la peine. Ça l'intrigue aussi. Qu'avait-il fait pour en arriver là ? Le plan n'avait-il pas été "cousu main" ? Silencieuse, elle l'observe avaler le contenu du philtre dans une grimace qu'elle ne sait pas si elle doit l'interpréter comme provenant du goût de la potion ou de la douleur de son épaule. Ça ne l'intéresse pas plus que ça à vrai dire, le principal c'était qu'il avait finit par la prendre et en connaissant les effets cela avait le don de la rassurer. J’espère que ce n’était pas du poison. Cette fois-ci, c'est plus fort qu'elle. Trop tard, tu m'as percée à jour... mais tu ne vivras pas assez longtemps pour me dénoncer alors bon... lui répond-t-elle sarcastique sans vouloir attaquer pour autant, elle était de nature joueuse et avait du mal à ne pas plaisanter quand on lui tendait une perche comme celle-ci. Bien sûr que ça n'était pas du poison, pourquoi ferait-elle quelque chose comme ça ? Sa pique espiègle est accompagnée d'un sourire en coin moqueur alors qu'elle tire la chaise à côté d'elle à son tour pour s'y assoir. En face de Basile. Basile qui d'ailleurs avait décidé de s'assoir ici et pas quelques allées plus loin, une proximité et un choix qui l'avaient intrigué. Pourquoi rester avec elle quand il avait toutes les archives pour oublier sa présence, qu'il avait ignoré deux ans durant mais avec un nouvel acharnement depuis une dizaine de jours... Ça la dépassait, elle qui s'était persuadé que le sorcier la détestait purement et simplement. Mais merci. Un merci de Basile Montrose ? Faites sonner les cloches de Pouyastruc, la fin est proche ! Marianne lui lance un sourire satisfait, qu'elle fait suivre d'un C'est rien. simple mais sincère. Depuis quand Basile se comportait-il si... normalement ? Elle n'y prête pas plus attention, de peur de gâcher l'instant de paix en y réfléchissant trop. Pour une fois que l'atmosphère n'était ni pesante, ni glaciale, autant en profiter. Faut être un crétin pour enfoncer une porte avec son épaule, j’pensais que je ferais trop de bruit avec ma baguette. Son rire en suivant est presque perturbant tant il n'est plus habituel mais toujours familier et Marianne n'y mêle pas le sien tout bonnement parce qu'elle traite les miettes d'information qu'il lui donne. Enfoncer une porte ? Pour quoi faire ? Faire du bruit avec sa baguette ? Pour éviter quoi ? Ça se bouscule dans son esprit, sans que cela ne l'empêche de répondre au sourire qu'il lui lance par un autre un brin amusé qu'il lui concède le fait d'être un crétin sans qu'elle n'ait besoin de le lui dire froidement comme pendant leur dispute. C'était sans doute le premier depuis des lustres, et Marianne ne se rend compte que maintenant que cela lui avait... manqué ? De le voir autrement que concentré, impassible ou en colère. L'instant lui paraît totalement improbable et la manière qu'il a de combler le silence lui donne la sensation qu'il n'a pas envie que celui-ci s'installe. Il ne lui avait pas adressé un seul mot en deux ans et voilà qu'il faisait la conversation à lui tout seul. Un retournement de situation qui l'intriguait à nouveau, mais dont elle ne se formalisa pas : il fallait parfois simplement prendre les choses comme elles étaient, ne pas les questionner et en profiter tant qu'elles étaient là. Pimprenelle avait sans doute raison finalement. Peut-être qu'ils ne se détestaient pas. Sinon pourquoi était-il comme ça, si sociable tout à coup. S'il l'avait vraiment détesté, il serait assis dans son coin plus loin ou n'aurait même pas cherché à l'aider ce soir. Marianne soupire, fatiguée mais curieuse. Tu veux bien me raconter tes aventures ? lui demande-t-elle en posant son coude sur la table, laissant la paume de sa main capturer son menton. Pour l'encourager, elle lui lance un petit sourire avenant sans trop se forcer. Ou est-ce que tu les gardes pour les agents de sécurité quand tu devras leur expliquer comment un sorcier de vingt-cinq ans a déjoué leurs plans ? ajoute-t-elle dans un rire. C'était une possibilité. Que deux sorciers restent enfermés dans le Sénat était une chose, mais qu'ils en sortent (presque, si ça n'était pour son épaule) indemnes en étaient une autre. C'était une preuve que la sécurité du Sénat avait une -ou plusieurs- failles à régler au plus vite. Et Basile et elle seraient très certainement interrogés au petit matin par ceux qui avaient échoués à protéger les archives... mais qui avaient eu la chance qu'il ne s'agisse que de deux assistants étourdis et pas de sorciers mal intentionnés. Sous la table, elle étire ses jambes dans une tentative de s'installer plus confortablement avant de sentir celles de son vis-à-vis contre les siennes. Immédiatement, elle vient les recroiser contre les pieds de sa chaise gênée par sa maladresse plus que par le contact innocent. Pardon. qu'elle s'excuse même. La fatigue n'aidait pas, et déjà elle se rêvait un fauteuil moelleux, un canapé, son lit même. Sans doute serait-elle incapable de fermer l'oeil de la nuit ici alors parler pour s'occuper était tout ce qu'il leur restait. Eux qui s'étaient mués dans un silence plein de non-dits depuis trop longtemps.


30 novembre 1927
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La nuit au Sénat.  

#basiliane

C’était plutôt… stressant, ce bruit de fond qu’on entendait au loin. Les pas des armures enchantées qui étaient à la recherche des fauteurs de troubles, c’était un bruit répétitif. Mais, ils avaient l’air bel et bien sain et sauf ici.  A vrai dire, Basile n’était pas certain de ce qu’il avait avancé quand il avait proposé ce plan, il était plutôt content de n’être pas planté en beauté. Basile n’allait pas tout le temps dans le mur, parfois, il savait prendre les bonnes décisions. Mais, son père n’aurait pas été fier de lui, quoi qu’il en soit. Il l’aurait simplement traité de ‘crétin inconscient’ rien que vis-à-vis du fait qu’il soit bloqué à l’intérieur du sénat à une heure aussi tardive. ‘Tu n’avais qu’à finir ton travail plus tôt, et travailler plus vite’ aurait-il dit, Basile n’avait pas besoin de le voir pour entendre le son de sa voix sarcastique. Ce père qui ne le quittait jamais, cette exigence qui ne cessait de le poursuivre où qu’il aille. S’il n’avait pas échoué lors du Tournoi des Trois Sorciers, il n’en serait peut-être pas là. C’est souvent ce que se disait Basile, s’il n’avait pas échoué, leur relation seraient meilleures. Peut-être. Son père avait beaucoup à porter sur ses épaules, le Sénat, les Montrose et leurs difficultés financières. Basile s’étonnait encore que leurs difficultés financières n’aient pas encore fait le tour du monde magique Français, et il savait que sa famille compterait sur lui pour épouser quelqu’un capable de renflouer leurs caisses. Il ne voulait pas y songer, égoïste comme il était. Il y avait encore un fils après lui, au cas où. Il n’était pas le dernier espoir. Il aurait dû changer de travail, ne pas travailler avec son père. Ça aurait été la meilleure des options, mais il n’en avait pas le courage, il n’avait jamais eu le choix à vrai dire. C’était un Montrose, son job était de succéder à son père un jour, alors il fallait apprendre dès le plus jeune âge ce qu’était le sénat et ses rouages.  Et cette nuit, il en avait appris les passages les plus secrets.

Il se surprend à faire de l’humour en compagnie de Marianne. Elle n’allait pas l’empoisonner, ce n’était pas le genre de la maison. Il l’avait connu il y avait quelques années de cela, les gens peuvent changer, mais pas à ce point. Elle n’était pas ce genre de fille rancunière et vénéneuse. 'Trop tard, tu m'as percée à jour... mais tu ne vivras pas assez longtemps pour me dénoncer alors bon...'Il est content qu’elle lui réponde également avec humour. Il préférait qu’elle soit comme ça qu’à lui en vouloir sans lui adresser la parole de la nuit. Ils auraient pu simplement se mettre à des bouts des archives sans se parler. Il aurait pu ne pas la faire participer à son plan. Ils auraient pu rester chacun e leur côté sans se parler. Ils auraient pu.  A vrai dire, si Basile n’avait pas fait cette erreur il y avait des années, ils auraient pu être bien des choses depuis le temps. Son comportement, même sa jumelle l’avait trouvé stupide et le lui avait bien fait comprendre. Ils auraient pu être tellement. Mais Basile avait changé depuis cette époque, il avait gagné en maturité, plus qu’il ne le laissait voir. Il se comportait encore souvent comme le gamin pourri gâté qu’il avait été, il s’était comporté ainsi quand l’autre jour Marianne avait pris sa défense. Elle avait cru bien faire, mais ça n’avait fait qu’aggraver le cas de Basile vis-à-vis de son père. Mais ce soir, il avait décidé de ne pas se comporter comme un gougeât.  C’est pourquoi il fit l’effort de la remercier pour la potion. 'C'est rien.' Ils étaient…sur la bonne pente. Ou quelque chose du genre. Ils ne s’étaient pas hurlés dessus depuis… longtemps. Une durée assez inhabituelle à vrai dire.  Basile devait reconnaitre que ce n’était pas désagréable de se parler, sans s’agresser mutuellement. Il s’affaisse sur sa chaise, un peu fatigué. La journée avait été longue, très longue, et les péripéties de ce soir ne faisait qu’ajouter de la fatigue. Des sacrés péripéties. Il aurait tout donner pour un bon lit, même un canapé, ou un fauteuil, mais ici, il n’y avait que des chaises, des tables, et des rayonnages d’archives.  Il regarde Marianne demander alors,  'Tu veux bien me raconter tes aventures ?' Elle s’appuie alors sur son bras, prête à entendre ses aventures s’il veut bien le lui raconter. 'Ou est-ce que tu les gardes pour les agents de sécurité quand tu devras leur expliquer comment un sorcier de vingt-cinq ans a déjoué leurs plans ?' Il n’avait pas forcément envie de raconter aux agents de sécurités comment il s’en était sorti, comment il s’était fait enfermé. Simplement parce que… parce qu’il ne voulait pas affronter le regard de son père. Il aurait préféré que cela ne se sache pas.  Il allait répondre, quand, Marianne étendit ses jambes malencontreusement contre les siennes. 'Pardon.' Dit-elle en se redressant, gênée. Il a presque envie de rire.

Il sourit. A chaque fois qu’ils progressent dans le bon sens, il fallait toujours qu’ils fassent une sorte de retour en arrière où le silence devient alors le troisième larron. Allaient-ils devoir passer la nuit à se regarder en chien de faïence sans un mot ? Sans doute. Basile savait que ça pouvait être très long. Alors, il dit alors,   ‘Sois pas désolé pour un frôlage de pied intempestif.’ Tente-t-il de dire avec humour.  Il avait raison ce n’était rien. Rien qu’un frôlage. Mais, oui, ce n’était rien. Ca l’intriguait que Marianne en fasse tout un plat, parfois il se demandait pourquoi elle faisait une montagne de détail comme celui-ci.  ‘Tu sais, j’ai… si on pouvait ne pas dire qu’on est resté bloqué ici, ça m’arrangerait.’ Commence-t-il, très sérieux. Il réalise qu’il peut être la blessée, ‘Pas que passer cette soirée avec toi soit une honte ou quoi.’ Précise-t-il, sincère, essayant de sourire. 'Mon père… Il me reprocherait mon incompétence encore une fois pour m’être laissé enfermer ici.’ Son père, cette personne qui le terrifiait tant. ‘J’ai juste pas besoin de trouver d’autres choses pour lui donner raison.’  Cela lui donnait peut être une explication pour son comportement de l’autre jour. Il avait déjà un comportement que son père lui reprochait il n’avait pas besoin de rajouter des raisons à cela. Son père savait que sa famille comptait sur Basile pour faire remonter les comptes en banque de la famille. Mais, il doutait de sa capacité à le faire, normal. Basile ne donnait pas l’impression d’en être capable.  ‘Mais si tu gardes le secret de mes extraordinaires aventures… je veux bien te raconter.’ Ajoute-t-il essayant de perdre ce sérieux avec lequel il venait de se confier. Il n’aimait pas être sérieux, pas tout le temps. Il s’appuie sur le rebord de la table pour essayer de soulager son épaule douloureuse. ‘Tout ce que tu dois savoir c’est que j’ai… soudoyer un tableau pour faire diversion.’ La version simple. ‘Je lui ai promis qu’on verrait son éclatant sourire dans l’hémicycle plutôt que dans la loge du gardien, et pendant ce temps, il s’est promené dans les autres tableaux pour attirer l’attention des Statues, ce qui a marché, et en prenant l’un de passage secret derrière le perchoir j’ai dû enfoncer – maladroitement – la porte pour me cacher, d’où l’épaule en… vrac.’   Ça c’était la version courte, ce n’était pas du génie, mais ça avait eu le mérite de marcher. Il grimace d’un coup, l’épaule le lance d’avantage. Il se penche un peu plus sur la table, serrant les dents et perdant son sourire, baissant la tête pour ne pas qu’elle le voit trop souffrir. Il n’avait pas envie de passer pour une chochotte. Son poing se serre alors, tandis qu’il pousse un soupir. Oh bordel, la nuit allait être longue.


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๑ Parchemin envoyé Dim 9 Déc - 23:49 ๑


une nuit au sénat
๑ basile montrose et marianne duchannes ๑
La nuit allait être longue. Et inconfortable. La salle des archives n'avait pas été pensée pour que des sorciers puissent s'y détendre ou passer plus de temps de nécessaire à feuilleter les ouvrages et parchemins qui s'y trouvaient. Il s'agissait d'un espace de travail éphémère : on y venait chercher une information précise et on repartait quand cela était fait. La pièce était fermée à double-tours toute la journée et certaines personnes comme les secrétaires n'y avaient pas accès. Parce que parmi les allées avaient été archivées des informations tenues secrètes ou que le sénat préférait être tues. Basile aurait du remettre la clé des assistants à sa place en partant, comme il en était coutume, mais pour une fois son oubli leur avait été bénéfique. Sans ces clés, seul Merlin savait où les deux sorciers auraient été obligés de se cacher cette nuit. Peut-être les cuisines : Marianne continue d'y penser malgré elle, sans doute parce qu'elle a de plus en plus faim mine de rien et que le manque commence à se faire sentir. L'adrénaline avait laissé place à la fatigue, le stress lui n'était pas tout à fait parti - la faute aux bruits de pas si lourds dans le couloir adjacent qu'on pouvait les entendre depuis les archives. La sorcière fait de son mieux pour ne pas y penser, leur dernier repas remontant au midi de la veille maintenant que le temps avance à la fois terriblement vite et bien trop lentement. Plus que six heures à tenir avant que les premiers elfes de maison ne rejoignent leurs postes et que le Sénat ne se réveille sans doute au même moment. Alors la voie serait libre, les armures figées, retournées docilement à leurs places. Marianne ne les regarderait plus jamais de la même façon en passant devant ces dernières à présent. Tout comme elle aurait probablement toujours un brin d'aversion pour les tableaux de la loge à l'accueil. Cette soirée avait changé beaucoup de choses finalement, à commencer par... eux ? Contrairement à leur dernier échange, celui-ci était bien plus calme. Plus normal. Léger, même. Et Marianne ne comprend pas tout à fait pourquoi, ni comment, mais cela lui va. Elle préfère que Basile lui lance un sourire sincère plutôt qu'une pique acerbe comme l'autre soir où ni elle ni lui ne s'en était privé. Question d'ego et de fierté : elle s'en rendait compte maintenant qu'elle pouvait voir le sorcier sous un jour plus sain. Une petite voix persiste cependant à lui conseiller de se méfier, parce que c'était sous ce même sourire que s'était caché le garçon qui lui avait piétiné le coeur et écorché la réputation pour des raisons beaucoup trop immatures.

Sois pas désolé pour un frôlage de pied intempestif. Ça a le don de la faire sourire, de la détendre aussi mais ça ne lui sort pas l'idée de la tête que ça mérite tout de même des excuses. Marianne était une fille de bonne famille, avait appris à soigner son image, connaissait les moeurs sur le bout des doigts et avoir comme meilleure amie Olympe Saint-Clair n'avait fait qu'approfondir ses connaissances en bienséance. De quoi la pousser à s'excuser pour ce qui n'était rien aux yeux des autres, mais une maladresse pour elle. Et puis le néant qu'avait été sa vie amoureuse lui donnait l'impression que le moindre contact pouvait être mal interprété ou sujet à confusion. Alors elle préférait assurer ses arrières, plutôt que pour passer pour quelqu'un qu'elle n'était pas : surtout après les rumeurs qui avaient circulé sur elle suite à la bêtise de Basile. Tu sais, j’ai… si on pouvait ne pas dire qu’on est resté bloqué ici, ça m’arrangerait. Elle reste de marbre, continue à le fixer l'air de rien mais son esprit se demande déjà pourquoi se sentait-il obligé de passer cette soirée sous silence : était-ce si embarrassant que ça ? Son ton sérieux la rend nerveuse, mais elle tente de ne pas le montrer. Pas que passer cette soirée avec toi soit une honte ou quoi. Elle se détend quand il précise, répondant à son sourire par un petit autre qui laisse entendre un tant mieux tacite. Marianne attend tout de même une raison à ce ton cérémonieux et cette envie de secret qui l'intrigue et l'inquiète un peu aussi. Mon père… Il me reprocherait mon incompétence encore une fois pour m’être laissé enfermer ici. J’ai juste pas besoin de trouver d’autres choses pour lui donner raison. Oh. C'était donc ça. Le paternel encore et toujours. Sa main libre qui s'était agitée nerveusement, ses doigts jouant avec sa bague un peu trop grande, s'arrête. Par merlin, qu'elle pouvait détester cet homme. Elle ne le dirait pas à Basile, de peur que cela soit la dernière chose qu'elle lui dise et ce, de manière définitive. Mais elle le pense si fort à ce moment là. Ce n'était pas de l'incompétence d'avoir été enfermé ici : c'était une erreur, et l'erreur était humaine. Sorcière même. Les plus grands mages avaient découvert bien des choses par erreur, et continuaient à expérimenter, échouer, jusqu'à ce que de nouveaux sorts ou objets soient développés. Fauter, c'était avancer. Aucun sorcier ne pouvait se vanter d'avoir eu un parcours parfait. Mais ça, le patriarche Montrose ne le comprenait pas pourtant lui même loin d'être blanc comme neige. Sa plus grande incompétence, c'était celle d'être un mauvais père. Est-ce que Basile s'en rendait seulement compte ? Que ça ne venait pas de lui, mais de son père ? Que l'erreur n'était pas là où le Sénateur Montrose s'efforçait de la voir ? C'était flagrant pourtant. Basile avait été loin d'être incompétent ce soir, d'ailleurs. Et même si cela la tuait de se l'entendre le penser si ça n'avait été pour lui, elle n'aurait pas donné cher de sa propre peau. N'importe qui aurait été fier de Basile pour avoir pris autant de risque ce soir. Marianne la première, qui lui en était reconnaissante sans le lui avoir dit et elle en prend conscience à ce moment là. Mais si tu gardes le secret de mes extraordinaires aventures… je veux bien te raconter. Elle sent la tension dans l'air disparaitre un petit peu quand le sujet change, et ne peut s'empêcher de rouler des yeux en l'air quand Basile qualifie ses aventures d'extraordinaires. Mais elle en sourit, en soupire un rire même, parce que l'idée d'un pacte l'amuse et que ça lui ressemble bien de s'élever au rang de l'incroyable. Tu vas me demander un serment inviolable aussi ? dit-elle sur le ton de la plaisanterie en arquant un sourcil mais sans pouvoir garder un visage sérieux à la fois. Alors elle se redresse sur sa chaise au lieu de s'accouder à la table et porte une main sur sa poitrine, là où son coeur bat encore un peu trop vite à son goût. Je te promets sur Gaspard de ne rien dire. finit-elle par lui accorder cette fois sérieuse malgré la mise en scène. Elle mentionne Gaspard parce qu'il est coutume de promettre sur la tête d'un être cher pour en souligner la sincérité, et que son petit filleul Basile l'avait connu quand ils s'étaient fréquentés et qu'il savait surement encore à quel point elle y tenait. Ou peut-être l'avait-il oublié. Marianne n'y prêta pas attention. Elle ne veut pas faire de commentaire sur son père, ou le genre d'homme qu'il était. Ni sur ce qu'elle pensait vraiment de Basile : qu'il ne méritait pas ça, qu'il n'était pas incompétent, qu'elle lui devait beaucoup ce soir. Ce serait compliquer une cohabitation en apparence sur la bonne voie mais certainement sur le fil encore un peu. Quand Basile s'avance enfin sur le bord de la table, Marianne se penche aussi et s'accoude à nouveau su celle-ci recueillant son menton une nouvelle fois dans la paume de ses mains. Attentive. Elle est curieuse de savoir ce qu'elle avait loupé. Tout ce que tu dois savoir c’est que j’ai… soudoyer un tableau pour faire diversion. Je lui ai promis qu’on verrait son éclatant sourire dans l’hémicycle plutôt que dans la loge du gardien. Elle lâche un rire. C'était malin. et pendant ce temps, il s’est promené dans les autres tableaux pour attirer l’attention des Statues, ce qui a marché, et en prenant l’un de passage secret derrière le perchoir j’ai dû enfoncer – maladroitement – la porte pour me cacher, d’où l’épaule en… vrac. Un passage secret derrière le perchoir ? Si elle est impressionnée par l'ingéniosité de Basile, et soulagée que tout ce soit bien passé, la mention de ce passage éclipse tout le reste. Marianne a envie d'y aller, de le voir par elle-même. C'était le genre de chose qu'elle avait adoré trouver (ou chercher) à Beauxbâtons pendant ses heures libres quand elle n'était pas à la bibliothèque ou dans les serres du château. Un passage secret, c'était toujours excitant, et drôle aussi un peu. C'était l'inconnu et en même temps le déjà vu. Comment tu savais pour le passage secret ? s'empresse-t-elle de lui demander, son intérêt pour ce dernier se lit aisément dans sa voix et ses yeux. Si ça n'avait été pour les statues, sans doute serait-elle partie dans l'hémicycle pour l'emprunter. Tout ce qu'elle pouvait faire depuis les archives, c'était compter sur Basile pour lui en dire plus lui qui n'avait pas été très généreux en détails.

Mais l'atmosphère change tout à coup. Les yeux rivés sur lui parce qu'il avait encore toute son attention, Marianne ne peut que remarquer les traits de son visage qui se crispent et grimacent dans ce qu'elle devine être douloureux. Si le sorcier en perd inévitablement son sourire, Marianne aussi. Tout comme elle perd tout intérêt pour le passage secret, qui tombe bien bas dans la liste des choses qui la préoccupent alors que Basile lui brille en premier. Ça n'allait pas et il n'y avait pas besoin d'être médicomage pour s'en rendre compte. La potion qu'elle lui avait donné aurait dû faire effet depuis qu'il l'avait prise. Elle était puissante, juste assez pour agir dans les premières minutes après qu'on l'ait bu. Et elle ne datait pas : Marianne avait été obligée d'en refaire après que Lucien (son frère) ne soit victime d'une violente migraine au théâtre quelques jours avant. La sorcière avait sous-estimé ce que Basile pouvait ressentir, alors qu'il en avait pourtant parlé à deux reprises l'air de rien, l'avait massé en grimaçant. Mais elle ne sait pas quoi faire : elle n'est pas médicomage. Elle est juste... Marianne. Merde. Sa nervosité monte d'un cran quand elle le voit baisser la tête, serrer le poing. Pensait-il qu'elle ne verrait rien ? Au-dessus de la table, elle tend la main vers lui avant de se rétracter. Les hommes et leur égo. Les mots de Pimprenelle reviennent lui frapper à l'esprit comme une mise en garde, soulignée par la demande (presque l'aveu) de Basile : c'était à cause de son père qu'ils s'étaient disputé l'autre soir. Marianne le voyait bien clairement maintenant. Parce qu'elle l'avait blessé dans son égo face à celui qui n'attendait que le moindre faux pas pour le rabaisser plus encore, au point que le sorcier lui demande de taire cette nuit. Elle ne sait pas quoi faire, mais simplement l'observer souffrir en silence lui parait tout bonnement impossible. Ses doigts s'agitent à nouveau autour de sa bague dans un tic nerveux et quand il laisse échapper un soupire laborieux elle se dit qu'elle ne peut définitivement pas le laisser comme ça. Il leur restait au moins six heures avant de pouvoir sortir d'ici, six heures pendant lesquelles ça ne s'arrangerait pas tout seul. Elle hésite encore un peu dans le silence avant de sauter le pas. Basile ? l'appelle-t-elle incertaine. La sorcière allait peut-être faire l'erreur de trop, mais c'était plus fort qu'elle. Elle ne se sentait pas capable de détourner le regard toute la nuit. Je sais que t'en as pas envie... mais je n'suis pas aveugle. Je vois bien que ça va pas. Elle dit ça de la même manière que si elle était en train de s'excuser. Marianne marche sur des oeufs pour le coup, ne sait pas où elle va ni même comment elle y va. Mais elle continue et se lève de sa chaise dans l'idée de faire le tour de la table plus tard. Quand il aura décidé ou non de baisser sa garde. Elle soupire, a du mal à trouver les bons mots en fait pour ne pas le froisser. Si ma potion n'a pas fait effet, c'est peut-être que ça n'est pas juste un bleu... Énoncer les faits, c'était peut-être un bon début. Maintenant debout, la voyante se sent fébrile et met ça sur le compte de la fatigue et de s'être levée peut-être un peu trop vite. De toute façon, elle est bien trop préoccupée par Basile pour penser à autre chose sur le moment. Les mains sur la table, elle le regarde. Lui lance un sourire encourageant. J'vais pas juste regarder ailleurs toute la nuit, et tu peux pas rester comme ça. Demain c'est dans six heures, c'est loin. Ça lui fait mal rien que d'y penser qu'il puisse refuser son aide et décider que c'était mieux de ne rien faire plutôt que de la laisser lui venir en aide. Et Marianne se gardait bien de la lui proposer frontalement de peur qu'il ne prenne la mouche. Je suis pas médicomage, mais je peux peut-être faire quelque chose ? dit-elle dans un sourire et d'un ton plus léger à deux doigts d'en plaisanter mais le coeur n'y était vraiment pas. Elle ne promettait rien. Bien sûr, vivre avec trois frères casse-cou et depuis une poignée d'années un filleul et un neveu tout aussi agités lui avait permis de renforcer ses connaissances en magie médicale. Rien d'incroyable, quelques bases pour éviter d'avoir à passer par l'hôpital pour quelque chose qui se réglait d'un coup de baguette bien trouvé. Ça lui avait empêché d'appeler en urgence ses parents ou Juliette quand ses frères ou Gaspard avaient fait une mauvaise chute en sa présence. Et par Mélusine, Gaspard lui donnait du fil à retordre parfois. Alors Marianne attend, les doigts qui pianotent presque sur le bois de la table. Elle attend que Basile lui permette de venir : et de toute façon, même s'il l'envoyait balader cette fois elle ne ferait pas demi-tour. Elle ne partirait pas.

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๑ Parchemin envoyé Mar 11 Déc - 23:17 ๑





La nuit au Sénat.  

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Les grandes aventures de Basile Montrose. C’était ce qu’il avait espéré en entrant en compétition pour la Coupe de Feu. Mais, il n’entre pas dans l’Histoire, il s’est lamentablement raté sur toute la ligne. Ces seules aventures se résumaient à une vie d’adulte un peu trop concentré sur le travail, sur le sénat, sur sa famille, et sur les exigences de son père.  Il n’entrait pas dans l’histoire, c’était tout juste s’il était dans sa propre histoire. Depuis la sortie de Beauxbâtons, la mort de sa moitié parfaite, il était témoin d’une vie dont il avait perdu le contrôle, et dont sa famille gérait presque tout. Il aurait pu prendre sa vie en main, il aurait peut-être dû, comme il prenait sa vie en main quand il était à Beauxbâtons, menant sa vie comment il l’entendait. La différence était que la vraie vie, ça n’était pas aussi simple, contrairement à bien d’autres sangs purs oisifs, il ne roulait pas sur l’or et ne pouvait pas se permettre de ne rien faire de sa vie. C’était sa fierté qui était souvent en jeu, c’était une chose qu’il possédait et, s’il pouvait conter ses aventures avec le Comte du tableau à Marianne, il le ferait. 'Tu vas me demander un serment inviolable aussi ?' Il prend un faux air songeur… Oui, il aurait pu, c’était peut-être important pour la sécurité du Senat Magique, et de la monarchie Magique Française, puisqu’il était question de… passage secret, d’espionnage et de diversion. Mais non, c’était juste l’histoire de Basile. Même dans ses propres pensées, il n’était pas très flatteur envers lui-même. 'Je te promets sur Gaspard de ne rien dire.' Il sourit, c’était comme lui s’il le jurait sur la tête de l’une de ses sœurs ; Gaspard était le neveu de Marianne si ses souvenirs étaient exactes. Mais, elle pourrait parler, il ne voulait juste pas que son père puisse avoir vent qu’il avait été enfermé ici. Il préférait qu’il l’imagine à passer la nuit dehors plutôt qu’enfermé ici. Il commence alors son récit, presque épique, omettant pas mal de détails. Il n’avait pas besoin de lui raconter que le conte du tableau pensait qu’il allait conter fleurette à la jeune Duchannes, et qu’ils étaient probablement entrain de s’enjailler à ce moment même. Ce qui… n’était résolument pas le cas. Non, pas du tout. Il aurait pu aussi lui raconter qu’il avait failli assister une partie de jambe en l’air artistique au beau milieu d’un déjeuner sur l’herbe. Il omit donc tous les détails gênants, sachant que le conte se chargerait de quelques remarques salaces sur leur passage. 'Comment tu savais pour le passage secret ?' Ah ça, c’était son petit secret. Il s’était volontairement perdu plus d’une fois avec Bénédicte quand ils étaient enfant. Et les enfants curieux finissent toujours par faire d’incroyable découverte. A vrai dire, c’était elle qui avait fait cette découverte, ce soir alors qu’elle n’était plus de ce monde, dans un sens, elle continuait de lui sauver la mise.

Il aurait voulu répondre, mais il n’a pas le temps. L’épaule lancinante se faisait de plus en plus douloureuse. Il n’était pas douillet Basile, il ne l’avait jamais été, il fallait ne pas être un tendre quand on possède une sœur de jumelle au moins aussi casse-cou que vous. Mais quand on est Montrose, supposé donc fragile par nature, on ne vous laisse pas faire n’importe quoi, et quand vous le faites, il convient de cacher les blessures et d’assumer la douleur en silence pour ne subir aucune remontrance.  Il ne se plaint pas ouvertement par pudeur, non pas nécessairement par fierté. Ce soir, la fierté n’était pas nécessaire, il avait déjà payé le prix de celle-ci trop importante quand il avait reçu un dossier en plein visage. Il devait mettre de l’eau dans son vin, au moins un peu.  Le regard rivé vers la table, les yeux mi-clos, il respire doucement pour tenter de retrouver un peu de calme, d’apaisement, espérant que la douleur baisse à mesure qu’il souffle. C’est à peine s’il voit Marianne tendre sa main sur la table, puis se raviser. Il pourrait presque grogner un peu, tant c’était douloureux. Il ne voit pas les tics nerveux de la sorcière, ni son incapacité à prendre une décision sur la manière dont elle devait agir. Lui, il ne lui demandait rien. 'Basile  Je sais que t'en as pas envie... mais je n'suis pas aveugle. Je vois bien que ça va pas.' Son nom le fait un peu reconnecter avec le fait qu’il était dans les archives avec elle. Il donnerait tout pour un bon lit, et un passage par l’Hôtel Dieu pour recevoir des soins. La potion de Marianne pouvait très bien être efficace sur les petits bobos, mais il semblait que son épaule ne soit pas nécessairement de ce ressort. Il remarque simplement qu’elle s’est levée de sa chaise. Il la regarde en levant un peu les yeux, les poings toujours serrés sur la table. 'Si ma potion n'a pas fait effet, c'est peut-être que ça n'est pas juste un bleu...' Il avait eu l’épaule désarticuler une fois lors d’un transplanage, ça n’était pas exactement la même douleur, c’était différent. Peut-être que c’était une simple luxation, ou une fracture. Plus la douleur devenait intense plus il songeait à cette dernière. Un sortilège pourrait réparer le tout, il en était certain, on lui avait appris le nécessaire avant sa participation au Tournois, au cas où. Mais c’était plutôt compliqué de se le jeter à soit même.  C’est là qu’il croise le sourire de Marianne, encore incapable d’y répondre,  'J'vais pas juste regarder ailleurs toute la nuit, et tu peux pas rester comme ça. Demain c'est dans six heures, c'est loin.' La perspective de rester six heures comme ça… oh bon sang. 'Je suis pas médicomage, mais je peux peut-être faire quelque chose ?' Il aimerait bien savoir quoi faire. Il fallait déjà au moins essayer d’identifier le problème. Et ça, il n’avait aucune idée, il savait juste que ça faisait un putain de mal de chien. Mais vraiment.

Quoi faire ? Il avait une petite idée sur quel sort jeté, mais il était hors de question de le faire à soi-même. Basile était un sorcier plus futé, et plus doué qu’il ne voulait bien le dire, ou que son père ne voulait bien le croire, on ne devient pas le champion de Beauxbâtons sans une once de talent.  ‘Je… je sais pas.’ Commence-t-il alors essayant de se redresser sur sa chaise plutôt que de s’affaler de plus en plus. Il relève la tête vers Marianne, et dit alors, ‘C’est juste pas un bleu, ça c’est sûr.’ La potion avait quand même fait un peu son œuvre, un peu. La douleur s’était comme apaisé un petit moment. Il y avait-il un bleu ? Il ne s’était quand même pas ouvert l’épaule, il ne sentait pas de sang couler, et puis comment aurait-il fait ? Il peinait de plus en plus à bouger son épaule. Vraiment. Depuis il avait retiré son manteau tout à l’heure, il avait dû faire un mouvement qu’il n’aurait pas dû tenter. ‘Mais…’ Commence-t-il en soufflant, ‘La potion a apaisé un… moment.’ Un petit moment.  Un vraiment court moment. Il ne veut pas se lever, préférant garder ses forces pour ne pas pousser un juron ou renverser la table dans un accès de colère. Basile n’aimait pas paraitre faible, il n’aimait pas la douleur, il n’aimait pas que l’on s’inquiète pour lui, de la même sorte que Marianne. Que l’on s’inquiète pour lui lui donnait l’impression qu’il n’était que faiblesse. Bien sur ce n’était pas le cas, mais il fallait plus d’un sourire pour changer Basile Montrose.  ‘Mais c’est selon les mouvements…’ C’était comme si, ‘Quelque chose était pas à sa place.’ Il tente de bouger l’épaule et n’arrive à décrocher qu’une sorte de grognement énervé.  La douleur le lançait plus qu’il ne voulait bien le dire. Il n’était tout de même pas sur le point de tourner de l’œil. Il sentait que tout n’était pas à sa place dans son articulation, mais il n’était pas certain de son coup. Pas le moins du monde, comme il le disait, il n’était pas médicomage, et elle non plus. Ils n’étaient que deux assistants de Sénateur, lui avait une idée certaine des premiers secours mais jamais mise en pratique.  Peut-être qu’à deux ils pourraient arriver à le calmer un peu, à… apaiser la douleur. Au moins, ils ne se hurlaient plus dessus. C’était l’effet positif de cette soirée, ils arrivaient à se parler sans hausser le ton. Il était évident que la galère pouvait en effet rapprocher ceux qui étaient en désaccord jadis. Basile voit là un progrès, en aucun cas une victoire.

Il réfléchit Basile. Il lui aurait d’abord dit non quand elle lui propose de l’aider, sans doute à cause d’une foutue fierté mal placée ; Mais elle semblait encline à vraiment le faire, peut être devait-il s’autoriser à baisser sa garde un tant soit peu, au moins pour montrer qu’il n’était pas qu’un monstre d’égo. Car il était bien question d’égo, un foutu égo un peu trop précieux pour le Montrose. ‘Je suis presque sûr que c’est…’ Il essaye de bouger un peu, et grogner presque encore une fois, ‘Une luxation.’ Il espérait que cela lui parlait parce qu’il n’avait pas l’attention de lui donner un cours d’anatomie. La tête de l’os qui était sortie de l’articulation, et à priori c’était une bonne nouvelle, puisque qu’elle n’allait pas avoir besoin de sa baguette pour l’aider, juste de ses mains. La luxation, c’était le propre des sportifs. Une douleur plus ou moins douloureuse selon la façon dont la tête de l’humérus c’était délogé. ‘Mais puisque tu y tiens, tu peux…’ Il interrompt sa phrase, le souffle se coupe à chaque fois que ça le lance. Ça le picote jusque dans la main, ce n’était pas des meilleurs signes. Avec la main qu’il lui reste encore valide, il déboutonne la chemise non sans avoir les dents serrées. Il n’avait pas prévu de tomber la chemise ce soir, mais il n’allait pas avoir le choix, la chemise cachant l’ampleur du désastre. Il n’était pas des plus pudiques Basile, mais là c’était nécessaire. De sa main valide, il découvre l’épaule de la chemise après l’avoir ouverte, dévoilant une épaule dysfonctionnelle. ‘Si je te demandais d’attraper mon bras et de le tirer d’un coup sec en arrière…est-ce que tu le ferais ? C’était peut-être beaucoup lui demander. Mais ça restait la solution la plus efficace de le faire. Un médicomage l’aurait fait d’un coup de baguette, mais il doutait sincèrement que Marianne puisse faire preuve de cette précision. Il suffisait de tirer d’un coup sec dans la direction opposée pour tout remettre en place. Ca ne ferait pas taire la douleur, mais au moins, ça serait en place, et moins douloureux.  ‘S’il te plait.’ Basile qui use de formule de politesse. Ce n’était pas tous les jours, pas du tout.  


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๑ Parchemin envoyé Jeu 13 Déc - 17:50 ๑


une nuit au sénat
๑ basile montrose et marianne duchannes ๑
Elle patiente, impatiente. Elle qui n'a jamais été douée pour attendre a encore plus de mal à le faire face à Basile qui continue de souffrir en silence. Plus ou moins, parce que dans les archives vides si ça n'était pour eux, le moindre de ses soupirs laborieux trouble le calme relatif de la pièce. Les bras ballants, du pouce elle fait tourner la bague qu'elle porte à l'annulaire droit nerveusement. Elle avait beau être trop grande, Marianne ne s'en était jamais séparé depuis Beauxbâtons quand elle l'avait trouvé dans une vieille valise appartenant à sa mère, au fond de leur maison en Normandie. C'était devenue la manière la plus simple de mesurer son inquiétude, consciemment ou non. Les lèvres pincées, elle observe le sorcier en face d'elle. Perturbée. Voir Basile dans cet état là lui faisait bien plus de peine qu'elle ne l'aurait pensé à vrai dire. Quand elle s'était persuadée le détester Marianne avait même souhaité qu'il souffre au moins autant qu'elle : rancunière, elle n'avait trouvé que ça pour contrebalancer un peu la peine qui l'avait habitée. Oeil pour oeil, dent pour dent, le silence qui s'en était suivi plus encore glacial que ces deux dernières années était le témoin de son obstination qu'on pouvait sans doute qualifier d'immature. Quoi faire d'autre quand elle devait lui faire face chaque jour que Merlin faisait ? Avoir une conversation comme deux bons sorciers adultes ? Leur dernier essai avait été suffisant pour l'en dissuader, certaine que Basile et elle ne pourraient plus se parler sans se mordre. Pourtant cette soirée remettait en question bien des choses. Leur acharnement commun pour leur travail respectif les avait poussé à se retrouver bloqués cette nuit ensemble et l'adversité avait délié des langues que Marianne avait cru scellées indéfiniment. Basile ne la détestait peut-être pas finalement : jusqu'ici, il l'avait prouvé malgré lui de différentes manières qui avaient si non fait changer d'avis la sorcière sur son cas au moins fait planner le doute. Et si le doute avait fait son apparition, d'autres sentiments contradictoires s'étaient réveillés. Reconnaissance, agacement, inquiétude, amusement, frustration, interrogation, nervosité, soulagement : c'était à la fois simple et compliqué de s'adresser à lui. Comment être proche de quelqu'un dont on avait été si distant tout ce temps ? Tout comme comment être distante de celui dont on avait été si proche ? Marianne marche dans le brouillard depuis ce soir mais est très lucide quand il lève les yeux vers elle pour (elle l'espère) accepter le semblant de main tendue qu'elle lui propose.  

Je… je sais pas. Marianne arrête de s'agiter, surprise que Basile soit si incertain : il avait été clair que le sorcier faisait en sorte de savoir ce qu'il faisait et voulait en tout temps. De quoi passer pour un homme sans doute, parce qu'avoir l'air confiant et sûr de soi c'était la clé de la masculinité. De quoi faire gonfler son égo. Là, il était loin du compte, avait même l'air de baisser sa garde ? C’est juste pas un bleu, ça c’est sûr. Mais… La potion a apaisé un… moment. Il peine même pour parler, de quoi serrer le coeur de Marianne. La voyante était naturellement empathique alors elle ne se sentait pas capable de ne rien faire et avait l'estomac qui se nouait rien qu'à regarder le sorcier faire de son mieux pour rester maître de lui-même. Ou quelque chose comme ça. À quoi bon cependant ? Il s'agissait là d'un des mystères que Marianne n'avait jamais élucidé chez les hommes : demander de l'aide lorsque l'on en avait besoin relevait plus du courage que de la faiblesse, c'était même plutôt stupide de se l'en empêcher. La vraie faiblesse résidait dans le fait de ne pas savoir reconnaître quand certaines limites avaient été franchies. Une erreur de jugement parfois dangereuse. Mais c’est selon les mouvements… comme si quelque chose était pas à sa place. Elle note ça quelque part dans son esprit, alors qu'elle cherche encore quoi faire dans la limite de ses capacités. Elle n'avait jamais eu à remettre en place quelque chose. Gaspard et ses propres frères étaient plutôt du genre à se fouler des membres ou se casser quelques os : elle avait déjà réparé quelques nez et entorses. Quand elle le voit bouger, elle lève une main vers lui pour l'en dissuader un peu trop tard. Arrête, tu vas te faire encore plus mal... qu'elle le prévient tandis qu'il grogne sans surprise. Quel imbécile pense-t-elle un peu fort. Il n'y avait que les hommes pour penser que secouer un membre douloureux arrangerait les choses... Marianne commence à s'impatienter. Combien de temps encore avant qu'il n'admette avoir besoin d'elle ? C'était si terrible que ça ? Je suis presque sûr que c’est… Une luxation. Bien sûr il faut qu'il continue de bouger malgré la douleur, ce qui fait serrer les mâchoires de Marianne. La gorge serrée. Voir quelqu'un souffrir n'était jamais agréable, encore moins lorsqu'il s'agissait de quelqu'un qu'elle avait connu de cette manière là. Alors elle soupire, nerveuse. Mais puisque tu y tiens - Elle n'attend pas plus longtemps pour enfin s'approcher, n'ayant attendu que ça. tu peux… Et sur le chemin il ne parvient même pas à terminer sa phrase, les sourcils de Marianne se creusent, froncés, parce qu'elle a du mal à masquer son inquiétude et finalement ne s'y essaie même pas. Il y a des choses plus importantes que d'avoir l'air impassible dans ce genre de situation. Basile ne l'attend pas pour défaire en partie sa chemise, ce qui aurait du la gêner (et sans doute rougit-elle malgré elle, bénissant alors la faible luminosité de son philtre de soleil) mais l'urgence du moment la fait passer au-dessus de certains... tabous. Ça n'était pas la première fois qu'elle le voyait sans, cependant, le lac de Beauxbâtons occupait une grande place dans les loisirs des élèves à la belle saison. Ils n'étaient que des adolescents à l'époque. Il était différent aujourd'hui. Plus... large ? Son regard ne s'attarde pas longtemps sur sa peau de toute façon, bien trop vite capté par l'épaule qu'il découvre de sa main valide tandis que Marianne reste encore immobile ne sachant pas quoi faire. Il avait clairement un problème, et ça n'était pas beau à voir. Même la sorcière grimace en voyant l'affaire. Si je te demandais d’attraper mon bras et de le tirer d’un coup sec en arrière… Quoi ? Elle est prise de court et hésite très clairement. Euh... Elle pouvait lui faire atrocement mal si elle n'y arrivait pas. Et si elle y arrivait... et bien elle ne se l'imaginait tout bonnement pas. Marianne n'avait jamais rien fait de tel, et S’il te plait. Ok. C'est suffisant pour la pousser à accepter, ça n'était pas souvent que Basile Montrose demandait de l'aide et elle ne se voyait pas la lui refuser. D'accord. Oui. qu'elle dit en secouant la tête de bas en haut, inspirant comme pour se donner elle-même du courage. Tu peux le faire tentait-elle de s'encourager. Non ? Mais sa raison continuait de la faire douter. Elle n'allait pas juste lui tirer le bras, elle allait lui remettre en place un os ? Ça n'avait aucun sens. Putain, et ça n'était pas tous les jours qu'elle jurait même en pensées.

On va retirer ta chemise, au moins de ce côté là. dit-elle plus pour elle que pour lui, comme si énoncer les prochaines étapes l'aidait un peu à trouver pieds là où elle n'avait aucune idée sur la suite des évènements. Ce serait plus simple de lui tirer le bras si celui-ci n'était pas entravé dans la chemise, elle n'aurait qu'une chance et pas deux pour réussir ce qu'il lui demandait et clairement, Marianne, si elle échouait, n'oserait pas recommencer. Elle le voit continuer à défaire ses boutons mais se baisse à sa hauteur, poussant doucement mais fermement sa main valide. Arrête de bouger, laisse-moi faire. se justifie-t-elle un peu sèchement, la faute à son anxiété. Elle termina de mains aussi incertaines que tremblantes de lui déboutonner la chemise dans un silence qui ne lui ressemblait pas tout à fait. C'était bien la première fois qu'elle déshabillait quelqu'un, mais ça n'était pas vraiment ça qui la rendait nerveuse (même si dire le contraire serait mentir). Elle avait terriblement peur de lui faire mal : que ce soit maintenant ou plus tard. Attention... lui souffla-t-elle plus doucement en le guidant pour enlever son bras de la manche, lui tirant quelques grimaces après lesquelles des Pardon. lui échappaient systématiquement. Une fois fait, Marianne inspira à nouveau. Bon et maintenant, quoi ? Elle sembla réfléchir un instant avant de chercher dans son sac son étole en soie jaune moutarde qu'elle portait le matin en arrivant afin de braver le froid hivernal. Nouant les deux extrémités, elle la posa sur les genoux de Basile. Pour reposer ton bras après. qu'elle lui expliqua brièvement entre des lèvres pincées par l'appréhension. Puis elle se décala pour être dans le bon axe, cherchant où et comment mettre ses mains sur lui pour tirer le bras de la bonne manière. Ça ira comme ça ? finit-elle par lui demander quand elle pense avoir la bonne prise, et quand il acquiesce elle inspire et soupire longuement. C'est parti. Bon, des dernières volontés ? tente-t-elle de plaisanter pour le détendre : et se détendre elle-même, on ne va pas se mentir. Une main posée sur lui, l'autre autour de son bras, elle compte pour le prévenir. Un. Deux... Trois. Quelque chose claque mais le bruit est vite recouvert par le cri de Basile qui lui écrase et le coeur, et la gorge. Elle ne l'avait jamais entendu ni vu comme ça, et elle s'en sent responsable même si en soit c'était pour la bonne cause. Marianne ne parvient pas à voir au-delà du fait que c'était elle qui avait eu son bras dans les mains. Merde, merde, merde. La sorcière lui relâche le bras délicatement, avant de se laisser tomber à genoux à sa hauteur : son attention lui est toute tournée mais ses mains n'osent pas le toucher se contenant de graviter autour sans savoir quoi faire. Est-ce que ça va ? C'est pire ? Basile ? enchaîne-t-elle bien malgré elle, et tant pis s'il la repousse tout ça pour trop s'inquiéter alors qu'elle venait littéralement de le faire crier. Marianne ne sait pas si ça a marché, ou si elle vient d'empirer les choses et elle espère du fond du coeur que ça ne soit pas le cas. Elle n'a pas le temps de se confondre en excuses qu'un bruit attire son attention. Et ça n'est pas Basile. C'est son cri qui a troublé le calme des statues dehors, alors que celles qui gardaient la porte semblent se mouvoir tout à coup après un long moment à être restées immobiles. Par réflexe, elle appelle d'un accio silencieux la potion lumineuse, se brûlant les doigts au passage contre le verre bouillant en attrapant cette dernière qu'elle remue à nouveau pour l'éteindre. La porte s'ouvre dans un long craquement, elle qui pensait que les statues n'auraient pas accès aux archives elle se trompait : c'était même logique qu'elles puissent faire leur ronde dans chacune des pièces du Sénat. Sans bruit, elles n'avaient aucune raison de venir dans cette salle close mais maintenant... Cette soirée ne se terminerait donc jamais. Instinctivement, la sorcière attrape sa baguette et lance le même sort de confusion que Basile avait utilisé dans l'accueil avant que la statue n'entre de ses pas mécaniques. Sa main valide et libre se pose sur le genou du sorcier, comme pour chercher à s'ancrer sur quelque chose de concret tandis que la statue les dépasse (trop) lentement au goût de la voyante qui vit à nouveau ces pourtant courtes minutes comme une torture. L'armure effectue un bref tour des archives puis sort, penaude, tandis que la porte se referme d'elle-même derrière elle. Ils avaient eu de la chance, bordel. À bout de nerfs, Marianne bascule sur ses genoux et se laisse tomber assise par terre contre l'étagère pleine de parchemins dans un long soupire soulagé. Quelle soirée de merde. L'ascenseur émotionnel est cette fois plus violent que prévu, couplé à la fatigue et le manque. Ramenant ses mains tremblantes contre son visage, elle murmure à Basile. Dis moi que ça va mieux s'il te plait... Qu'il y ait quelque chose de positif à tirer de tout ça.

30 novembre 1927
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๑  A VAINCRE SANS PERIL ON TRIOMPHE SANS GLOIRE ๑



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๑ Parchemin envoyé Jeu 13 Déc - 23:40 ๑





La nuit au Sénat.  

#basiliane

Basile avait mal, il n’était pas particulièrement douillet, non voir pas du tout. Il avait grandi avec des sœurs, et il ne faut pas être trop douillet pour ne pas être la risée car quoi qu’il se passe, elles trouvaient déjà beaucoup à redire sur leur frère. Basile aimait ses sœurs, malgré les vacheries que l’on peut se lancer dans une fratrie comme la leur. Mais, cette famille traversait tellement de drame, qu’ils pouvaient bien se prendre la tête ou se lancer autant d’horreur à la figure, ils restaient unis.  Alors, si Marianne venait à se moquer de lui parce qu’il se plaignait un peu d’avoir mal, il serait préparé. Même s’il savait qu’à priori ce n’était pas du tout le genre de la jeune femme.  Il l’avait connu il y avait maintenant des années de cela, c’était si lointain, il doutait encore de la connaitre réellement. Il se disait même qu’il semblait compliqué de connaitre vraiment quelqu’un sur le bout des doigts.  Elle avait changé, sans doute, tout comme lui. Mais bon, si elle voulait un peu se moquer de lui, elle ne lui en voudrait pas. Il espérait simplement qu’elle accepterait de l’aider, il ne pourrait clairement pas passer le reste de la nuit avec l’épaule en vrac. En place, elle serait douloureuse mais immobilisée, elle serait supportable. Car oui ‘supportable’, Basile en était à la limite. Il ne tournait pas de l’œil facilement, mais il pouvait rapidement devenir insupportable lui-même quand il était à bout de nerf. Car cette fois, la douleur lui met les nerfs en pelote.

Il faut qu’elle accepte. Qu’elle dise oui. Il a besoin d’elle à cet instant, pour qu’elle remette tout ça en place. Elle lui ferait mal, ça il le savait. Il savait qu’il n’y avait rien de plus douloureux physiquement cela. Basile n’était pas un étrange de la douleur, et il savait très bien que toutes les douleurs n’étaient pas corporelles, et que les pires étaient celles de l’âme. Ces blessures qui ne se referment jamais vraiment. On ne pouvait pas imaginer qu’au-delà du vernis clinquant de la famille Montrose, le cœur était encore meurtri des pertes successives, hantées par des fantômes qui jamais ne cesseront de les tourmentés, tous menacés par une éternelle épée de Damoclès au-dessus du cœur. La souffrance physique, il pouvait la supporter. Il n’était pas une chochotte, il ne l’avait jamais été, et s’il l’avait été une fois, on l’avait rapidement remis sur le droit chemin. 'D'accord. Oui. ' Dit-elle, acceptant d’être celle qui lui ferait du mal ce soir. Dans un sens, il pouvait se dire que c’était une justice pour le mal qu’il lui avait fait à elle. Il était bourré de regret, mais bourré d’une fierté aussi qui l’empêchait de l’admettre. Il aurait fallu retirer le pansement d’un coup sec sur le moment, maintenant c’était inutile de ressasser le passé.  Il fallait aller de l’avant, les regrets n’avancent à rien. Ces mots étaient de son père, et c’était bien la première fois dans toute sa vie qu’il était d’accord avec lui. Etrange, perturbant. Mais rien n’était aussi perturbant que la situation présente. Il grimace encore de douleur, retirer une partie de sa chemise pour voir l’étendue du massacre fut plus douloureux pour lui qu’il ne l’aurait cru. 'On va retirer ta chemise, au moins de ce côté là. ' Il lui avait demandé de la remettre en place, pas de le materner. Il se débat un peu pour le faire lui-même, mais quand elle se baisse à sa hauteur pour le faire, ajoutant un, 'Arrête de bouger, laisse-moi faire.'Les mots étaient plutôt secs, qu’il cessa alors de bouger pour se laisser faire. En général, on apprécie qu’une femme vous aide à retirer vos vêtements, c’est souvent parce que c’est la perspective d’une soirée enflammée. Pourtant, Basile est un peu nerveux, pas de se retrouver torse nu, mais qu’elle s’occupe de lui. Ils étaient aux antipodes de ce qu’ils avaient été dans les semaines précédentes. 'Attention... ' Précise-t-elle, tandis qu’elle retire la manche de la chemise. Basile, lui il se mord la joue pour ne pas laisser échapper un grognement de douleur. 'Pardon.' Mais qu’on en finisse, se disait Basile. Qu’elle remette ça en place.

Il faisait un peu froid l’épaule à l’air. Même si le sénat était chauffé, les archives ne l’étaient pas autant que le reste du bâtiment. Mais il fallait faire un choix entre sécurité et chaleur.  Il tente cependant de ne pas trop bouger, pour ne pas provoquer de mouvement brusque. Il allait vraiment falloir qu’elle se dépêche un peu. Il pense qu’elle hésite quand il la voit chercher dans son sac quelque chose. Une autre potion non miraculeuse ? Elle en sort un foulard qu’elle noud, le posant sur ses genoux, 'Pour reposer ton bras après. ' C’était bien d’y penser. Il hoche légèrement la tête pour lui signifier que c’était très bien. A vrai dire, il se fichait un peu du foulard pour le moment tout ce qu’il voulait c’était qu’elle s’exécute, et avec application s’il le fallait, qu’elle réussisse à remettre l’épaule en place. C’est quand elle se décale un peu, attrapant son bras qu’il se dit que ça va bientôt être le moment. La mâchoire est serrée, autant que possible, il se prépare à la douleur. Il sait que ça va venir, il se demande juste si elle va le prévenir ou pas. ' Ça ira comme ça ?' Il lâche un ‘Ouais.’ Il se retient d’ajouter ‘je suppose’, les dents serrées. Il souffle doucement sachant très bien que ça n’allait pas être une partie de plaisir. 'Bon, des dernières volontés ? ' Si elle tentait de détendre l’atmosphère, c’était loupé. Il n’a pas le cœur à rire, car il a déjà vécu ce moment et ce n’était la chose la plus agréable qui soit, et même le rire ou l’humour d’une jeune fille ne pourrait le rendre moins nerveux. ' Un. Deux... Trois. ' Oh bordel. Il a beau se concentrer de toutes ses forces, de se mordre l’intérieur de la joue, ça ne prend pas. Il ne peut pas retenir un cri de douleur. Bref, mais plutôt… intense. Il a envie de se recroqueviller sur lui-même. La douleur précédemment lancinante devient comme une lame, le craquement fait soudainement cesser ce supplice, et le cri.  Quand Marianne lui relâche le bras, Basile se plie en deux pour reprendre ce souffle que la douleur venait de couper. ' Est-ce que ça va ? C'est pire ? Basile ? ' Dit-elle alors, à genoux à côté, de lui encore prostré dans son souffle court.

Il tente de reprendre ses esprits Basile. La douleur, elle s’était estompée en partie. Il n’avait plus l’impression d’avoir l’épaule qui n’était plus à sa place, il n’avait plus l’impression qu’une lame lui transperçait l’épaule comme il avait pu le ressentir quand elle avait tiré brusquement le bras vers l’arrière. C’était encore douloureux, mais pleinement supportable. Il prend juste le temps de resprier de nouveau. Il allait parler, quand soudain il entend un bruit. Marianne était trop proche de lui pour qu’il s’agisse d’elle.  Il voit alors Marianne rattraper la potion lumineuse pour l’éteindre, plongeant les archives dans le noir complet. Encore un peu sonné, il n’a pas le temps de réagir, ou de bouger. La porte s’ouvre , laissant entrer l’une des statues, probablement attiré par le cri de douleur de Basile. Il regrette de ne pas avoir attrapé le foulard de la jeune femme pour y mordre dedans. Il retient son souffle, presque, essayant de rester parfaitement immobile, le temps que la créature animée passe vers eux et s’en retourne à sa ronde habituelle, fermant la lourde porte derrière elle. Il respire de nouveau, bien qu’une nouvelle fois plongés dans le noir. Il cherche de sa main valide, sa baguette qu’il a posée sur la table juste devant lui à tâtons. Il entend comme Marianne se laisser tomber sur l’étagère juste à côté, non loin de lui, demandant finalement,  '  Dis moi que ça va mieux s'il te plait. ' Il allait mieux. Il esquisse un sourire dans le noir, en cherchant la baguette du bout des doigts. Quand il l’a, il lève la pointe de celle-ci pour lancer un petit sortilège de lumos pour qu’il puisse voir où se trouvait la sorcière. A côté de lui, à genoux près de l’étagère. C’était une rude soirée pour tout le monde, Basile en avait conscience. Demain, il doutait d’être en état de travailler, surtout avec son épaule. Il imaginait déjà le regard de son père, la déception dans ses yeux.  ‘Ca va…’ Bien, ce n’était pas le terme qu’il cherchait. Il avait encore mal, mais sans doute dés qu’il aurait mis le bras en écharpe pour l’immobiliser complètement, ça irait mieux. ‘Mieux. ’, ça irait mieux, ça allait déjà mieux.

 ‘Je pensais pas qu’elles viendraient jusqu’ici, il faut vraiment rester le plus silencieux possible.’ Dit-il à voix basse. C’était un fait, il fallait vraiment qu’ils fassent le moins de bruit possible pour ne pas les attirer de nouveau par ici, la fouille des lieux n’avait heureusement pas été très poussée, et c’était une bonne chose.Mais bon, le silence entre eux était devenu quelque chose de tellement habituel que Basile ne se faisait pas trop de soucis avec ça. ‘On l’a échappé belle.’ Ajoute-t-il à mi-voix, plus comme une remarque pour lui-même que pour elle, véritablement. C’était de loin la soirée la plus folle qu’il avait vécu, mais pas dans le sens ‘folle soirée’ dont on se souvient pour les agréables moments passés. La compagnie de Marianne était étrangement apaisante, et agréable. Elle l’était agréable quand elle ne lui jetait pas un dossier au visage. ‘Merci.’ Pour l’épaule, se retient-il d’ajouter, elle aurait fait une excellente infirmière car elle avait fait preuve d’une sacrée dose de sang froid, parce qu’il le lui avait demandé alors qu’elle n’avait aucune expérience en la matière. Il ne savait pas quoi ajouter de plus. Laissant sa baguette allumé sur la table, laissant Marianne rattraper la potion lumineuse qu’elle avait dans la main, et éclairer de nouveau la salle des archives. Basile pose sa main valide sur son épaule douloureuse. Elle était un peu brulante, normale, elle était clairement enflammée. D’un geste délicat, il tente d’enfiler la manche de sa chemise, grognant bien moins que quand la tête de l’épaule n’était plus à sa place. Ça faisait un peu froid pour rester torse nu à vrai dire. Il se lève doucement se disant que debout ça serait plus évident de la renfiler. C’est sans compter sur la manche qui se barre vers l’arrière, le laissant gesticuler un peu. A force d’adresse, il arrive à enfiler la main encore un peu douloureuse dans la manche, mais peine à la remonter avec une seule main. Il sent qu’il a l’air parfaitement ridicule. En se levant, le foulard de Marianne tombe sur la sol. Maladroitement il se baisse alors pour le ramasser, et tenter de le mettre. ‘Eh merde.’ Lâche-t-il. Les Jurons et Basile, c’était une monnaie plutôt courante en l’absence de son père. Il pose ses yeux sur Marianne, debout, ne sachant pas du tout comment mettre en place le bras seul, ‘Je… ‘ Il cherche ses mots, ‘Puis-je te demander de m’aider encore ?’ Il avait enfilé le foulard, mais elle devrait le serrer un peu pour le maintenir un peu plus fermement.  Il n’aimait pas être dépendant à ce point, mais s’il arrivait à maintenir le bras, il pourrait souffrir en silence. La chemise mal boutonnée par le sorcier lui donnait un air débraillé qui lui correspondait plutôt bien. Il n’était pas adepte du costume trois pièces parfaitement accordé, c’était une image qu’il n’avait pas le choix de subir à cause de son père, à cause de cette époque, de sa famille et des convenances. ‘M’aider à serrer le tout, pour maintenir le bras comme il faut.’ Précise-t-il. ‘Merci.’ Ajoute-t-il, se sentant obliger de l’ajouter, elle en faisait déjà tant.


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une nuit au sénat
๑ basile montrose et marianne duchannes ๑
Assise à même le sol, Marianne enfouie son visage entre ses mains. Las. Fatiguée. Quelle soirée. Elle espérait que rien d'autre ne vienne troubler les heures qu'il leur restaient à passer entre ces murs, incertaine quant au fait d'être capable de supporter un nouveau coup de pression. Pas quand elle se sentait à bout de nerfs mais aussi d'énergie, la faute à l'heure tardive et le repas sauté. Ses mains continuent de trembler : c'est un peu trop tout ça pour elle. Basile, c'était déjà beaucoup. Mais le sorcier qu'elle ne parvenait pas à cerner, les statues qui menaçaient maintenant d'entrer au moindre bruit trop puissant pour leur faire elle ne savait quoi, l'épaule de Basile qu'elle espère ne pas avoir abîmé, ses propres soucis et inquiétudes qu'elle trainait avec elle depuis des jours mais qui depuis la veille avaient pris une nouvelle tournure... ça en faisait des choses à gérer pour une jeune femme de son âge au milieu de la nuit. Alors elle soupire, passes ses doigts agités dans sa frange qu'elle vient coiffer sur le côté quand une lumière s'allume et attire subitement son regard. C'était Basile, bien sûr, et quelque part Marianne se dit que c'est bon signe s'il ne se tord pas de douleur. Peut-être l'avait-elle vraiment aidé pour le coup, juste assez soulagé pour qu'il passe la nuit. Elle espère, s'imagine croiser les doigts en attendant sa réponse. Dis moi que ça va mieux s'il te plait, avait-elle dit. Et la sorcière le souhaitait vraiment parce que malgré tout, Pimprenelle avait raison. Si elle avait pris leur dernier échange autant à coeur, c'est parce que cela comptait. Comment et à quel point, elle n'en saisissait pas encore toutes les nuances mais elle savait (au fond) que Basile n'était pas personne. Il était lui, sa propre catégorie, quelque chose pour laquelle elle ne pouvait rester de marbre ni quand son père allait trop loin, ni quand il feignait d'aller bien alors que ça n'était pas le cas. Et ça l'agaçait d'être comme ça parce qu'elle se disait que l'inverse n'était pas totalement vrai. Mis à part pour ce soir. Ce soir, tout était différent. À commencer par le sorcier dont la présence était presque agréable, à des années de lumière de la tension électrique qu'il y avait d'ordinaire dans l'air lorsqu'ils se retrouvaient dans la même pièce. Comme un goût de déjà vu, dont la saveur lui restait étrangère. C'était à la fois normal, naturel, et complètement improbable. Rien n'avait de sens. Ça va... Mieux. finit-il par murmurer, arrachant à Marianne un soupire soulagé. Dieu merci, elle ne lui avait pas cassé le bras. La sorcière se met à rire nerveusement tout à coup, cette histoire n'avait ni queue ni tête et quand bien même elle lui avait promis de ne le dire à personne... on ne la croirait probablement pas. Ses genoux repliés vers sa poitrine, elle pose ses mains sur ces derniers sans parvenir à tout à fait calmer ses tremblements. Mais savoir que Basile allait mieux était un bon début. Je pensais pas qu’elles viendraient jusqu’ici, il faut vraiment rester le plus silencieux possible. Marianne en hausse les sourcils, d'un air de dire " Bien vu l'aveugle " mais ne fait pas de commentaire pour autant, les lèvres pincées dans un mince sourire. Il n'avait pas besoin de lui dire ce qui était évident, elle l'avait déjà compris bien avant qu'il ne l'énonce quand il s'était recroquevillé de douleur pendant qu'elle prenait les rênes face à la statue. On l’a échappé belle. qu'il ajoute tout bas. La sorcière hoche la tête, soupire un bref Oui... parce qu'il avait raison : ils avaient eu de la chance. Une chance beaucoup trop belle pour se doubler cette nuit, ce qui rendait la chose encore plus invraisemblable. Si bien qu'il aurait pu s'agir d'un rêve qu'elle ne s'y serait pas opposé. Merci. Son maigre sourire s'élargit quand il la remercie. Décidément. Elle ne savait pas quelle mouche l'avait piqué mais Basile se montrait particulièrement courtois ce soir. Même sympathique. C'est étrange parce qu'elle en a tout simplement perdu l'habitude depuis le temps mais ça lui fait plaisir. De pouvoir lui parler sans avoir l'impression de le gêner ou sans finir par lui envoyer un dossier au visage (chose qu'elle regrettait maintenant, elle y avait été un peu fort ce jour là).

La jeune femme finit par détourner le regard, notamment vers la potion qu'elle avait laissé tomber près d'elle - le verre trop chaud pour être maintenu dans sa main. Méticuleusement, elle vient l'attraper du bout des doigts par le bouchon pour la secouer et rallumer la lumière tamisée qui en émanait. De quoi lui permettre de voir un peu mieux les rougeurs qui étaient apparues à l'intérieur de sa main lorsqu'elle l'avait attrapée sans réfléchir pour l'éteindre avant que l'armure n'entre dans les archives. Ça piquait, c'était rien, juste un peu gênant. Ça n'était pas la première fois qu'elle se brûlait ou s'ébouillantait une main : quand on était passionné de potions, c'était le revers de la médaille pour bien des concoctions. Elle observe silencieusement sa peau rougie, les doigts encore fébriles, puis vient défaire le noeud qui maintient sa queue de cheval. Chez elle, c'était la première chose qu'elle enlevait en rentrant du travail mais force était de constater que ça ne serait pas le cas avant le petit matin. Dans un soupire satisfait, elle secoue ses cheveux qui viennent lui tomber sur les épaules tandis que son regard se perd en face d'elle. Marianne devine alors la silhouette de Basile qui gesticule et finit par le regarder faire, trop amusée par la scène qui s'offrait à ses yeux. Sans se moquer, la situation était plutôt cocasse et elle se retient de rire sans pour autant pouvoir s'empêcher d'esquisser un sourire en voyant la manche lui filer d'entre les doigts. La pression retombe doucement alors, mais les nerfs de la sorcière restent à fleur de peau. Le coeur qui ne se calme pas et l'oreille toujours tournée vers la porte et les armures qu'elle commence sincèrement à craindre. D'ailleurs elle se surprend à surveiller d'avantage les bruits de pas dehors que le divertissement que Basile lui proposait malgré lui, alors quand il grommelle un Eh merde. cela a le don de la ramener un peu dans les archives et moins dans le couloir. Elle lève les yeux vers lui et croise son regard qui lui est tout tourné. Je… hésite-t-il à nouveau, ce qui l'intrigue encore. Basile, c'était normalement le sorcier arrogant et sûr de lui, celui qui ne veut pas d'aide parce qu'il n'en a pas besoin et qui n'hésite jamais de peur de s'abîmer l'égo en ayant l'air faible. Marianne l'avait appris un peu malgré elle, notamment la dernière fois. Mais cette nuit soufflait un vent différent qui mettait à mal les préjugés qu'elle s'était construit sur le sorcier. Elle ne réagit pas, le laisser trouver ses mots sa curiosité piquée au bon endroit. Puis-je te demander de m’aider encore ? Wow. Et ça n'était pas un "si tu y tiens vraiment" ou un "je peux le faire seul mais" cette fois, mais carrément une demande claire et sans détour. Marianne est surprise, presque prise au dépourvu : c'était bien la dernière chose à laquelle elle s'attendait venant de Basile. Mais une fois n'est pas coutume elle n'a pas besoin d'hésiter pour accepter. Oui, bien sûr. qu'elle murmure dans un sourire, contente de pouvoir l'aider... et qu'il le lui demande aussi. C'était une bonne chose à ses yeux, de quoi lui donner l'impression qu'ils n'étaient pas destinés à se détester ou s'ignorer indéfiniment. M’aider à serrer le tout, pour maintenir le bras comme il faut. précise-t-il. Elle ne l'attend pas pour s'aider de l'étagère contre laquelle elle s'était assise afin de se relever. Merci. Petit sourire, comme un réflexe. La sorcière ne les compte plus ce soir ses merci, sans pour autant les ignorer : elle apprécie même cette soudaine attention. Une fois debout Marianne marque un arrêt, la main encore sur l'étagère. Elle s'était peut-être levée un peu trop vite, mais elle cille et s'approche enfin de Basile qui... ne ressemble à rien entre son écharpe jaune et sa chemise à moitié enfilée. Ça lui vole un petit rire amusé en chemin.

L'urgence passée de soulager son épaule, se retrouver aussi proche de Basile était soudainement plus curieux. Et sans mission en tête pour lui faire oublier la proximité, Marianne n'est plus aussi à l'aise que lorsqu'il avait fallu lui retirer sa manche. C'est loin d'être logique, elle-même se questionne. C'est pourtant simple à comprendre, on attendait d'une jeune sorcière de son âge et de son rang un minimum de bienséance. Elle était bourgeoise sans être noble, avait plus de liberté sans doute que les soeurs de Basile mais elle n'en restait pas moins bien éduquée. Alors ce genre de proximité avec un sorcier dont elle n'avait pas de raison d'être aussi proche ou à l'aise, ça ne lui était pas habituel : pourtant Benjamin De Chalon lui avait prouvé le contraire à son grand damne. D'après les photos qu'il lui avait montré, déshabiller ou rhabiller Basile ne devrait pas lui poser problème... Le soucis c'est que de cette soirée elle ne se souvient de rien, et qu'aujourd'hui elle est loin d'assumer les clichés avec lesquels il la faisait chanter. Sur ses lèvres il y a l'ombre d'un sourire gêné qui ne l'empêche pas de l'aider. Par le passé ils avaient été proches aussi, ça n'était pas tout à fait un terrain nouveau pour Marianne ou lui. Et il n'y avait personne pour la sermonner ou immortaliser la chose : ce moment était à eux, tout comme cette soirée et ce qu'il s'y passait. Alors dans un premier temps elle s'occupe de l'étole moutarde et vient vérifier délicatement que son bras est bien en place dans le tissu avant de faire quoi que ce soit. Si je te fais mal, tu me le dis hein. se sent-elle obligée de prévenir, parce que son cri résonne encore dans son esprit. Elle avait toujours du mal à réaliser ce qu'elle avait fait tant jamais elle n'avait pensé le faire un jour, à Basile ou à quelqu'un d'autre. Elle ne deviendrait jamais médicomage, c'était certain. Ses doigts sont encore loin d'être stables (foutue faiblesse) sans que ça ne la gêne pour autant, ce qui l'embête le plus ce sont les rougeurs dans la paume de sa main et sous ses phalanges : tous ses gestes ne sont pas forcément naturels alors, parce qu'elle essaie aussi de ne pas se faire mal à elle. Tu peux lever ton bras à la hauteur qui te fait le moins mal ? qu'elle lui demande doucement en remontant ses mains jusque derrière sa nuque, défaisant le noeud qu'elle avait fait à la va-vite un peu plus tôt. Si le comte du tableau passait par là, il croirait sans aucun doute que Basile était allé au bout de ses insinuations. Le sorcier et sa chemise à moitié enfilée, Marianne et ses cheveux lâchés, ses bras autour de son cou : les apparences pouvaient être trompeuses si on ne voyait pas le bras en écharpe et le noeud qu'elle s'appliquait à faire le plus délicatement possible pour ne pas réveiller une douleur qu'elle espérait bien endormie à présent. Voilà. Une bonne chose de faites. se complimente-t-elle en s'écartant un peu de lui. Elle avait suffisamment envahi son espace personnel comme ça. Mais la voyante ne s'arrête pas là et le voir aussi débraillé bien que cela l'amuse, quelque chose en elle ne peut pas le laisser à moitié habillé. S'il est parvenu à enfiler à moitié sa manche, Marianne l'aide à faire le reste : elle tire le tissu jusque sur son épaule, où elle le laisse tomber de peur de toucher un endroit trop sensible puis entame de reboutonner le vêtement sans demander l'autorisation. Ça lui vient trop naturellement pour qu'elle y pense. Son esprit est de toute façon trop occupé, parce qu'elle se sent coupable de ne pas l'avoir remercié autant qu'il l'avait fait ce soir. Hm. qu'elle hésite à son tour pour commencer. Je t'ai pas remercié pour tout à l'heure. Il s'était mis en danger pour eux, alors qu'elle s'était contentée d'ouvrir une pauvre porte et de l'attendre à l'intérieur. Tout ce qu'elle avait trouvé à faire ensuite, c'était remarquer son épaule et céder à la curiosité quant à ses aventures. Alors, merci ? dit-elle presque dans une question. C'est si maladroit qu'elle rit un peu d'elle-même en continuant à boutonner sa chemise le regard fixé sur ce qu'elle faisait, ce qui prend plus de temps qu'elle ne l'aurait cru. Elle bascule un peu en arrière sans trop savoir pourquoi, même si tout s'explique par un étourdissement, et bien heureusement la table derrière elle l'empêche de reculer de plus d'un pas entraînant le sorcier avec elle par la chemise. Oops, pardon. qu'elle grimace, imperturbable car concentrée elle en oublie le reste. J'ai bientôt terminé... et voilà. Marianne le relâche puis pose une main sur la table contre elle pour y prendre appui dans un long soupire, se dégageant le visage de quelques mèches de sa main libre. Je n'sais pas pour toi, mais c'est la dernière fois que je fais des heures supplémentaires. plaisante-t-elle à moitié, tout bas. Elle n'a pas à coeur de rester silencieuse. C'était facile de l'être au bureau, cachée derrière une montagne de dossiers et avec de quoi lui occuper l'esprit, de quoi l'oublier lui. Mais seuls dans cette pièce, après ce qu'elle avait considéré être comme beaucoup d'efforts de sa part, Marianne préfère continuer sur la même lancée avec l'envie de voir où cela pouvait les mener. Tant qu'ils ne finissaient pas par claquer des portes ou jeter des dossiers.

30 novembre 1927
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๑  A VAINCRE SANS PERIL ON TRIOMPHE SANS GLOIRE ๑



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